Crédit : Photo Didier Debusschère

Ski et planche

Coupe du monde de Tremblant: Stratégie payante pour Kingsbury

Richard Boutin

Publié | Mis à jour

MONT-TREMBLANT - Sans ouvrir la machine à plein régime, Mikaël Kingsbury a dominé de bout en bout pour signer la 69e victoire de sa carrière, vendredi, à l’occasion du retour de la Coupe du monde de Tremblant.

Premier après la finale même s’il n’avait pas réussi sa meilleure descente, Kingsbury se disait qu’il n’avait qu’à améliorer légèrement sa performance en super-finale sans forcer la note pour monter sur la première marche du podium. 

«On apprend de nos erreurs, a expliqué Kingsbury dont le plaisir de gagner à la maison aurait été encore plus grand en présence des amateurs. Lors de la Coupe du monde à l’Alpe d’Huez, j’ai pesé trop fort sur le gaz pour démolir tout le monde, ce que je n’avais pas besoin de faire. J’ai été deux secondes plus rapide qu’Ikuma Horishima, mais je me suis retrouvé en troisième place.»

«Cette fois-ci, j’ai été intelligent et je n’ai pas répété la même erreur et je me suis contenté de réussir une bonne descente, une meilleure qu’en finale, de poursuivre le skieur de Deux-Montagnes qui occupait aussi le premier rang après les qualifications et la finale en France avant la pause des Fêtes avant de glisser au troisième rang. J’ai bien joué mes cartes et j’ai été stratégique. Je suis content de ma gestion de course de A à Z. Je sais que je suis capable de réussir une descente en 21 s 50, mais est-ce que le risque en vaut la peine? J’ai obtenu 86,24 avec un chrono de 22 s 6.»

Prêt pour le double périlleux 

Kingsbury est convaincu qu’il peut offrir une meilleure performance, samedi, alors que sera disputée la deuxième étape de la Coupe du monde de Tremblant.

«J’ai encore beaucoup d’essence dans le réservoir, a-t-il imagé. C’est possible que les gars ouvrent la machine, mais j’ai un saut plus difficile dans ma manche en haut de parcours. Je serai prêt à faire mon double périlleux, demain [samedi], et j’aurais pu le tenter aujourd’hui [vendredi], mais je voulais voir ce qu’Ikuma allait faire. Je vais continuer d’être intelligent. J’ai aussi beaucoup de jeu pour améliorer ma vitesse.»

Près de Horishima 

Dans sa lutte au maillot jaune de meneur au classement de la Coupe du monde solo, Kingsbury a réduit l’écart avec le Japonais Horishima.

«J’ai pris un gros 40 points sur Ikuma et je veux continuer de réduire l’écart ou même aller le chercher, a-t-il souligné. La deuxième place de Walter Wallberg qui a devancé Ikuma est aussi une bonne chose.»

Wallberg a été plus rapide que Kingsbury, mais le vainqueur ne s’en formalisait pas.

«La vitesse ne représente que 30 pour cent dans le pointage final et ma ligne de ski est bien meilleure, ce qui m’a permis d’aller chercher la victoire, a expliqué l’auteur d’une 98e médaille en carrière. Son chrono n’a pas influencé ma stratégie.»

Il vise le dossard numéro 1 

Premier au classement en duo et au général, Kingsbury souhaite terminer aussi au sommet en solo. Il accuse actuellement 28 points de retard sur Horishima.

«Un de mes objectifs cette année était de me présenter aux Jeux olympiques à Pékin avec le dossard numéro 1, a-t-il raconté. Je me rapproche.»

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Meilleur résultat en carrière pour Gabriel Dufresne

Gabriel Dufresne a obtenu le meilleur résultat de sa carrière en solo en terminant en 10e place, vendredi, à Tremblant.

«Mon objectif était de terminer dans le top 10 et c’est mission accomplie, a résumé Dufresne qui avait aussi terminé au 10e rang lors de la précédente Coupe du monde à L’Alpe d’Huez, mais en duo. J’aurais été capable de me hisser dans le top 8 ce qui m’aurait aidé dans ma qualification olympique, mais je ne cracherai pas sur une 10e place. Je n’en ai pas fait une tonne en carrière.»

Dufresne veut poursuivre dans la même veine, samedi.

«Mon objectif est de réussir une bonne descente en qualifications afin de ne pas partir parmi les premiers en finale, a-t-il expliqué. Si je suis capable de faire ça, le top 8 est à ma portée. Depuis le début de la saison, mon but est de me qualifier pour les Jeux et je savais que j’allais devoir réussir quelques premières pour atteindre mon objectif.»

Satisfait de sa prestation, Dufresne était aussi ravi de voir cinq Canadiens parmi les 16 finalistes.

«Ça démontre que ça ne va pas si mal de placer cinq gars en finale parmi un plateau de 53 athlètes, lance-t-il en réponse aux écrits de Dominick Gauthier qui affirmait que la discipline des bosses était à la dérive au Canada, sauf pour Mikaël Kingsbury. On veut tout donner dans les trois prochaines épreuves afin de démontrer que nous ne sommes pas si perdus en mer que ça.»

Retour réussi

À sa première compétition depuis le championnat mondial de mars 2021, Laurent Dumais s’est qualifié pour la finale terminant en 15e position sur 16.

«Je suis content de mon retour, a-t-il indiqué. J’ai toujours pensé que je me situais parmi les meilleurs, mais mon retour s’est mieux passé que je pensais. C’est un beau bonbon et un bon point de départ. Je sais ce que je dois améliorer et je garde les yeux sur la cible.»

Victime d’une hernie discale l’été dernier, Dumais avait dû rater les trois premières étapes de la Coupe du monde.

«J’ai ressenti de la douleur et c’est un peu raide, a-t-il souligné. Je vais subir des traitements et on verra comment ça va aller après l’entraînement. Je ne veux pas manquer une autre Coupe du monde.»