Canadiens de Montréal

La lune de miel est bien entamée

La lune de miel est bien entamée

Jean-Charles Lajoie

Publié 22 janvier
Mis à jour 22 janvier

«On n’a jamais une deuxième chance de réussir une bonne première impression !»

Plutôt paradoxal d’évoquer cette phrase tirée d’une réclame de shampoing afin de revenir sur le point de presse de Kent Hughes, mais qui suis-je au fond...

La lune de miel est bien entamée. Cet homme réservé et méconnu des amateurs du Canadien il y a quelques jours à peine détient la cote. Il a rallié à sa suite les plus frileux. Plus personne ne déchire sa chemise parce que l’équipe n’a pas embauché Patrick Roy. 

Il y a dans ça un peu du fait accompli devant lequel on se dit « faut faire avec, c’est leur choix » et un peu de « donnons la chance au coureur ».

Mais il y a aussi beaucoup de l’aplomb démontré par Hughes lors de sa présentation mercredi. On n’évoque plus que le directeur général sera la marionnette du vice-président aux opérations hockey. Même que c’est Jeff Gorton qui a paru isolé, bien seul à son bout du podium, en position médaillé de bronze...

Des architectes 

Le comité mis sur pied par Geoff Molson est solide. La firme d’architecture et d’ingénierie «Gorton, Hughes & Associates» a remporté le concours pour les bonnes raisons : sa crédibilité, son expérience, ses connaissances et sa capacité à relever le complexe défi de redessiner les plans et reconstruire le Canadien sur les bases de la meilleure organisation au monde. Un principe perdu depuis plus de 30 ans.

Reconstruire. Un mot plus gros que « tabernacle » dans le temple. Un mot que ne semble pas vouloir utiliser Kent Hughes.

Le DG préfère y enlever la première syllabe et parler de construire. Ce doit être à mi-chemin entre la reconstruction et le «reset sur le fly». N’empêche, il lui faudra du temps. C’est ce qu’il a dit en somme en évoquant vouloir faire du Canadien une équipe avec une identité propre et forte. Une équipe qui va performer année après année.

Tout nouveau, tout beau 

Est-ce que le public aura la patience nécessaire ? Ce chemin fastidieux pourrait prendre au moins trois saisons. Une lune de miel finit toujours par se tarir. Kent Hughes bénéficie du « tout nouveau, tout beau ».

Ce capital de sympathie ne risque pas de lui coller aussi longtemps que si c’eût été Patrick Roy le nouveau DG. Ça demeure un business de résultats. Si les défaites s’accumulent au-delà de cette saison-ci et de la prochaine, la grogne va se réinstaller.

En même temps, l’équipe n’est pas aussi mauvaise que son dossier l’indique. C’est une saison impossible dont peut rejaillir le CH après quelques mouvements significatifs. Le départ de Carey Price et la signature du joyau Jordan Harris sont névralgiques.

Faire sans Price alors qu’il demeure un membre de l’organisation est invivable. Faire son deuil et aller de l’avant va rendre tout le monde meilleur, qui l’eût cru ?

Hughes avait envie de se mesurer en termes de victoires/défaites, ce qui lui manquait à titre d’agent. À lui de s’assurer de faire durer le plaisir. Son idéal d’une équipe moderne axée sur la vitesse, la possession de rondelle et l’attaque plaira certainement aux partisans.

Surtout les moins de 25 ans qui ont vibré durant les dernières séries et qui ont tôt fait de larguer le club cet automne. J’y reviendrai...