Crédit : DIDIER DEBUSSCHERE/JOURNAL DE QUEBEC

Ski et planche

Marion Thénault saute jusqu'au podium à Lac-Beauport

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Marion Thénault a frôlé la catastrophe en qualifications avant de parvenir à se hisser sur la deuxième marche du podium à la Coupe du monde de sauts disputée mercredi, au Relais.

Incapable d’atterrir son saut en qualifications, Thénault croyait que sa journée de travail était finie, mais elle a finalement terminé en 12e place, la dernière donnant accès à la finale. Elle a devancé l’Ukrainienne Anhelina Brykina par un tout petit 0,66 de point pour atteindre la ronde suivante.

«Ce fut une journée forte en émotions, a raconté la recrue par excellence sur le circuit de la Coupe du monde la saison dernière. J’ai été vraiment chanceuse de me qualifier pour la finale. Dans ma tête, j’étais passée à autre chose, mais mon entraîneur m’a dit de rester là, en ajoutant “on ne sait jamais”. Je lui ai demandé s’il était sérieux. J’étais tellement déçue.»

Quand sa 12e place a été confirmée, Thénault s’est retrouvée dans un tout autre état d’esprit.

«Je suis retournée à la maison et j’ai fait un "reset" au complet, a-t-elle expliqué. C’est stressant une compétition à la maison et je ne suis vraiment pas habituée à ça. Je voulais tellement remporter un podium à la maison que je n’ai pas été en mesure de bien gérer la pression. Je n’ai pas été agressive en qualification. J’ai hésité et manqué de confiance.»

Deuxième chance

Thénault a pleinement profité de cette chance inespérée. En sixième place en finale, la dernière encore une fois lui permettant de poursuivre son parcours, elle a obtenu son laissez-passer pour la super finale, où elle a réussi sa meilleure prestation de la journée. Elle occupait le premier rang avec un score de 93,41 points jusqu’au moment où la dernière sauteuse s’est élancée. La Chinoise Xu Mengtao l’a devancée en vertu d’un pointage de 103,92 points.

«J’étais tellement contente d’obtenir cette deuxième chance que j’ai arrêté de penser et je me suis concentrée sur mes sauts en ne pensant à rien d’autre, a-t-elle expliqué. Cette médaille d’argent me procure une grosse dose de confiance en cette année olympique. Les Chinoises sont tellement bonnes et solides tout comme les Australiennes. Pouvoir rivaliser avec ces athlètes que j’admire est incroyable.»

Pour Thénault, il s’agissait d’une troisième médaille en carrière en Coupe du monde. Elle avait remporté un écu d’or et un de bronze l’an dernier. Cette médaille avait une saveur spéciale pour la sauteuse de Sherbrooke.

Une médaille spéciale

«C’est la première fois que mes parents me voyaient sauter en Coupe du monde, a-t-elle précisé. Ils donnaient un coup de main comme bénévole et ils ont pu vivre l’excitation d’une Coupe du monde sur place pour la première fois. C’est tellement différent de la télévision.»

Thénault n’était pas la seule Canadienne en super finale.

Flavie Aumond s’est illustrée avec une sixième position, son meilleur résultat en carrière en Coupe du monde.

«Je croyais en mes chances de me qualifier pour la super finale, mais je savais que tout devait bien se passer pour que ça se réalise, a-t-elle raconté. J’ai obtenu mon meilleur résultat et aussi mon meilleur pointage à vie. En super finale, mes attentes n’étaient pas très élevées parce que mon saut avait un coefficient de difficulté moins élevé que mes adversaires. Même si je l’avais réussi parfaitement, je n’avais pas de chances de médaille.»

Contrairement à Hénault qui est déjà qualifiée pour les Jeux et qui fera l’impasse sur la prochaine Coupe du monde à Deer Valley pour éviter les risques de contracter la COVID-19, Aumond fera le voyage au Utah dans l’espoir de signer un autre bon résultat qui pourrait lui ouvrir les portes de Pékin.

Les deux autres Canadiennes au départ ont atteint la finale. Naomy Guertin-Boudreau et Justine Ally ont terminé en 11e et 12e position respectivement.