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Étienne Boulay salue le courage de Carey Price

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Étienne Boulay comprend parfaitement ce que vit Carey Price. 

L’ancien joueur de football a lui aussi été aux prises avec des problèmes de consommation. Et comme le gardien des Canadiens de Montréal, il a eu le courage d’en parler. 

Par contre, ce qui diffère, c’est qu’il a attendu la fin de sa carrière sportive pour révéler au grand jour ses démons intérieurs. C’est sur ce point que Boulay est particulièrement impressionné par Price. 

«Le jour où j’ai été à l’aise de l’admettre, je ne jouais plus au football professionnel. Est-ce que j’aurais eu le "guts" de le faire pendant que j’étais encore actif? Je ne suis pas certain», a reconnu Boulay avec franchise en entrevue à l’émission JiC, vendredi. À voir dans la vidéo ci-dessus.

«Pour Carey Price, Naomi Osaka et les autres, c’est extraordinaire qu’ils soient capables de nommer les choses. Je vais prendre la situation de Price en exemple. Pour lui, de nommer que c’était un enjeu de substance, c’est énorme, selon moi. À partir du moment où tu es capable de mettre le doigt sur le bobo, tu es rendu ailleurs, tu as pris la décision de passer à autre chose. Quand il dit dans son message qu’il y va une journée à la fois, c’est qu’il comprend que ce n’est pas gagné tout de suite», a-t-il ajouté. 

Boulay s’est également dit encouragé par la réaction du public à l’endroit de Price. 

«Ce que j’ai le plus observé, c’est la réaction du public et des médias face à son discours. J’ai été agréablement surpris par l’empathie et le soutien des gens. Il est clairement bien entouré par sa famille et l’organisation des Canadiens. Les médias aussi ont embarqué. Tous les éléments sont en place pour qu’il puisse se remettre physiquement et mentalement.»

Boulay croit que cet aveu de Price aura «un effet d’entraînement». 

«Ça va aider les gens à se prendre en main. J’ose croire que ça va aussi jouer au niveau préventif. Les gens vont se dire qu’ils ne sont pas à l’abri et qu’ils doivent prendre le taureau par les cornes avant que ça aille trop loin.»

De plus, Boulay tient à rappeler aux gens qu’«il y a un humain derrière l’uniforme et le logo».

«Il faut regarder l’humain avant la performance et pas juste pendant que Price est en réhabilitation. Gardons ça en tête dans six mois, un an. C’est important de le garder en tête. On est passionné, alors canalisons ça au bon endroit.»   

Une meilleure vie 

Sur le plan personnel, Boulay célébrera en janvier ses cinq ans de sobriété. Une décision qui a changé sa vie pour le mieux. 

«C’est incroyable à quel point ma vie a changé en cinq ans. C’est fou, on dirait que c’est passé en un clin d’œil, mais c’est paradoxal, parce que les premières semaines et les premiers mois ont été interminables. C’était plus un combat que ce l’est aujourd’hui. Je suis maintenant sur une erre d’aller. 

«Je réalise que ma vie est plus simple et facile qu’avant. C’était plus périlleux au début parce que tout était à refaire. Je devais me libérer d’une certaine honte, d’une certaine culpabilité, et réparer les pots cassés. Ç’a quand même passé en un éclair!»

La clé? Être bien entouré. 

«Je suis bien entouré. Ma conjointe, Maïka, c’est mon roc. D’avoir quelqu’un qui est là pour te protéger et te dire les vraies affaires sans mettre de gants blancs, c’est un atout. C’est bon signe de savoir que Price aussi est bien entouré.»