Crédit : Photo Agence QMI, Dominick Gravel

Football universitaire RSEQ

Une vengeance qui habite le Rouge et Or depuis deux ans

Jessica Lapinski

Publié | Mis à jour

L’esprit de vengeance qui habite les joueurs du Rouge et Or à l’approche de la finale de la Coupe Dunsmore, dimanche, contre les Carabins de l’Université de Montréal, remonte à plus loin que les deux revers que leur ont infligés leurs grands rivaux cette année.

Kevin Mital ne portait pas l’uniforme du Rouge et Or il y a deux ans, lors de la défaite de 25 à 10 contre les Bleus en finale québécoise au Stade Telus. 

Le receveur de passes, une recrue cette année dans les rangs universitaires, tentait alors sa chance du côté de Syracuse, aux États-Unis, après un parcours couronné de succès avec le Phénix du collège André-Grasset.

Mais ce douloureux revers, il lui a été raconté dans le vestiaire par les vétérans du Rouge et Or dès le début de la présente campagne.

«Ils sont venus au PEPS gagner la Coupe Dunsmore il y a deux ans, a rappelé Mital, jeudi. Ça, on l’a encore sur le cœur. Et là, c’est nous qui allons disputer la finale chez eux. C’est sûr que ce serait un bon “statement” à faire.»

Retrouvailles attendues 

Dimanche, contre les Carabins, ce sera aussi jour de retrouvailles entre Mital et son coéquipier d’antan chez le Phénix du collège André-Grasset, le quart Jonathan Sénécal.

Les deux amis ont tout raflé en 2018, à leur dernière année avec le Phénix. Ils ont réécrit le livre des records du RSEQ et remporté le Bol d’or de la division 1 du football collégial.

Tant Mital que Sénécal ont pris le chemin des États-Unis la saison suivante. Mais leur passage au sud de la frontière a été de courte durée. À leur retour, le monde du football québécois s’interrogeait : les deux comparses se retrouveraient-ils ensemble à Montréal ou à Québec? Finalement, Mital a choisi le rouge et Sénécal, le bleu. Et leur première saison dans le football universitaire québécois a été couronnée de succès.

Le receveur du Rouge et Or a été le meneur en saison régulière pour les touchés, avec neuf. Quant au quart des Carabins, il a terminé deuxième pour les verges par match, derrière le pivot des Stingers de Concordia, Olivier Roy.

«Ce n’est pas spécial [de le retrouver en finale de la Coupe Dunsmore]», a pointé Mital.

«Je sais ce qu’il est capable de faire, il sait ce que je suis capable de faire. Qu’on se retrouve là, l’un contre l’autre, je ne crois pas que ce soit une surprise ni pour moi ni pour lui. On est tous les deux des compétiteurs.»

«On sait qu’on n’est plus amis pour quatre quarts. Mais pendant la saison, on n’est pas resté en contact tant que ça, a ajouté le numéro 8 du Rouge et Or. C’est un ami auquel je texte de temps en temps, pour prendre des nouvelles.»

Un quart qui sait gagner 

Le calme du quart Jonathan Sénécal à son premier match éliminatoire dans le football universitaire québécois, samedi dernier, n’a pas surpris l’entraîneur-chef des Carabins de l’Université de Montréal, Marco Iadeluca.

Car la relation entre les deux hommes remonte à plusieurs années et elle s’est bâtie, notamment, en remportant des championnats.

«On a gagné une Coupe du Canada ensemble, donc il a joué une finale à ce niveau-là. On a gagné un Bol d’or ensemble, alors c’est une autre finale, a raconté le pilote des Bleus. C’est quelqu’un que je suis habitué à voir performer dans des moments de stress.»

Son rythme de croisière 

Face au Vert & Or de l’Université de Sherbrooke, Sénécal a fait montre de sa domination. Le pivot de 22 ans a complété 19 de ses 31 tentatives de passe, pour des gains de 332 verges.

Les Carabins se sont facilement imposés 31 à 3.

Si Iadeluca est satisfait de la progression de son quart-recrue, il estime que l’ancien du Phénix du collège André-Grasset a surtout trouvé son erre d’aller au cours de ses deux derniers matchs, soit face aux Carabins, puis en éliminatoires contre Sherbrooke.

«On voulait qu’il soit en pleine confiance rendu à ce temps-ci de l’année, car c’est le moment le plus important, a admis l’entraîneur-chef. On est content de son développement, mais il faut qu’il continue.»