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F1

Grand Prix du Brésil: un autre rôle de figuration

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Lance Stroll a été très peu visible au Grand Prix de F1 de São Paulo aujourd'hui si ce n’est son accrochage avec Yuki Tsunoda qui créera éventuellement son abandon.

Après s’être élancé de la 14e place sur la grille de départ (selon son résultat obtenu la veille lors de la course sprint), le pilote québécois a pu se hisser à la 12e position dès le tour initial, mais ce sera son seul moment de réjouissance.

Deux tours plus tard, son Aston Martin et l’AlphaTauri du Japonais se sont heurtées au premier virage du circuit d’Interlagos. Le mal était fait.

Tsunoda n’a eu d’autre choix que de rentrer au puits de ravitaillement pour remplacer un aileron avant cassé. Stroll, lui, a pu poursuivre son parcours malgré une monoplace amochée.

Un bon départ mais...

«J’ai connu un bon départ et je pense que nous avions de bonnes chances de récolter des points, a expliqué Stroll. La voiture de Tsunoda était chaussée de pneus tendres alors que la mienne avait des gommes médiums.»

«En ce début de course, il était plus rapide que moi. Mais c’était un dépassement désespéré de sa part», a renchéri Stroll.

Le Japonais, à sa première saison en F1, a écopé d’une pénalité de dix secondes pour avoir causé une collision qui n’a pas échappé à la vigilance des commissaires.

Si Stroll a pu poursuivre l’épreuve, le comportement de sa voiture ne sera jamais plus le même.

«L’accident a endommagé la voiture, a-t-il poursuivi, et des pièces s’en échappaient. Plus la course avançait, plus mon rythme baissait. Ça ne valait plus la peine de continuer.»

Le premier abandon

Stroll est rentré dans les puits de ravitaillement au 48e tour pour ne plus en ressortir. Il sera le premier à abandonner le Grand Prix de São Paulo au moment où il occupait un modeste 14e rang.

Victime d’ennuis mécaniques, l’Australien Daniel Ricciardo (McLaren) sera lui aussi voué au même sort deux tours plus tard. Tous les autres pilotes ont rallié l’arrivée.

Le Montréalais a été donc incapable d’inscrire des points pour une troisième épreuve consécutive et s’est vu relégué à un autre rôle de figuration.

Après 19 courses cette année, Stroll a été limité à une faible récolte de 26 points, alors qu’il en avait accumulé 75 au total l’an dernier dans un calendrier limité à 17 étapes.

Le point tournant?

De la dernière place sur la grille de départ de la course sprint la veille, Lewis Hamilton a réussi à mener sa Mercedes au cinquième rang. À São Paulo aujourd'hui, il a fait encore mieux en remportant la victoire devant son grand rival Max Verstappen après s’être élancé de la 10e position. Si jamais le Britannique remporte son huitième championnat du monde, ce qu’aucun autre pilote n’a réalisé en Formule 1, il faudra se souvenir de cette épreuve comme le point tournant de la saison. Malgré tous les obstacles qui se sont dressés devant lui, Hamilton a une nouvelle fois démontré sa grande force de caractère au moment où la plupart des analystes le croyaient battu. En seulement six tours, il est passé du 10e au troisième rang. Au 59e des 71 tours, Hamilton est enfin parvenu à devancer le Néerlandais qui occupait la tête. Dès lors, il n’a plus jamais été inquiété. De 19 points avant cette escale au Brésil, l’écart entre Verstappen (332,5) et Hamilton (318,5) est maintenant réduit à 14 points. Rien n’est joué.

Une tape sur les doigts

Hamilton a appris, quelques heures après sa 101e victoire en Formule 1, que les commissaires lui avaient imposé une amende de 5000 euros (un peu plus de 7000 dollars canadiens) pour avoir desserré sa ceinture de sécurité dans le tour d’honneur, en récupérant un drapeau brésilien que lui avait remis un signaleur de piste. Ce comportement est interdit selon le règlement sportif. Franchement, peut-on le laisser célébrer ? Pour la petite histoire, l’idole de jeunesse de Hamilton était un certain Ayrton Senna, ce Brésilien, décédé tragiquement en 1994, que plusieurs qualifient comme le plus grand pilote de tous les temps.