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Et si le CH... s'inspirait des Rangers?

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Les décideurs des Rangers de New York ne désiraient plus s’en remettre au colmatage de brèches (le système Band-Aid) avec des vétérans en fin de carrière, ou encore des joueurs ayant perdu la confiance de leurs employeurs et à la recherche d’un nouvel environnement.

Pendant longtemps, ils ont fait des promesses d’ivrogne à leurs chauds partisans et aussi, à ceux qui reçoivent chaque année une facture salée pour un abonnement de saison.  

Il fallait prendre des mesures draconiennes. Les Rangers ont donc adressé une lettre à leur clientèle pour les informer que les dirigeants de l’organisation avaient choisi de dresser un nouveau modèle d’affaires.

« Ça ne peut pas continuer ainsi. Nous devons emprunter une autre direction. Par conséquent, nous tenons à vous informer que notre modèle d’affaires reposera entièrement sur la reconstruction de l’équipe en développant nos jeunes joueurs, en créant des postes, en libérant certains patineurs... »

C’était en substance le résumé de la lettre envoyée aux clients.

Depuis, les Rangers ont échangé Ryan McDonagh, Marc Staal, Brady Skjei, J.T. Miller, et la liste est longue. Ils ont également demandé à Henrik Lundqvist s’il désirait accompagner l’équipe dans cette nouvelle aventure ou s’il préférait se joindre à un club aspirant à la coupe Stanley. Il a préféré garder son statut de gardien numéro un, statut qu’il a cédé à deux jeunes gardiens deux ans plus tard.

Transaction majeure  

L’équipe que le Canadien affronte ce soir confirme que les décideurs des Rangers ont mené leur dossier avec beaucoup de doigté. Ils ont apporté des changements au niveau administratif, et, sagement, ils ont accéléré le processus en embauchant un joueur autonome comme Artemi Panarin.

Ils ont rebâti l’équipe autour de vétérans exerçant un impact majeur au sein de la formation : Mika Zibanejad et Chris Kreider, entre autres. 

En 2019, les Rangers ont conclu une transaction qui allait donner encore plus de lustre à leur brigade défensive. Pour un joueur de deuxième tour et un choix conditionnel, ils ont acquis Adam Fox, que les Hurricanes de la Caroline avaient obtenu des Flames de Calgary.

Les Rangers ne gagneront peut-être pas la coupe Stanley. Mais ils présentent à leurs partisans et à leurs clients un produit offrant de belles perspectives d’avenir. Ils ont amené sur l’île de Manhattan des patineurs jeunes, dynamiques et spectaculaires.

Des excuses  

Peut-être que Geoff Molson et son groupe pourraient s’inspirer des Rangers pour relancer le Canadien. On peut toujours se rabattre sur des excuses pour expliquer cet horrible début de saison. On peut pointer l’absence de Carey Price et ses conséquences et la décision de Shea Weber de prendre une année sabbatique – ce qui a laissé des séquelles au sein de la brigade défensive. 

À cela s’ajoute la liste des joueurs qui visitent quotidiennement la clinique médicale.

On comprend que la situation est délicate. Que le Canadien est frappé durement par l’adversité.

Sauf qu’on ne peut ignorer qu’il y a des vétérans qui montrent des signes inquiétants et que les performances de plusieurs ne correspondent pas à l’investissement effectué par l’entreprise pour redresser la situation. 

Dans les bas-fonds  

Il y a les résultats des dernières séries qui ont fait revivre cette passion, et qui, soudainement, ont soulevé l’espoir qu’enfin on approchait de l’objectif. Quelques mois plus tard, le CH se retrouve dans les bas-fonds du classement général, une participation aux éliminatoires est sérieusement compromise, et ce, après seulement une quinzaine de matchs parce que les erreurs du passé ne s’effacent pas. 

L’équation ne tient plus.

Les décisions prises au fil de la dernière année soulèvent bien des soucis. Une masse salariale limitant les actions des décideurs complique la progression de l’organisation. Ne craint-on pas de foncer dans un cul-de-sac ? 

Est-ce le moment pour revoir le modèle d’affaires ?

Les Rangers l’ont fait.

Ce n’est pas parfait, mais ils s’en vont dans la bonne direction.

Le marché des joueurs autonomes sans compensation sera invitant l’an prochain. Voilà une occasion pour mieux peaufiner le modèle d’affaires.