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LNH

Un rôle redéfini pour Mathieu Olivier

Jean-François Chaumont

Publié | Mis à jour

Mathieu Olivier n’a pas atteint la LNH pour ses talents de marqueur ou sa vision du jeu exceptionnelle. Jamais repêché, l’ailier de 24 ans a tracé son chemin vers les Predators de Nashville grâce à sa détermination, son courage et son énergie.

Dans la réalité d’aujourd’hui, Oliver représente un phénomène rare. Il n’hésite pas à jeter les gants dans la marmite chauffe un peu trop.

À sa première saison complète l’an dernier dans la LNH, il a terminé au cinquième rang du circuit avec 70 minutes de punition. Il l’a fait en 30 matchs seulement, comparativement aux quatre premiers qui avaient joué plus de rencontres. Tom Wilson, le robuste ailier droit des Capitals de Washington, avait terminé au sommet avec 96 minutes au cachot en 47 matchs.

En 30 rencontres l’an dernier, Olivier s’est battu à quatre reprises, ce qui le plaçait encore parmi les meneurs.

Depuis le début de la saison, il a invité un rival à valser une seule fois. C’était à son troisième match contre Liam O’Brien, des Coyotes de l’Arizona.

«Le rôle a évolué, les gars qui font ça ne sont plus uniquement là pour cette raison, a dit Olivier. Tu dois être capable de jouer au hockey. Je n’enlève rien aux générations précédentes, mais le hockey change.»

«Je pense que c’est important que ce soit un outil et un atout de plus, mais pas ce qui te définit comme joueur. Je prends beaucoup de fierté à dire que je ne suis pas un goon, mais que je suis capable de le faire aussi. C’est plus rare, mais ce n’est pas perdu. Je crois encore en cette importance.»

Milwaukee et la COVID-19

Les Predators ont déjà patiné sur la glace du Centre Bell, à deux jours de leur match contre le Canadien. En raison de l’éclosion de la COVID-19 chez les Sénateurs d’Ottawa, les Predators ont mis le cap sur Montréal plus rapidement puisque leur rencontre contre les Sens a été repoussée à une date ultérieure.

La COVID-19 n’a pas juste freiné les Sénateurs cette saison. Elle a aussi ralenti l’entrée en scène d’Olivier à Nashville. Il n’a porté l’uniforme des Predators que pour quatre des 16 matchs de l’équipe cette année, obtenant une passe.

«Je me suis blessé au camp, a-t-il rappelé. Le but de mon séjour à Milwaukee était de retrouver la forme. J’avais manqué du temps et c’était une blessure au bas du corps. J’avais besoin de quelques matchs pour retrouver mon synchronisme.»

«J’ai joué deux matchs à Milwaukee et j’ai ensuite testé positif à la COVID-19. Je me suis donc retrouvé dix jours en isolement. Un séjour de deux ou trois jours s’est finalement transformé en trois semaines. Après mon isolement, j’ai participé à un trois matchs en trois jours dans la Ligue américaine. J’ai ensuite obtenu le rappel des Preds. C’était un début de saison assez spécial. Mais j’essaye de retrouver le temps perdu.»

L’œil d’un recruteur

À Nashville, Jean-Philippe Glaude joue un rôle important dans l’ombre. Responsable du recrutement dans la LHJMQ et d’autres territoires, Glaude a convaincu ses patrons, dont David Poile, de faire confiance à plusieurs talents du Québec. Olivier fait partie de ce groupe. Le numéro 25 des Preds lui a rendu un bel hommage.

«On dit dans le hockey que tu as parfois besoin de juste une personne qui croit en toi. Moi, c’était clairement JP. C’est lui qui m’a repêché dans le junior, c’est lui qui m’a permis d’obtenir une invitation à un camp des Predators. Ensuite, j’ai fait mon chemin. Je lui en dois beaucoup. JP est un gars humble et il dira qu’il n’a pas rapport dans ça. Mais pour la plupart des Québécois à Nashville, il a eu une grande influence sur notre carrière.»

UNE PREMIÈRE AU CENTRE BELL

Mathieu Olivier foulera la glace du Centre Bell pour une première fois, samedi, lors de la visite des Predators.

«C’est un sentiment spécial, a dit Olivier avant un entraînement des Predators, jeudi. Comme tous les Québécois, je trouve ça gros de jouer à Montréal. Il y a un cachet de plus. J’ai hâte de jouer devant ma famille et mes amis. J’ai vraiment hâte.»

«J’étais à Milwaukee au mois de mars 2020 quand les Preds ont joué le dernier match au Centre Bell avant la pandémie, a-t-il poursuivi. Je n’ai pas encore connu le Centre Bell. L’an dernier pour ma première saison au complet à Nashville, on jouait juste à l’intérieur de notre division.»

John Hynes sait qu’il s’agira d’une soirée spéciale pour son jeune attaquant.

«Quand tu atteints la LNH, il y a toujours des premières, a rappelé Hynes. Un premier match à la maison, ça fait partie de cette catégorie. Il a grandi au Québec et il n’a pas eu le chemin le plus facile vers la LNH. Il pourra jouer devant son monde.»

De retour à Nashville depuis le 9 novembre, Olivier n’a pas caché qu’il a trouvé les dernières semaines pénibles. Positif à la COVID-19 lors de son passage avec les Admirals de Milwaukee, il s’est retrouvé confiné dans une chambre d’hôtel loin de sa femme et ses deux enfants.

√ Blessé au haut du corps et absent pour les trois derniers matchs, le défenseur Alexandre Carrier pourrait faire son retour face contre le CH. Il a participé à l’entraînement complet des Predators.