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Canadiens de Montréal

Faut trouver le moyen de s’amuser

Faut trouver le moyen de s’amuser

Jean-Charles Lajoie

Publié 14 décembre 2021
Mis à jour 14 décembre 2021

Le Canadien se retrouve dans une position atroce. L’équipe ne gagne pas et rien ne laisse présager que ça pourra changer. Le CH ressemble à un club éliminé au début du mois de mars après une vente de feu de ses dirigeants. L’ennui, c’est que nous sommes à dix jours du réveillon de Noël...

Je soutiens que l’avenir est beaucoup plus rose que ce que nos lunettes collectives nous permettent actuellement de voir. 

Jeff Gorton a de quoi redresser la barque pour son propre mérite sans entraîner les partisans dans un dédale de cinq ans. Mais d’ici là, il va nous falloir trouver matière à réconfort.

Le sport est un moteur névralgique des Occidentaux. Logé au cœur de la vie des gens, le sport rassemble autant qu’il divise. C’est le dernier bastion du drame en direct. Le seul scénario qui n’est pas connu avant sa diffusion. 

Les grands moments et les grands athlètes arrachent unilatéralement des émotions. Sans égard aux genres, aux coutumes et autres rituels et allégeances...
Le sport est universel.

Le Canadien aussi. 

Des vétérans effacés

Pas cet automne. Les vétérans coulent le navire. Ils n’ont pas le cœur à la réussite du projet. Ils ont perdu leur sens de la collectivité. Ils n’ont plus envie d’être là les uns pour les autres. Ils ont largué. 

Ça crève les yeux dans leur manque d’implication sur la glace. Dans leur façon de se soustraire aux feux ardents. De ne pas accepter de souffrir pour conserver possession de la rondelle. 

En clair, aucun vétéran ne veut se casser les couilles pour aider son prochain.

Le Canadien ne forme plus une équipe. Gorton prend des notes. C’est parfait. C’est d’autant plus parfait que le nouveau shérif arrive avec une pensée neuve, sans aucun historique avec le contingent actuel. 

Il n’en a rien à cirer lui que Brendan Gallagher soit si spécial... Carey Price ne risque pas de lui faire monter une émotion jusqu’aux larmes. 

Regarder Gorton aller

D’un côté, ça me fait un peu suer. J’ai beaucoup aimé les débordements émotifs de Marc Bergevin. Un bon vivant parmi les vivants. Un haut dirigeant qui avait encore une fesse dans le vestiaire. 

Mon propos est tout sauf un désaveu à l’endroit de Bergevin. C’est en fait un plaidoyer en faveur de Gorton. Face à une page blanche, le patron bien nommé peut agir à sa guise. 

Aucun des éléments de l’organisation n’a reçu quelque promesse que ce soit provenant de Gorton.

Le plaisir pour nous, il sera là d’ici la fin de la saison. Voir comment Gorton, constatant la même chose que vous et moi sur la glace, nous livrera quelques lignes de son grand plan à travers des gestes concrets. 

La prochaine date limite des transactions sera faste. Si le classement ne bouge pas, il y aura plusieurs poissons dans l’étang.

À Gorton de nous impressionner tandis que l’on va se consoler des médailles de Dubreuil, Kingsbury, Hamelin, Marie-Philip, Mélodie et leurs coéquipières quelque part dans la Chine totalitaire...