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Jets: la fabuleuse épopée de Mike White

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Tout roule à fond de train dans la NFL et demain, la belle aventure de Mike White comme quart-arrière partant des Jets pourrait aussi bien être terminée. Celui qui semblait destiné à être un obscur réserviste de carrière ne se prive certainement pas de vivre son moment de gloire.

Dans les gradins du MetLife Stadium, le 31 octobre dernier, les partisans médusés de la victoire des Jets au compte de 34 à 31 face aux Bengals ont scandé le nom du quart-arrière à répétition. 

Mike White, sorti tout droit de l’anonymat, a complété 37 de ses 45 passes pour 405 verges et trois passes de touché. Les Jets, négligés par 10 points, venaient de signer l’une des plus improbables surprises de la saison.

Depuis, dès qu’il arrive au boulot, ses coéquipiers s’époumonent à grands hurlements de «Mike White, Mike White, Mike White !»

«Ce qui a vraiment changé dans ma vie, c’est que je marche dans le vestiaire et les gars n’arrêtent pas de crier mon nom. Je leur ai dit : il faut que ça cesse!

«J’espère par contre que la foule chantera encore ’’Mike White”, car ça voudra dire que l’offensive fait de bonnes choses. De la part des fans, je m’attends à ce genre d’encouragement », a lancé en souriant la saveur du moment chez les Jets, lors de son point de presse cette semaine.

Par accident 

L’histoire des Jets cette saison devait à l’origine mettre en vedette le quart-arrière Zach Wilson. Deuxième choix au repêchage, look de vedette, sauveur annoncé...

Relégué au rôle de figurant, White n’a pas été impliqué dans le scénario jusqu’à ce que le jeune premier de classe se blesse, après quelques matchs peu convaincants. Durant ce qui devait être un bref caméo, il a crevé l’écran. Sa confiance en lui semble contagieuse.

«Je me vois comme un partant dans cette ligue et si vous posez cette question à d’autres quarts-arrières et qu’ils ont une réponse différente, c’est un problème», a-t-il affirmé.

Nombreux obstacles 

Si White se permet de vivre à fond ce premier grand rôle, c’est qu’il semblait plutôt attendu dans un film de série B.

Sans fanfare, ce sont les Cowboys qui ont sélectionné, en cinquième ronde du repêchage de 2018, le produit de

l’Université Western Kentucky, après un transfert de South Florida.

«Si vous me demandez mon avis, je pense que j’aurais dû être le premier choix au total, a-t-il lancé sans retenue. Mais ça ne change rien à ce que j’ai à faire aujourd’hui pour me préparer pour notre match face aux Bills. Dans 40 ans, je parlerai de ces moments avec mes amis en me souvenant du bon vieux temps.»

Libéré en août 2019, il a été embauché par les Jets, sur l’équipe de réserve, pour un étourdissant tour de manège.

Soumis au ballottage à quatre reprises, il n’a jamais été réclamé par d’autres équipes et il a été trimballé 11 fois entre l’équipe de réserve et l’alignement régulier.

«Ma carrière est encore jeune, mais il y a eu beaucoup de hauts et de bas. Quand il y a des moments plus sombres, personne ne va se sentir triste pour toi. Tu dois continuer de pousser», a-t-il réfléchi avec philosophie sur son parcours cahoteux.

Malgré sa belle histoire, les chances que Mike White devienne un acteur de premier plan dans la NFL demeurent minces. N’empêche que le film est déjà inspirant.

ZACH WILSON PREND SON MAL EN PATIENCE 

Zach Wilson est toujours perçu comme le futur quart-arrière de franchise pour les Jets, mais pour l’instant, le jeune espoir ronge son frein sur les lignes de côté.

Blessé à un genou le 24 octobre face aux Patriots, Wilson n’est toujours pas rétabli à 100 % même s’il participe aux entraînements des siens.

Au moment de sa blessure, le pilote Robert Saleh avait assuré que dès qu’il serait en santé, il retrouverait son poste. Or, le ton a changé cette semaine et l’entraîneur-chef a concédé que si Mike White continue de jouer comme il l’a fait dans les dernières semaines, il sera difficile de le sortir du terrain.

À ce stade, Wilson ne peut qu’apprendre de la situation.

«Il n’y a qu’une seule façon de voir la situation. Mike est la personne de laquelle je suis le plus proche dans l’équipe et j’apprends de chacune de ses répétitions comme partant. C’est presque aussi bénéfique que de jouer. Mike a appris lui-même en observant Dak Prescott à Dallas et Sam Darnold ici l’an dernier», a-t-il réagi.

Une inspiration 

Même avant sa blessure, Wilson n’inspirait pas confiance, malgré quelques bons moments. Avec quatre passes de touché et neuf interceptions à sa fiche, il admet qu’il devra s’inspirer de celui qui était son second.

«J’admire sa mentalité de ne pas tenter de forcer le gros jeu et d’accepter ce que la défensive lui donne. Je dirais que mon style de jeu doit se rapprocher un peu plus du sien, a concédé l’ancien de BYU, âgé de seulement 22 ans. J’ai ressenti la même chose sur la scène universitaire. Je forçais trop les choses à ma première et à ma deuxième année. À ma troisième saison, j’ai trouvé mon équilibre.»

Le meilleur à venir? 

Wilson assure par ailleurs que la situation actuelle ne le préoccupe pas outre mesure.

«Mon temps va venir. Je ne m’en fais pas. J’ai joué seulement cinq matchs. Je viens d’arriver et je devrais être à ma dernière année universitaire. Il faut toujours passer par de l’adversité et j’aurai mes opportunités.»