Canadiens de Montréal

«Je n’ai pas d’indication du côté de Geoff» - Marc Bergevin

Publié | Mis à jour

Marc Bergevin a assez d’expérience à sa dixième saison dans le siège de directeur général pour reconnaître une situation catastrophique. Il sait que le Canadien se dirige plus vers le mur et qu’il aura des décisions importantes à prendre au cours des prochaines semaines.

Dans son règne à Montréal, Bergevin a déjà opéré une réinitialisation (reset on the fly). C’était une reconstruction en mode accéléré. En 2017-2018, le CH avait connu une horrible saison en terminant au 28e rang avec seulement 71 points (29-40-13). Pour rebâtir l’équipe, le Tricolore avait repêché le centre Jesperi Kotkaniemi avec le troisième choix au total et quelques mois plus tard, le capitaine Max Pacioretty partait pour Vegas.  

 Voyez Bergevin en entrevue avec Renaud Lavoie dans la vidéo ci-dessus.  

Mais à sa dernière année de contrat, Bergevin peut-il encore se lancer dans une phase de reconstruction? A-t-il la légitimité aux yeux de son propriétaire, Geoff Molson, pour y aller de transactions importantes?

«Je n’ai pas d’indication du côté de Geoff que je n’ai pas carte blanche au moment où on se parle aujourd’hui. C’est vrai qu’on se posera des questions sur la direction à prendre. Mais les choses qu’on parle, des transactions, surviennent plus vers la date limite des transactions. C’est plus facile d’échanger un joueur vers la fin de la saison en raison du plafond salarial.»

En date du 20 novembre, Bergevin n’a pas l’intention d’hisser le drapeau blanc même si son équipe se retrouve dans les bas fond du classement un peu partout.

«Dans l’ADN de nos joueurs et par respect pour nos partisans, tu veux toujours gagner ton prochain match. Tu dois te présenter pour gagner. Je ne suis pas intéressé à regarder une équipe qui veut juste obtenir un meilleur choix au repêchage.»

«On analysera cette situation plus tard dans l’année si les choses ne se replacent pas. Je sais que ce sera difficile. Je m’attends à voir mon équipe travailler fort quand la rondelle tombe sur la glace. Je veux qu’on se batte pour la victoire.»

Un choix protégé  

Le CH pourrait revivre un scénario semblable à celui de 2018 avec un très haut choix au repêchage. Bergevin a heureusement protégé son choix de 1er tour dans l’échange pour Christian Dvorak, des Coyotes de l’Arizona. Les Coyotes obtiendront le meilleur choix de 1er tour entre celui du Canadien et des Hurricanes, mais s’il s’agit d’un choix dans les dix premières sélections, les «Yotes» auront le moins bon des deux choix.

«Les Panthers ont une très bonne équipe de hockey et ils ont aussi protégé leur choix de premier tour quand ils ont échangé avec les Sabres pour Sam Reinhart cet été, a précisé Bergevin. Ils l’ont protégé en cas d’un choix dans le top dix. C’est juste intelligent de se protéger. Il y a tellement de parité dans la LNH que tu peux plonger vers le bas rapidement. Je ne suis pas un génie d’avoir pensé à protéger le choix.»

KK ou Tkachuk  

En 2018, le Canadien avait l’espoir de réclamer un futur premier centre. Un peu plus de trois ans plus tard, Kotkaniemi porte les couleurs des Hurricanes et il se promène entre une place à l’aile gauche et au centre.

À Ottawa, Brady Tkachuk est déjà le capitaine des Sénateurs à 22 ans seulement. On a demandé à Bergevin si la sélection de Kotkaniemi avait fait reculer l’équipe dans sa progression.

«Si tu pouvais refaire le repêchage trois ou quatre ans plus tard, il y a toujours des choix que tu changerais. Sans nommer des équipes, on pourrait trouver des joueurs un peu partout. À l’époque, on parlait beaucoup de Filip Zadina au 3e rang. Trois ans plus tard, c’est Tkachuk. C’est ça le repêchage. Mais quand tu repêches aussi haut, c’est vrai que tu ne dois pas te tromper. KK, il y a une équipe qui lui a donné 6,1 millions comme valeur!»

«Le développement est un aspect complexe. Olli Juolevi, un cinquième choix au total en 2016, n’est plus à Vancouver. Les Canucks ont bien développé Elias Pettersson et Quinn Hughes, des choix de 1er tour en 2017 et 2018, mais pas Juolevi. Ils ont probablement pris la même recette. La responsabilité revient aussi au joueur. Ils ont besoin d’améliorer des trucs. Il y a des joueurs qui ne veulent pas entendre parler de leurs défauts, ils résistent et ils parlent avec leur agent pour se plaindre.»

Kotkaniemi était un joueur qui n’aimait pas trop se faire dire ses quatre vérités. Pour illustrer la complexité du développement, Bergevin a donné un autre exemple.

«Je me souviens d’un match à la Coupe Memorial en 2015. C’était Oshawa contre Kelowna. Il y avait Michael McCarron pour Oshawa et Leon Draisaitl pour Kelowna. Ce soir-là, McCarron avait vraiment mieux joué que Draisaitl. Michael était un an plus vieux, il jouait au centre et il était dominant physiquement. Mais aujourd’hui, Leon est un meilleur joueur de hockey sans critiquer Michael. Ils ne sont pas sur la même planète.»