GEN - PREDATORS Vds CANADIENS LNH

Photo : Samuel Montembeault n’a pas encore convaincu personne, mais sa victoire de samedi face aux Predators est un pas dans la bonne direction. Crédit : Photo Martin Alarie

Canadiens de Montréal

Un bulletin désastreux

Publié | Mis à jour

Les avis étaient grandement partagés au moment de prédire l’allure de l’actuelle saison du Canadien. D’un côté, ceux dont l’optimisme généré par une première présence en 28 ans à la finale de la coupe Stanley permettait de croire à une qualification en bonne et due forme aux séries éliminatoires. De l’autre, ceux qui prévoyaient un retour à la norme des dernières saisons pré-COVID : la fin des émissions à la mi-avril.

Toutefois, peu sont ceux qui ont poussé l’audace à prédire au Tricolore le désastreux premier quart de saison qu’il a connu. Celui qui, en raison d’un pitoyable dossier de 5-13-2, confère à Dominique Ducharme et ses hommes une maigre récolte de 12 points.  

Dans toute l’histoire de la concession, seulement deux formations ont fait pire après la première tranche de 20 rencontres. En 1938-1939 et en 1941-1942, les Montréalais avaient affiché des dossiers identiques de 5-14-1, soit un point de moins au classement.

Évidemment, le Canadien n’a pas été épargné par les blessures depuis le début de la campagne. À commencer par celles de Carey Price (en plus de son retrait d’au moins un mois), de Shea Weber et de Joel Edmundson. Absences auxquelles se sont ajoutées, à différemment moments et pour différentes durées, celles de Jonathan Drouin, Mike Hoffman, Mathieu Perreault et Jake Allen.

Même si on parle de gros morceaux, l’achalandage de l’infirmerie ne peut expliquer à elle seule les déboires de l’équipe. Dans tous les aspects du jeu, le Canadien en a arraché la plupart du temps. 

Après un quart de saison, les notes de passage sont plutôt rares.

Le bulletin du Canadien quart de saison  

Attaque : D

Camp Canadiens 2021-2022
Crédit photo : Photo d'archives, Martin Chevalier

Le Canadien peine à marquer des buts. Au rythme où vont les choses, aucun de ses joueurs n’atteindra le plateau des 20 buts cette saison. Avec Josh Anderson, Tyler Toffoli et Mike Hoffman, il mise pourtant sur quelques ailiers offensifs capables de mettre la rondelle dans le filet. Cependant, pour y parvenir, il faut pouvoir compter sur un fabricant de jeux efficaces au centre. Exception faite de Nick Suzuki, qui a connu une séquence de 13 points en neuf matchs après un lent début de saison, ce fut plutôt tranquille à ce niveau. Christian Dvorak semble encore en période de rodage, alors que Jake Evans se distingue davantage par l’aspect défensif de son jeu. 

Défense : D

Quand votre défenseur le plus stable est Brett Kulak, il y a péril en la demeure. Jeff Petry a connu une excellente dernière campagne. C’est lorsqu’il obtient plus de responsabilités que ce qu’il peut accepter que l’on voit ses limites. C’est le cas cette saison en raison des absences de Weber et d’Edmundson. Confronté plus souvent aux meilleures unités adverses, son travail défensif en souffre. Tout comme celui de Ben Chiarot. La contribution offensive de Petry n’est pas à la hauteur, ce qui peut être attribuable aux plus grands nombres de missions défensives qui lui incombent et qui doivent lui brûler pas mal plus d’énergie. Il n’a récolté que deux points. Derrière l’Américain, Alexander Romanov s’est bien ressaisi depuis qu’il a regardé un match depuis la passerelle de presse. David Savard fait ce qu’il peut, mais le départ fut laborieux. Chris Wideman et Sami Niku ont des aptitudes offensives, mais leur contribution se limite à ça.

Devant le filet : C

Flames vs Canadiens
Crédit photo : Photo Martin Chevalier

Jake Allen est possiblement le gardien numéro deux le plus efficace du circuit. Mais devoir tenir le fort soir après soir dans les patins de l’homme de confiance est un rôle qu’il peine à remplir. Il a connu de bonnes soirées, comme celle à San Jose où il a repoussé les 45 tirs des Sharks. En revanche, il a accordé cinq buts à quatre occasions, ce qui prouve son inconstance. Quant à Samuel Montembeault, il semble avoir la confiance fragile. Espérons que la victoire de samedi contre les Predators de Nashville saura lui en apporter une bonne dose.

Unités spéciales : E

Le Canadien affiche le 28e rang du circuit en supériorité numérique (14,8 %) et le 29e en infériorité numérique (69,2 %). On parle ici d’un gage d’insuccès. Les unités spéciales sont souvent ce qui donne le momentum d’une rencontre ou ce qui fait la différence dans un affrontement serré. Quoique des matchs serrés, il n’y en a pas eu des tonnes jusqu’ici. Petry devrait être le quart-arrière en attaque massive, ce qui est loin d’être le cas. Au moins, Hoffman est fidèle à sa réputation. Cinq des sept points qu’il a récoltés, en 13 parties, l’ont été avec l’avantage d’un homme.

Entraîneurs : C

Malheureusement pour lui, il est celui vers qui tous les réflecteurs sont tournés. Et disons qu’il est loin d’avoir les mains pleines. À entendre les joueurs répéter que le gros du problème réside dans l’exécution, c’est à se demander si le plan de match n’est pas trop compliqué. Difficile à croire. De plus, ça n’explique pas les performances inégales de période en période et de match en match. D’ailleurs, le plan est grandement similaire à celui de l’an dernier et la majorité des joueurs occupait ce vestiaire. À l’inverse, il faut absolument trouver un moyen de faire fonctionner les unités spéciales. Les effectifs sont là. À ce niveau, Dominique Ducharme, Luke Richardson et Alex Burrows doivent se partager le blâme.

Directeur général : C

Marc Bergevin
Crédit photo : Photo d'archives

Marc Bergevin a fait un bon coup en accordant une prolongation de contrat de huit ans à Suzuki, s’assurant des services de celui-ci jusqu’à ses 30 ans. Pour le reste, c’est plutôt tranquille. Il faut dire que le premier quart de la saison n’est guère propice aux transactions et que dans la situation actuelle du Tricolore, les autres directeurs généraux doivent espérer et attendre qu’il cède à la panique. Ce qui n’est pas son genre. On risque de voir plus d’action de son côté à l’approche de la date limite des transactions... s’il est toujours en poste.

Propriétaire : E

SPO-BILAN-SAISON-CH
Crédit photo : Photo d'archives

Pendant que la saison de l’équipe s’en va chez le diable et que Ducharme se démène chaque jour devant les médias, Geoff Molson demeure à l’abri des regards. Pour certains, c’est la preuve la plus tangible qu’il faut que le propriétaire nomme un président hockey qui n’hésitera pas à présider. Qu’en est-il de l’avenir de l’équipe, de Marc Bergevin, des entraîneurs en place ? Le feu est pris à l’église, mais le curé reste caché dans le presbytère.