LNH

Tour d'horizon du dossier des Nordiques

Kevin Dubé

Publié | Mis à jour

À la surprise à peu près générale, le dossier des Nordiques est de retour dans l’actualité.

Dans nos pages, hier, l’ancien propriétaire des Hurricanes de la Caroline, Peter Karmanos, a lancé des fleurs à la Vieille Capitale, mentionnant même être prêt à faire partie des actionnaires de l’équipe si une opportunité se présentait. «Il y a plein de gens qui sont intéressés pour une équipe à Québec», a commenté le ministre des Finances, Eric Girard, hier. En matinée, le groupe Québecor, acteur de premier plan dans le retour des Nordiques, s’est dit toujours prêt à investir dans une équipe. 

«Québecor fait partie de la solution, a précisé le ministre tout en réitérant que son gouvernement est favorable au projet.

«Quand je vais rencontrer la LNH [en janvier], je veux expliquer comment Québec a changé. L’économie est forte, les dépenses publiques sont solides et notre cote de crédit est meilleure que l’Ontario», a ajouté M.Girard fort enthousiaste.

D’autres marchés 

Toujours est-il que Québec n’est pas le seul marché intéressé, et le prix d’une expansion a drastiquement explosé depuis que la Vieille Capitale a fait partie du processus en 2016. Voici un portrait de la situation actuelle dans le circuit Bettman.

La seule option: l'expansion? 

La LNH a récemment ajouté deux formations par le biais de l’expansion : les Golden Knights de Vegas en 2017-2018 et le Kraken de Seattle qui dispute actuellement sa première saison dans la LNH. Si Québec désire obtenir une expansion, elle devra espérer que la LNH soit ouverte à lancer un nouveau processus qui, en toute logique, permettrait à deux nouvelles concessions de faire leur entrée dans la LNH. C’est d’ailleurs la seule option possible pour Québec, selon Peter Karmanos. «Nous n’avons pour l’instant pas de plan de nouvelles expansions», a toutefois confirmé le commissaire adjoint de la LNH, Bill Daly, au Journal.

Le prix ? 

Dans le scénario hypothétique où la LNH déciderait d’entamer un troisième processus d’expansion, il faudra voir quel sera le prix exigé par Gary Bettman et le Bureau des gouverneurs. Rappelons que Las Vegas a payé 500 M$ US pour obtenir son équipe tandis que, quatre ans plus tard, le prix était monté à 650 M$ US pour le Kraken de Seattle. En dollars canadiens, on parle de plus de 825 M$.

Viable pour Québec ? 

Grosso modo, si Québec veut ravoir les Nordiques, il faudra que le ou les propriétaires soient prêts à investir une somme avoisinant le milliard de dollars.

«Pour débourser un milliard de dollars et espérer avoir un retour sur l’investissement, il faut générer énormément de revenus, fait valoir le professeur au Département des sciences économiques de l’Université du Québec à Montréal Philip Merrigan. Le nerf de la guerre au niveau des revenus dans tous les sports, ce sont les loges de luxe. C’est un peu ce qui va différencier les concessions moyennes et celles qui font énormément de revenus. Les loges de luxes sont associées à des gros bureaux et des sièges sociaux. Il y en a très peu à Québec. Est-ce qu’on serait capable de louer une centaine de loges à 150 000 $ ou 200 000 $ par année?», se questionne-t-il.