Photo : Les bagues étaient remises aux intronisés, dont à la Québécoise Kim St-Pierre, ce vendredi 12 novembre 2021, en marge du week-end d'intronisation au Temple de la renommée du hockey, à Toronto. BENOÎT RIOUX/AGENCE QMI Crédit : BENOÎT RIOUX/AGENCE QMI

Hockey

Kim St-Pierre: la consécration d’une pionnière

Publié | Mis à jour

Kim St-Pierre a ouvert d’innombrables portes aux jeunes filles rêvant de faire carrière dans le hockey. Lundi, elle en ouvrira une autre : celle du Temple de la renommée du hockey, où elle deviendra la première gardienne de but à être intronisée. 

Et ça fait longtemps qu’elle attend ce moment. Faisant partie de la cohorte d’intronisés de 2020 en compagnie de Kevin Lowe, Jarome Iginla, Marian Hossa, Doug Wilson et Ken Holland, la cérémonie de l’an dernier avait été annulée en raison de la COVID-19. 

Crédit photo : AFP

«J’ai reçu l’appel de Lanny McDonald le 20 juin 2020, mais finalement la cérémonie a été annulée et on n’a su qu’en septembre dernier que ça aurait lieu cette année. Ç’a été une longue attente et beaucoup de gens m’en ont parlé dans la dernière année! Pour moi, c’est l’aboutissement d’une carrière. Il n’y a pas de plus gros honneur », affirme-t-elle. 

St-Pierre ne l’a certes pas volé. Elle a aidé l’équipe nationale canadienne à remporter trois médailles d’or olympiques et cinq championnats du monde. 

Gold medal women's Olympic hockey game between team Canada and t
Crédit photo : Photo d'archives, Agence QMI

«Je suis un peu gênée malgré tout, mentionne-t-elle. Le hockey, c’est un sport d’équipe et de recevoir un honneur individuel aussi important, c’est important de le partager avec tous les gens qui ont eu une influence dans ma carrière», mentionne la huitième femme de l’histoire à être immortalisée au Temple. 

Ne jamais abandonner

Kim St-Pierre ne veut oublier personne puisque chaque étape, estime la gardienne de but, a été déterminante pour la suite de sa carrière. 

À commencer par le moment où, à l’âge de huit ans, elle a demandé à ses parents, André et Louise, s’il était possible de troquer les lames de patin artistique, un sport qu’elle pratiquait depuis trois ans, pour celles de hockey. 

«Au début, mes parents m’avaient dit que ce n’était pas pour les filles, le hockey! Ils m’ont toutefois laissé cette chance», se remémore-t-elle. 

En plus de ses parents, St-Pierre sera toujours reconnaissante pour les organisations de hockey mineur de Saint-Jean-sur-Richelieu, puis Châteauguay, pour l’«avoir accueillie les bras ouverts». 

Au départ, la logique voulait qu’elle soit une attaquante ou une défenseure. 

«Avec mes années de patinage artistique, j’étais une bonne patineuse. À cette époque, on mettait souvent ceux qui ne savaient pas patiner devant le filet», raconte-t-elle. 

Mais un matin, elle décide qu’elle voulait enfiler les jambières. 

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Crédit photo : Photo courtoisie, Kim St-Pierre

«À mon premier match, on s’est fait détruire 8-0! Mes parents étaient contents le soir parce qu’ils pensaient que j’allais abandonner l’idée. De mon côté, j’étais tellement triste et je leur en voulais de m’avoir laissé être gardienne. Par contre, j’ai appris une leçon ce soir-là, celle de ne pas abandonner. J’ai joué le match suivant et je n’ai plus jamais enlevé l’équipement.» 

Puis, il y a eu à l’Université McGill un programme de hockey qui aura empêché St-Pierre de prendre une retraite prématurée. 

«À mon premier camp bantam AA avec les gars, j’avais été retranchée. Pendant quatre ans, j’avais été retranchée d’Équipe Québec. Je commençais à comprendre que le hockey n’était pas pour moi. Je n’avais pas réussi à faire le midget AAA et je n’avais pas été repêchée junior majeur. Dans ma tête, après mon junior AA, ça allait être terminé.» 

Journaliste
Crédit photo : Photo courtoisie, Kim St-Pierre

Mais la visite d’un représentant de McGill, lors de l’un de ses matchs junior AA, aura ensuite été déterminante pour la suite de sa carrière. 

«Quand mon père m’a dit qu’ils voulaient m’offrir un poste avec l’équipe de McGill, je comprenais que ça me donnait encore quatre ans de plus pour jouer au hockey. Mais quand il m’a dit que c’était pour aller jouer avec les filles, je ne voulais pas!» rigole-t-elle. 

Passage à McGill couronné de succès

St-Pierre finit par accepter et son passage à McGill sera couronné de succès, sur et en dehors de la patinoire. En plus d’amasser les honneurs individuels et de devenir la première femme à remporter un match universitaire avec les hommes, elle y rencontre aussi son conjoint Lenny Jo Goudreau et sa meilleure amie, Amey Doyle. 

Sa présence à McGill lui a aussi offert une visibilité hors du commun. Dès sa première année, elle reçoit une invitation de Danièle Sauvageau pour participer au camp de l’équipe nationale féminine qui avait lieu au Québec. 

«Cette année-là, Manon Rhéaume était en année sabbatique puisqu’elle était enceinte. Dès mon arrivée, j’ai vu que j’avais ma place et que c’était le calibre de jeu que je devais jouer. J’étais arrivée avec confiance et dans le but de m’amuser et j’avais réussi à percer l’alignement.» 

CHINA
Crédit photo : Photo d'archives, REUTERS

Il s’agissait là du début d’une grande aventure avec l’équipe nationale puisque, dès la saison suivante, elle devenait gardienne titulaire du programme national. 

Et la suite fait partie de l’histoire.