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LNH: la sombre période d'un ancien joyau

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Dès ses plus jeunes années, le Québécois Angelo Esposito a beaucoup attiré les regards pour son talent, ce qui lui a valu d’être sélectionné au premier tour du repêchage de 2007. Toutefois, il n’a pas joué un seul match dans la Ligue nationale de hockey.

En entrevue avec Jean-Philippe Bertrand au balado La Dose, vendredi, Esposito a levé le voile sur la pression qui repose sur les épaules des meilleurs espoirs du hockey.   

«C'était des années difficiles, car je voulais sortir numéro 1 [au repêchage], explique le natif de Ville Mont-Royal. Tu arrives dans un match et tu ne comptes pas de but, ouf, je vais devoir en marquer trois au match suivant. Et dans le match suivant tu récoltes juste une passe, okay, je dois marquer 10 buts.»

L'ancien des Remparts de Québec et du Junior de Montréal avoue aussi avoir souffert intérieurement. 

«[La santé mentale], il ne fallait pas en parler. On ne pouvait pas afficher nos faiblesses. À mon année de repêchage, je ne pouvais pas avoir d'échec, donc je gardais tout à l'intérieur de moi.»

Une panoplie de blessures    

Au-delà des séquelles psychologiques, plusieurs vilaines blessures peuvent expliquer qu'il n'ait jamais joué dans la LNH.

Durant ses premières saisons de hockey professionnel, Esposito a subi une déchirure du ligament croisé antérieur (ACL) à deux reprises, en plus d’une blessure à une hanche et d’une commotion cérébrale. Tous ces problèmes, jumelés au lock-out de la campagne 2012-2013, l’ont contraint à s’exiler en Europe, où il espérait relancer sa carrière. Son objectif était de finalement vivre son rêve et de revenir en Amérique du Nord pour jouer dans la LNH.  

Toutefois, une mauvaise année en Finlande et une blessure à l’abdomen l’ont une fois de plus ralenti.  

«L’année ne s’est pas bien passée, alors là, je me suis dit : "ok, là, je m’éloigne vraiment beaucoup de la LNH"», a révélé Esposito.

Celui qui est aujourd’hui âgé de 32 ans a ensuite joué en Italie, en Autriche et en République tchèque, avant qu’une commotion cérébrale ne le force à décider de s’éloigner du hockey.  

«Je ne me souviens pas de ça, mais ma femme m’a dit que dans l’ambulance, je la regardais à chaque deux secondes [et je lui demandais] : "alors, comment j’ai joué?". Elle me disait : "tu as bien joué". Je répétais et répétais. Je me suis dit : "je ne vois plus la LNH. J’ai 27 ans, ça ne me tente pas d’en avoir 35 et d’aller de ville en ville. J’ai besoin de commencer une vie à Montréal ou une autre vie après le hockey." Là, j’ai mis une croix sur le hockey.

«À tous les jours, je pense à ça et j’aimerais être capable de jouer encore et d’essayer de réaliser mes rêves, mais rendu à cet âge-là, on est trop vieux.

«Aujourd’hui, je suis très content dans la vie, mais ça l’a pris du temps. J’ai passé deux, trois, voire quatre mois dans mon appartement. Je ne sortais pas, je ne voulais pas voir mes amis. Ce n’était pas facile.»  

Esposito n’est toutefois pas resté amer longtemps, lui qui enseigne maintenant son sport aux jeunes hockeyeurs.  

Écoutez l'entrevue dans le lecteur ci-dessous :