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Marc Bergevin brise le silence: «Dès le début du camp, je ne voyais pas l'énergie»

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Le directeur général des Canadiens de Montréal, Marc Bergevin, a brisé le silence alors que son équipe traverse une crise. 

Bergevin s’est confié sur la saison pénible que connaît le CH lors d’un entretien avec Pierre Lebrun de The Athletic, mais aussi sur plusieurs autres dossiers tels que le scandale qui a éclaboussé les Blackhawks de Chicago et la santé mentale de Carey Price. 

Ayant travaillé pour les «Hawks» lorsque Brad Aldrich a agressé sexuellement le joueur Kyle Beach en 2010, Bergevin a été appelé à collaborer lors de l’enquête indépendante du cabinet Jenner & Block.

Il a répété qu’il n’était au courant de rien, mais a exprimé du chagrin par rapport à ce que Beach a vécu. 

«Je me sens horriblement mal pour le jeune, a-t-il confié. C’est horrible.»

«C’est triste, c’est quelque chose qui n’aurait jamais dû arriver. On a gagné la Coupe Stanley et maintenant, tu regardes en arrière et tu te dis, mon Dieu, c’est comme un nuage noir qui reste au-dessus de cette conquête-là.»

Une équipe sans énergie     

Le CH montre présentement une fiche horrible de 4-13-2 qui contraste énormément avec son épopée magique des dernières séries éliminatoires. 

«Dès le début du camp, je ne voyais pas l’énergie», a avoué Bergevin, qui cite la courte entre-saison de l’équipe et les blessures comme des facteurs qui expliquent en partie la débandade. 

Tout indique que la carrière de Shea Weber est terminée, et Joel Edmundson, un autre défenseur important pour le CH, n’a toujours pas joué cette saison. 

«Tu regardes maintenant la saison, on n’a pas Carey et deux de nos quatre meilleurs défenseurs sont partis. Ça crée un grand vide dans notre équipe. Regarde les joueurs qu’on a perdus», a fait valoir Bergevin.

Ce dernier dit avoir eu beaucoup de misère à voir le Tricolore être dominé par les Penguins de Pittsburgh, jeudi soir.

«On n’est pas là, a déploré le directeur général. C’est l’histoire de notre équipe cette année. On n’était pas engagés au premier jour du camp, et cela s’est prolongé jusqu’au début de la saison. Et là, on en paie le prix. C’est difficile à regarder quand l’équipe a été si bonne pendant deux mois et demi de séries et qu’elle tombe à plat dès le début de la saison. C’est difficile à comprendre.»

L’homme de hockey voit un club fragile, habité par la peur sur la patinoire.

«Parfois, je vois une équipe qui se rend en troisième période avec un pointage égal et on joue pour ne pas perdre au lieu de jouer pour gagner, a mentionné Bergevin. C’est un état d’esprit qui règne dans notre équipe et qui doit disparaître. (...) On n’a tout simplement pas confiance en nos moyens en ce moment. L’exécution n’est pas là.»

«Il y a des soirs où on ne peut même pas faire une passe de dix pieds.»     

Malgré tous les ennuis du CH, le poste de l'entraîneur-chef Dominique Ducharme n'est pas en danger. Du moins, pas en ce moment, a fait savoir Bergevin. 

«Pas à ce stade-ci, mais encore une fois, si tu regardes ce qui s’est passé il y a quelques mois, Dom a emmené pratiquement la même équipe en finale de la Coupe Stanley, et il n’est pas devenu un mauvais entraîneur en trois mois. Il ne s’agit pas d’une seule personne. Ce n’est pas seulement un problème.» 

Coup de massue     

Lorsque Bergevin est descendu dans le vestiaire pour apprendre à ses joueurs que Carey Price quittait pour le programme d’aide de la LNH, l’annonce a eu l’effet d’un coup de massue. 

«C’est comme si je les avais assommés, a-t-il raconté. Ils ont été pris au dépourvu. Je pense qu’il y a pu y avoir un sentiment de culpabilité parmi eux de ne pas avoir été en mesure de l’aider. Je ne pense pas qu’ils se soient remis de ça.»

Price, qui a avoué qu’il était aux prises avec des problèmes de consommation, est désormais de retour dans le giron de l’équipe. Il a entamé un processus progressif de retour au jeu. 

«Il est dans un bon état d’esprit, et j’ai toujours dit à notre équipe et à nos joueurs que leur famille et leur santé passait avant tout, a fait savoir Bergevin. On ne précipitera jamais le retour de Carey. Il nous dira quand il sera prêt. Quoi qu’il arrive, je ne pourrais pas dormir tranquille en sachant que j’ai forcé Carey à jouer alors qu’il n’est pas prêt.»

Par ailleurs, Bergevin, qui écoule la dernière année de son contrat avec l’organisation, est demeuré évasif par rapport à son avenir. 

Il assure encore une fois que cette situation délicate ne l’empêche pas de travailler adéquatement. 

«C’est business as usual, Geoff et moi avons une bonne relation, a confié Bergevin. On communique presque tous les jours, j’ai toujours été franc et transparent avec lui, et ça ne changera pas. Cela fait partie de la business. Je n’ai pas de problème avec ça. Les choses sont comme elles sont. Mais cela n’affecte pas ma gestion quotidienne du Canadien de Montréal.»