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Photo : Charles Jourdain saisi récemment en pleine action à l’entraînement au club BTT Canada. Crédit : Photo Agence QMI, Joël Lemay

UFC

Le tout pour le tout pour Jourdain

Publié | Mis à jour

Charles Jourdain jouera gros, samedi soir, alors qu’il affrontera Andre Ewell à l’occasion d’un gala de l’UFC présenté à Las Vegas. 

Le combattant québécois (11-4-1) a décidé d’écouler le dernier combat prévu dans son entente avec l’UFC au lieu d’amorcer des négociations pour une prolongation de contrat. Un pari risqué, mais calculé pour Jourdain. 

« Présentement, j’ai une fiche de 1-1-1 dans ce contrat, explique Charles Jourdain lors d’une généreuse entrevue avec Le Journal de Montréal. Je tiens absolument à terminer l’entente avec une fiche positive et à me placer dans une bonne position pour négocier.

« Je me mets all in. J’adore mon sport. Je vais faire de mon mieux. Si j’ai ma place au sein de l’UFC, je vais avoir le résultat que je veux. »

Jourdain a plusieurs scénarios sur la table. Si ça ne tournait pas à son avantage avec l’UFC, il souhaiterait explorer le monde des arts martiaux avec des combats de muay thaï ou de boxe. Par contre, avant d’aller dans cette direction, il veut aller au bout de son expérience avec l’organisation de Dana White. 

« Je ne suis pas pris entre les deux. Je vais accepter le chemin que la vie va me donner, ajoute-t-il. Je vais faire de mon mieux et même plus. Je le sais à l’intérieur de moi que je vais battre Andre Newell. Il ne faut pas seulement le dire. Il faut le faire. »

La réalité frappe

Jourdain ne le cache pas. Sa défaite par soumission contre Julian Erosa en septembre a été très difficile à encaisser. 

« Après le combat, je n’étais plus capable de voir ma situation dans son ensemble, raconte la fierté de Belœil. Tu te réveilles et tu n’es plus capable de te voir à la même place qu’avant.

« Ça m’a fait réaliser que l’important, c’est ce qui se passe aujourd’hui et rien d’autre. J’ai décidé de faire de mon mieux chaque jour. Si tu perds en faisant de ton mieux, tu ne peux pas avoir de regrets. J’y vais une journée à la fois. »

Il faut être lucide pour réfléchir de cette façon. Après avoir dominé pendant quelques années au Québec, Jourdain se rend compte que l’océan de l’UFC est rempli de requins qui cherchent la même chose que lui. 

« Avec Erosa, c’est une petite erreur de calcul. À l’UFC, mes trois défaites sont survenues contre des gars qui avaient plus de 30 combats en carrière. Leur expérience et leur capacité d’adaptation ont fait la différence. »

Un opposant parfait

En Ewell, Jourdain affronte un adversaire qui a perdu ses deux derniers affrontements. Le Québécois est d’ailleurs favori pour l’emporter. 

« Je veux pouvoir renégocier sur une belle victoire, mentionne Jourdain. Ewell possède un style qui se mélange bien avec le mien. 

« Il est un bon boxeur, mais sa position pourrait me donner un avantage avec mes coups aux jambes. Il n’a pas un avantage de grandeur, mais il est rapide avec ses mains. Je veux le forcer à attaquer afin de lui mettre plus de pression. »

L’athlète de 26 ans aimerait connaître un bon début de combat afin de prendre le contrôle. 

« Je peux partir rapidement. Je veux lui montrer que c’est mon octogone. Je vais tirer sur la gâchette rapidement. »

Samedi, au Centre Apex, Jourdain mettra ses jetons au centre de l’octogone. Il doit gagner et il doit le faire avec une bonne performance. Il a les cartes en main et ce sera à lui de bien les jouer.  

S’entraîner avec un champion  

C’est Jarek Kulesza qui s’occupe de la préparation physique de Charles Jourdain depuis quelques mois. Les résultats sont au rendez-vous. 

Sur une base régulière, il s’entraîne avec le champion unifié des mi-lourds Artur Beterbiev au centre Claude-Robillard. Les boxeurs Arslanbek Makhmudov, Arthur Biyarslanov ainsi que les combattants Louis Jourdain et Jordan Balmir font également partie du groupe. 

« Ils sont incroyables et ils sont très respectueux, explique Jourdain. Artur est fort comme un bœuf. Arslanbek est plus fort parce qu’il est énorme. Leur vitesse d’exécution est vraiment impressionnante. 

« C’est vraiment le fun de s’entraîner en leur compagnie. Ça te donne une idée de ce qu’est un athlète de haut niveau. »

De l’aide au sol

Depuis le début de son séjour à l’UFC, Jourdain a démontré certaines lacunes lorsque ses combats se transposaient au sol. Il a tenté de trouver des solutions en travaillant avec David Zimmerman. 

« David et son père, Victor, étaient les entraîneurs de lutte de Georges St-Pierre à l’époque, indique le combattant. Je m’entraînais avec l’ancien olympien Guivi Sissaouri. Ça allait bien et David m’enseignait la base. 

« Puis, David, qui est un grand ami à mon entraîneur Fabio [Holanda], m’a pris sous son aile. Il est un gros facteur qui vient de changer ma capacité à me battre au sol. 

« Avec lui, on forme une équipe assez incroyable. »

Lors du combat de samedi, Zimmerman, Holanda et Cyril Robert seront dans son coin. 


Des nouvelles de Marc-André Barriault (13-4) : il reviendra dans l’octogone le 5 février prochain pour affronter l’Américain Chidi Njokuani (20-7). Le Québécois a remporté ses deux derniers combats et il en sera au troisième combat de son contrat de quatre avec l’UFC.