Crédit : Photo d'archives, Martin Chevalier

Boxe

Marie-Ève Dicaire en mode reconquête

Publié | Mis à jour

La boxeuse Marie-Ève Dicaire rêve toujours d’unifier tous les titres chez les super-mi-moyennes, elle qui aura d’abord l’occasion de récupérer sa ceinture de l’International Boxing Federation (IBF) le 17 décembre prochain.

Pour ce faire, elle devra battre la Mexicaine Cynthia Lozano (9-0-0, 7 K.-O.) au Centre Bell.

«Mon objectif de devenir championne unifiée n’a pas changé», a clamé Dicaire, mardi, lors d’une visioconférence organisée en marge du combat.

«Avant d’en arriver là, c’est Cynthia Lozano qui est sur mon chemin. Je dois me débarrasser d’elle et démontrer où en est ma boxe. Je veux faire la preuve que je suis capable d’être la meilleure dans un ring de boxe afin de mériter la suite des choses.»

Rappelons que la native de Saint-Eustache possédait la ceinture IBF avant son dernier affrontement, soit le 5 mars. Au cours de celui-ci, elle avait baissé pavillon contre la détentrice des trois autres titres mondiaux, l’Américaine Claressa Shields.

Une expérience bénéfique

Il a été beaucoup été question de la première défaite de Dicaire (17-1-0, 0 K.-O.) en carrière durant cet exercice médiatique. Fidèle à ses habitudes, la Québécoise a abordé le sujet avec positivisme.

«J’ai prouvé au monde entier et à moi-même que j’avais ma place avec les meilleures, a-t-elle dit à propos de ce revers. Ce fut bénéfique et un gain de confiance pour moi.»

Cela lui a aussi permis de renouer avec une certaine forme de motivation à l’entraînement.

«On a aussi retrouvé la Marie-Ève d’avant les championnats du monde, a dit celle qui avait défendu son titre à trois reprises avant de subir la défaite. Il vient un moment donné où c’est facile de tomber dans la complaisance, parce qu’on accumule les victoires.»

«Contre Shields, j’ai vu que j’avais encore des croûtes à manger. Malheureusement pour Lozano, c'est elle qui va en payer le prix.»

Ne rien tenir pour acquis

Décrite comme une bagarreuse, Lozano arrivera toutefois à Montréal avec beaucoup moins d’expérience que Dicaire. La pugiliste mexicaine a peut-être une fiche immaculée et plusieurs K.-O. à son actif, mais elle ne s’est jamais battue contre une boxeuse présentant un dossier gagnant.

«Je sais que je suis plus expérimentée que Lozano et que j’ai plus d’aptitudes physiques, a dit Dicaire. Dans certaines associations, elle est toutefois mieux classée que moi. C’est très motivant, parce que je me dis qu’il y a un problème et qu’il doit être corrigé. Il n’y aura pas de meilleure façon de régler cela qu’en l’emportant et en montrant à tout le monde qu’elle n’avait pas d’affaire en avant de moi au classement.»

La boxeuse de 35 ans sait cependant qu’elle ne doit rien prendre pour acquis. Elle a d’ailleurs utilisé son propre parcours pour illustrer la chose, en revenant sur son affrontement contre Lisa Noel Garland.

«En entrevue, elle disait avoir plus de K.-O. que moi j’avais de combats. Ç’a été la même chose contre Chris Namus et Mikaela Lauren. Je me suis retrouvée souvent dans la position de la fille la moins expérimentée. Je me souviens de la rage de vaincre que j’avais. Je présume que Lozano aura la même attitude et qu’elle aura le couteau entre les dents.»

Dicaire et Lozano s’affronteront dans le cadre de la demi-finale de l’événement «Triple Couronne de boxe à Montréal». À cette occasion, Artur Beterbiev et Kim Clavel seront également en action dans des combats de championnat du monde.

Marie-Ève Dicaire récipiendaire du prix Maurice-Richard

En début de semaine, Marie-Ève Dicaire est devenue la première personnalité de la boxe québécoise à recevoir le prestigieux prix Maurice-Richard.

Remise par la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal (SSJB), cette distinction célèbre l’excellence sportive. Elle a précédemment été octroyée à de grands sportifs comme Mario Lemieux, Pierre Harvey, Serge Savard et Bruny Surin. Dicaire est également la troisième femme à recevoir l’honneur, après Myriam Bédard et Sylvie Fréchette.

«En vous décernant le prix Maurice-Richard, la SSJB veut honorer votre talent d’athlète, votre goût du dépassement, votre engagement social et la relation toute particulière que vous entretenez avec la population du Québec», a déclaré la présidente de l’organisation, Marie-Anne Alepin, dans un communiqué.

«C’est extrêmement flatteur, mais je trouve qu’il s’agit surtout d’une reconnaissance pour la façon dont j’ai fait les choses, a mentionné Dicaire. Depuis le début de ma carrière, on répète que je suis une boxeuse qui sort du lot.»

«Je n’ai pas suivi le chemin typique des boxeurs, a-t-elle expliqué. Je suis arrivée sur le tard à 24 ans. Je suis une droitière qui boxe gauchère. Je suis une fille de communication. [...] Ça démontre qu’il est possible de réussir à marquer son sport, tout en étant capable de s’impliquer dans la société. C’est une reconnaissance pour ma façon particulière de faire les choses.»

En décembre 2018, Dicaire est devenu la première femme de l’histoire du Québec à devenir championne du monde. Dans moins d’un mois, elle tentera de devenir la première boxeuse à récupérer son titre, lorsqu’elle disputera la ceinture des super-mi-moyennes de l’IBF à la Mexicaine Cynthia Lozano.