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Photo : Jonathan David (uniforme blanc) que l’on voit en action dans un match contre Cuba en 2019, a procuré la victoire au Canada hier. Crédit : Photo d'archives, AFP

Soccer

Le Canada est toujours invaincu

Publié | Mis à jour

Le Canada est resté invaincu en remportant une victoire serrée de 1 à 0 contre le Costa Rica dans le cadre du tournoi de qualification pour la Coupe du monde 2022.

Disputé devant une foule de 48 806 spectateurs au Commonwealth Stadium d’Edmonton avec une température qui pointait sous le point de congélation, le match a été farouchement disputé et c’est un but de Jonathan David à la 57e minute qui a fait la différence.

Il a profité du fait que le gardien Leonel Moreira n’a pu contrôler un centre de Stephen Eustaquio pour sauter sur un ballon libre.

Après une première demie peu convaincante, les Canadiens ont affiché nettement plus d’aplomb au retour de la pause.

Inchangé 

Cette victoire fait en sorte qu’à mi-chemin dans le tournoi, le Canada occupe toujours le 3e rang du classement. Les trois premières positions participeront à la Coupe du monde au Qatar dans un an.

Les Canadiens ont prolongé à 22 leur séquence de matchs sans défaite à domicile. Ils sont les seuls à ne pas encore avoir subi la défaite dans le tournoi.

Ils sont toujours derrière le Mexique, qui a glissé au second rang à la suite d’un revers de 1 à 0 contre les États-Unis, qui ont 14 points, comme les Mexicains, mais qui présentent un meilleur écart de but.

Le Canada (13 points) aurait pu se trouver dans une position encore plus enviable si le Honduras ne s’était pas effondré en fin de match contre le Panama.

En effet, les Panaméens pourchassent les Canadiens et tiraient de l’arrière 2 à 0 avant de revenir avec trois buts entre les 77e et 85e minutes pour l’emporter, ce qui leur donne 11 points, soit tout juste derrière le Canada, qui affronte le Mexique à Edmonton mardi soir.

Spectacle affecté 

C’était une bonne idée de jouer à Edmonton pour forcer le Costa Rica à affronter le froid, mais cette décision a été accompagnée du terrain du Commonwealth Stadium.

Durci par le froid, le terrain a rendu le contrôle du ballon, souvent bondissant, extrêmement difficile. Disons que la qualité du spectacle en a été plombée.

Et surtout, c’est le genre de terrain qui empêche les joueurs doués techniquement de s’exprimer et le Canada en a tout de même quelques-uns.

Et bien honnêtement, un terrain avec les lignes de football, ça ne paraît pas bien.

Match tendu 

On a eu droit à une première demie sous tension alors que les esprits se sont échauffés assez tôt. On a vu deux attroupements dans les 23 premières minutes.

Il faut dire que les Costaricains ont donné l’impression d’une équipe qui voulait davantage déranger le Canada qu’avoir le contrôle du ballon.

D’ailleurs, les Canadiens ont dominé la première demie dans la plupart des statistiques, mais n’ont pas offert leur meilleure ouverture de rencontre.

Alphonso Davies n’a pas eu autant d’étoffe. Jouant chez lui à Edmonton, il a sans doute voulu trop en faire, ce qui l’a poussé à commettre des erreurs.

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Edmonton: choix clé 

La décision du Canada de disputer ses deux matchs de qualification de la Coupe du monde à Edmonton n’est pas anodine.

Dans ce tournoi octogonal où toutes les équipes affrontent leurs rivales à deux reprises, une fois à domicile et une fois à l’étranger, on essaie de profiter de tous les avantages compétitifs dont on dispose.

Et pour le Canada, face à des équipes latino-américaines, cet avantage est indéniablement le froid.

En décidant de jouer les matchs contre le Costa Rica et le Mexique dans la capitale albertaine, on mise à fond sur la nordicité du pays pour déstabiliser l’adversaire.

Ambiance 

Certes, les rencontres disputées au BMO Field de Toronto, port d’attache de l’équipe, ont été énergiques. Mais rien ne peut arriver à la cheville d’un Commonwealth Stadium avec plus de 50 000 spectateurs.

Qui plus est, en jouant à Edmonton le Canada s’assure de ne pas avoir beaucoup de partisans adverses, ce qui aurait certainement été le cas à Toronto, surtout lors du match contre le Mexique, mardi prochain.

Et ce n’est pas tout, vendredi soir, il faisait 2 °C lors du match contre le Costa Rica, avec une température ressentie de -2 °C.

Hormis une poignée de joueurs qui ont évolué en Amérique du Nord, il y a sans doute une grande majorité de Costaricains qui ont vécu ce genre de température pour la première fois vendredi.

Volontaire 

Quand on a annoncé que les deux matchs de la fenêtre de novembre seraient disputés à Edmonton, le sélectionneur canadien, John Herdman, ne s’en est pas caché.

C’était bien volontaire de soumettre les Costaricains et les Mexicains aux rigueurs de la fin de l’automne, qui peut souvent ressembler à l’hiver dans le nord de l’Alberta.

D’ailleurs, on prévoit une température de -5 °C pour le match de mardi contre le Mexique, avec un ressenti de -13 °C en soirée.

C’est une façon toute canadienne de répliquer aux équipes latino-américaines qui ne se sont jamais gênées pour disputer des matchs en plein après-midi pour que les Canadiens soient incommodés par l’humidité et la chaleur tropicales.

Abus 

Quand on met les choses en perspective, la décision canadienne est plutôt sympathique.

En effet, il est souvent intimidant d’aller jouer dans les stades au sud du Rio Grande.

Prenons l’exemple du Mexique. Le match nul de 1 à 1 qu’a disputé le Canada le mois dernier devait l’être à huis clos, puisque les partisans étaient sous le coup d’une interdiction d’entrée au stade qui a toutefois été levée après un seul match sur les deux imposés.

On leur reproche depuis trop longtemps d’insulter les équipes adverses avec des chants homophobes.

Mais les Mexicains n’ont pas compris et les chants ont repris de plus belle lors de la rencontre face au Canada et lors du match contre le Honduras.

Résultat, les deux prochains matchs locaux du Mexique lors du tournoi seront joués à huis clos.

Merci aux partisans

L’équipe canadienne de soccer masculin avait un bon coup à jouer face au Costa Rica, vendredi soir, et la foule réunie au Commonwealth Stadium d’Edmonton a joué un grand rôle dans ce triomphe de 1 à 0.

Malgré la froideur, ils étaient près de 49 000 partisans canadiens à s’être déplacés. Ceux-ci ont explosé de joie à la 58e minute de jeu, lorsque Jonathan David a trouvé le fond du filet. Un mot à retenir au niveau de l’ambiance : électrique.

«La foule était électrique ce soir [vendredi], a indiqué après la rencontre le défenseur Sam Adekugbe, ses propos étant repris par Canada Soccer. Nous sommes tellement reconnaissants. C’était bruyant, électrique et finalement, ce sont les amateurs qui nous ont permis de l’emporter. Nous ne pourrions être plus heureux.»

Ce fut un plaisir partagé par l’entraîneur-chef John Herdman, dont la troupe est invaincue après sept rencontres dans ces éliminatoires pour la Coupe du monde de 2022.

«La première chose à dire est un grand merci aux amateurs d’Edmonton. Les gens se sont déplacés à travers le pays. Les gens voyagent pour voir cette équipe et l’ambiance était électrique, a lui aussi remarqué le sélectionneur. Les partisans étaient avec nous tout le match, et on a vraiment senti que tout Edmonton était derrière nous.»

Le défi mexicain

Le Costa Rica était une étape à franchir avant un duel attendu face au Mexique, qui est sans doute l’équipe la plus dangereuse de la CONCACAF. Celle-ci a toutefois été vaincue 2 à 0 par les États-Unis vendredi, et a perdu la tête du classement au profit de ces derniers.

Avec 13 points, le Canada chauffe ses deux rivaux, qui n’ont qu’un point d’avance.

«Nous savons que nous avons un match difficile qui s’en vient, mardi contre le Mexique, mais finalement, nous ne sommes qu’à un point de la tête. C’est le temps de passer à autre chose et se concentrer sur le prochain match», a expliqué Adekugbe, élu l’homme du match contre les Costariciens.

«Nous avons une grande opportunité mardi soir», a rebondi Herdman.