Photo : Mikaël Kingsbury Crédit : Photo Didier Debusschere

Ski et planche

La COVID-19 joue dans la tête de Mikaël Kingsbury

Publié | Mis à jour

Déjà qualifié pour les Jeux olympiques de Pékin, Mikaël Kingsbury devrait profiter de ces derniers moments avant le grand départ pour se détendre et peaufiner sa préparation, mais la pandémie et surtout l’explosion du variant Omicron bouleverse son quotidien.

Le champion mondial et olympique en titre a réduit ses contacts au maximum même avec sa garde rapprochée à moins d’un mois du coup d’envoi des Jeux prévu le 4 février.

«Habituellement quand tu es déjà qualifié, tu vis des moments le fun, mais cette fois-ci la préparation est stressante, a raconté le bosseur de Deux-Montagnes. J’ai confiance en mes proches, mais je ne veux pas les empêcher de vivre. Je suis prêt à réduire mes contacts au minimum et ne voir personne pour me rendre aux Jeux, mais c’est poche.»

«C’est la fois où j’ai le plus peur d’attraper la COVID-19, de poursuivre Kingsbury. Je n’ai pas peur de l’avoir parce que je suis en santé, mais j’ai peur de l’attraper et de ne pas aller aux Jeux. Je fais extrêmement attention. À Tremblant, l’équipe canadienne est dans une bulle et j’ai ma propre bulle. Je ne vois que mon entraîneur et mon préparateur physique qui ne traite personne d’autre et qui a été testé avant d’arriver ici.»

Parce qu’il souhaite récupérer le Globe de cristal qui lui a échappé l’an dernier en raison de sa blessure, Kingsbury souhaite prendre part aux deux prochaines étapes de la Coupe du monde à Deer Valley les 13 et 14 janvier.

«Une partie de moi dit que je devrais m’isoler et m’enfermer pour être capable de rentrer au village olympique, mais je vais rater deux départs très importants si je n’y vais pas, a-t-il expliqué. Tout le monde doit faire un test avant de prendre l’avion. Je vais porter un masque, des gants s’il le faut, tout désinfecter autour de moi et ne pas répéter ce que les influenceurs ont fait.»

Motivation pas touchée

Toutes ses contraintes ont-elles un effet sur sa motivation ?

«Ça n’affecte pas ma motivation parce que j’adore ce que je fais, mais je suis un peu tanné, a-t-il résumé. C’est un peu lourd d’effectuer autant de tests et de rater des moments de ma vie. Je n’ai pas la chance de voir mes petites nièces autant que je voudrais parce qu’elles vont à la garderie et ça comporte un risque de plus.»

«Si ça continue comme ça encore quatre ans, je ne pense pas que je vais le faire, de poursuivre Kingsbury. C’est désagréable. J’adore ce que je fais et je n’échangerais ma vie pour rien au monde, mais je suis tanné par bout. Par contre, je suis le gars le plus heureux au monde quand je me retrouve à la montagne. Ça me permet de garder un équilibre.»

Habitué de trôner au sommet du classement général, Kingsbury pointe actuellement en deuxième place à huit points du meneur japonais Ikuma Horishima.

«Je pense que c’est la première fois à Tremblant que je ne porte pas le maillot jaune de meneur, a-t-il souligné. Ça ne change rien parce que le travail reste le même, mais l’objectif est de reprendre le maillot jaune. Je suis en bonne position. Si je suis capable de répéter en course la même descente qu’à l’entraînement aujourd’hui [jeudi], je vais être difficile à battre.» 

Un nouveau souffle pour les sœurs Dufour-Lapointe  

Malgré un début de saison qui n’a pas été à la hauteur de leurs attentes, les sœurs Justine et Chloé Dufour-Lapointe croient que leur retour à Tremblant après un an d’absence pourrait leur insuffler un nouveau souffle.

«Nous avons tout à gagner et rien à perdre, a déclaré Justine lors d’une visioconférence. Chaque course est une opportunité de bien faire. La pression augmente un peu avec les sélections olympiques, mais il n’y a pas d’autre option que de donner mon 110 pour cent et d’être fière à la fin de la journée de notre performance. J’ai toujours aimé la pression et je mise sur l’énergie pour atteindre un autre niveau.»

À Tremblant en 2018, Justine avait signé la victoire en route vers une médaille d’argent aux Jeux de Pyeongchang quelques semaines plus tard. 

«Cette victoire m’avait donné des ailes, a-t-elle imagé. Le parcours de Tremblant est idéal pour moi et je peux laisser aller ma vitesse. Je suis contente d’être ici. Skier à Tremblant a toujours été hyper énergisant et cette énergie nous a toujours poussées à un autre niveau. L’énergie nourrit nos performances.»

Chloé préfère voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide.

«On aurait souhaité obtenir de meilleurs résultats lors des trois premières étapes de la saison, mais il s’agit d’un meilleur début que l’an dernier, a-t-elle souligné. On apprend, on évolue et on continue de monter les marches. Je suis plus prête qu’à pareille date l’an dernier.»

Choix déchirants

«Il y a plusieurs impondérables et on ne se fait pas de scénarios dans nos têtes, de poursuivre Chloé. On veut avoir du plaisir en cette période incertaine et faire de notre mieux. Il faut vivre le moment présent et suivre le processus. Je vais pousser à la limite et effectuer mon saut le plus difficile. Même si nos proches ne seront pas présents parce que la course se déroule à huis clos, c’est un avantage de compétitionner à la maison et on va tout donner.»

La COVID-19 amène son lot d’incertitudes et de compromis. Les sœurs Dufour-Lapointe ne font pas exception. 

«C’est complètement fou, a résumé Justine. C’est une situation extrême et on doit faire des choix radicaux. On n’a pas le choix si on ne veut contracter le virus ou être en contact avec quelqu’un qui est positif. C’est normal que ça crée de l’anxiété parmi les athlètes.»

«Notre plus grand défi sera de se rendre aux Jeux, de renchérir Chloé qui vise une quatrième participation aux Olympiques. Rendu là-bas, on va avoir du fun. On n’a pas vécu nos plus belles Fêtes. Une chance qu’on est ensemble. On se comprend et on peut s’aider.»