Crédit : Photo Agence QMI, Joêl Lemay

UFC

Jourdain brille à Las Vegas

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Le Québécois (12-4-1) a dominé l’Américain Andre Ewell (17-9) d’un bout à l’autre. Il l'a emporté par décision unanime des juges (30-26, 30-27 et 29-27). Une performance inspirée qui arrive au bon moment. 

«Je me donne une note de 9/10, a souligné Charles Jourdain lorsque joint par le Journal de Montréal à Las Vegas. Le point qui manque, c’est que je n’ai pas réussi à mettre fin au combat. 

«Je suis très satisfait de ma performance parce que j’ai réussi à être créatif avec mes coups jusqu’à la fin. Je me sens au top du top !»

Le protégé de Fabio Holanda a imposé sa loi avec ses jambes dès le premier round. Il a réussi à ralentir son adversaire qui a semblé inconfortable avec les frappes de Jourdain du début à la fin du combat. 

Ce travail lui a permis d’ouvrir la machine dans les deux derniers rounds. La preuve ? Il a terminé le duel avec 137 coups significatifs, un record pour lui à l’UFC.  

Au deuxième round, il a réussi à placer une puissante main gauche qui a ébranlé Ewell. Par la suite, Jourdain a mélangé son adversaire avec une belle variété de coups aux jambes, au corps et à la tête. Par contre, il a manqué de temps pour finir le travail. 

«Je savais que je le dominais, mais il m’a surpris avec un coup de pied frontal qui m’a fait réfléchir, a expliqué Jourdain. Ça m’a forcé à être prudent même si je savais que je lui faisais mal.» 

Un beau geste

Au dernier assaut, Jourdain a encore montré son coeur de lion. Il a fini le combat en criant à deux reprises après son adversaire durant des échanges musclés. 

«J’ai crié pour le show. Ça m’a vraiment fait du bien de me battre devant une foule même si elle était petite (50 personnes environ), a ajouté Jourdain. Je trouve que ça rajoute une saveur particulière à un duel.»

Généreux de nature, il a remis ses gants à un adolescent à sa sortie de l’octogone. Un beau geste de la part du combattant de 26 ans. 

Armé pour les négos

Dans les dernières semaines, Jourdain et son équipe avaient pris une décision audacieuse. Le combattant avait choisi d’écouler le dernier combat prévu à son entente. Un pari qui peut être risqué dans le monde des arts martiaux mixtes. 

«Durant le combat, je n’ai pas pensé à l’argent ou à mon prochain contrat, a expliqué Jourdain. Toute ma concentration était sur mon adversaire. Je voulais seulement le tabasser.»

Jourdain a misé sur lui et il a gagné. Avec sa brillante performance, il vient de fournir des munitions intéressantes à son gérant Stéphane Patry. 

Celui-ci va se mettre sur le téléphone dès lundi matin. Il sera à la recherche d’une augmentation des bourses de Jourdain pour ses prochains combats. L’UFC aime beaucoup le style et la fougue du Québécois, donc les discussions devraient être agréables.

Swanson dans sa mire

Jourdain a souvent mentionné le nom de Cub Swanson comme adversaire potentiel depuis qu’il a joint les rangs de l’UFC. Les deux hommes, qui ont participé à la carte d’hier, se sont croisés durant leur séjour à Las Vegas. 

«Il m’a regardé de la tête aux pieds avec un air de supériorité. Il m’a dévisagé, a raconté Jourdain. Je l’ai pris comme un manque de respect. 

«Mon entraîneur Cyril Robert s’est mis entre nous. Par contre, il sait que je m’en viens. Je veux me battre contre lui dans ma prochaine entente.»