Crédit : Stevens LeBlanc/JOURNAL DE QUEBEC

LHJMQ

Le nouveau no 2 des Remparts

Publié | Mis à jour

Le nom de Martin Laperrière était bien connu des amateurs de hockey de Québec. Son départ pour joindre le Rocket de Laval a permis à Benoit Desrosiers de prendre plus de responsabilités derrière le banc des Remparts de Québec. Nom plus méconnu des amateurs, sa réputation est toutefois bien établie dans le monde du hockey.

Desrosiers vient à peine de souffler ses 33 bougies, mais il compte déjà près de 15 ans d’expérience dans la LHJMQ. Après avoir débuté comme recruteur pour les Saguenéens de Chicoutimi à l’âge de 19 ans, il a été, à l’été 2012, promu entraîneur adjoint avec les Sags dirigés à ce moment par Marc-Étienne Hubert.

Après une saison à Saguenay, il a déménagé ses pénates à Sherbrooke pour y occuper le même rôle aux côtés de Stéphane Julien pendant quatre saisons, y rencontrant au passage sa conjointe Marie-Pier Blouin avec qui il a eu deux petits garçons.

Puis c’est en 2017 que l’aventure de Desrosiers avec les Remparts a débuté. Après avoir appris que son adjoint Daniel Renaud avait accepté le poste d’entraîneur-chef des Cataractes de Shawinigan, Philippe Boucher a contacté Desrosiers afin de lui offrir de l’épauler avec les Remparts.

De son côté, le contrat de Desrosiers n’avait pas été renouvelé par le Phoenix et il avait pris le temps d’évaluer plusieurs options qui se présentaient à lui, notamment de formations italiennes, des Patriotes de l’Université du Québec à Trois-Rivières que dirige son ami Marc-Étienne Hubert, mais, surtout, il avait fait partie du processus d’embauche d’un entraîneur vidéo pour les Golden Knights de Vegas.

Sa candidature n’avait toutefois pas été retenue par Gerard Gallant et il avait accepté l’offre des Remparts.

À ce moment, Philippe Boucher le présente comme «la référence dans notre ligue pour ce qui est de l’enseignement individuel avec la vidéo».

CHANGEMENT DE GARDE

Après une seule saison avec Philippe Boucher, ce dernier démissionne et les Remparts annoncent en grande pompe le retour de Patrick Roy.

L’incertitude plane alors sur le statut de Desrosiers puisqu’il semble évident à ce moment que Roy annoncera qu’il ramène avec lui son complice de toujours, Martin Laperrière.

«Une semaine après son retour, Pat m’a rencontré pour me dire qu’il aimerait que j’occupe le poste d’entraîneur vidéo et que j’aurais tout de même un rôle important», se remémore Desrosiers en souriant.

Sa réponse est sans équivoque : avec l’expérience acquise au fil des ans, il n’acceptera pas de retourner au vidéo à moins que ce soit pour une équipe de la LNH.

«J’admire les gens qui veulent en faire plus, admet quant à lui Patrick Roy qui a finalement accepté que Desrosiers s’active avec Laperrière et lui derrière le banc. Dans le cas de Ben, c’était une démotion pour lui. Je comprenais tout ça et on a trouvé une façon de faire.»

UNE RELATION SOLIDE

Roy ne regrette pas sa décision d’avoir gardé Desrosiers avec lui.

Depuis que Laperrière a quitté l’équipe, ils ne sont plus que deux derrière le banc et sont épaulés par l’entraîneur vidéo David Rodrigue et celui des gardiens de but Pascal Lizotte.

Si les deux hommes ne se connaissaient pas lorsque Roy est revenu avec l’organisation, ils ont finalement développé un lien de confiance et un respect mutuel.

«Ce que j’aime de Ben, c’est qu’il m’amène à être meilleur. C’est un passionné et un gros travaillant. C’est un bon étudiant de la game, il a de bonnes connaissances et il cherche continuellement à s’améliorer. [...] J’ai appris à le connaître et à apprécier sa façon de travailler de sorte que, quand Lappy a quitté, j’étais très à l’aise qu’il s’occupe de nos défenseurs.»

Des fleurs qu’a, à son tour, lancées Desrosiers à l’endroit de Roy.

«Pat ne compte pas ses heures et c’est un grand passionné. Notre mentalité est que si on veut être exigeants envers nos joueurs, on doit l’être doublement envers nous-mêmes. Ce qui est le fun avec Pat, c’est qu’il n’y a jamais d’idées fermées. On est toujours à l’écoute et en train d’essayer d’être meilleurs.»

LA LNH EN ARRIÈRE-PENSÉE

D’un côté, Benoit Desrosiers ne cache pas que son rêve ultime demeure un jour de travailler pour une équipe de la Ligue nationale de hockey (LNH).

De l’autre, il a l’intention de ne rien forcer, surtout que la saison actuelle et la prochaine s’annoncent prometteuses avec les Remparts de Québec.

À 29 ans seulement, Desrosiers a participé à son premier processus d’embauche pour une formation de la LNH avec les Golden Knights de Vegas.

«C’est certain que mon objectif c’est d’un jour atteindre la LNH et j’essaie de le faire par le poste d’entraîneur vidéo. Plusieurs sont entrés par là et sont ensuite devenus entraîneurs adjoints. Je vais toujours être ouvert à ce qui va se passer, mais en ce moment, ce n’est pas une chose à laquelle je pense.»

Pour Patrick Roy, Desrosiers a les qualités pour continuer de grimper les échelons dans le hockey.

«Je suis convaincu qu’il va y avoir des opportunités pour lui éventuellement. C’est un passionné et il est vraiment bon au niveau du vidéo. C’est un gars qui est capable de s’adapter à différentes tâches dans une équipe. Il peut travailler avec les défenseurs, il peut faire de la vidéo, il peut s’occuper des attaquants, et des unités spéciales. Il roule sa bosse depuis qu’il est jeune et il a appris de différents entraîneurs. Tout ça fait qu’aujourd’hui, il est l’entraîneur qu’il est.»

HEUREUX À QUÉBEC

Chose certaine, Desrosiers ne passe pas ses journées à faire le survol de tous les changements d’entraîneurs dans le circuit Bettman.

«Je suis bien ici. Chaque jour, quand je rentre au bureau, j’ai du plaisir. Ma famille est bien installée, ma conjointe a du travail et mes enfants sont à la garderie pour l’un et à l’école pour l’autre. Si une opportunité se présente et que je ne peux pas la refuser, on verra.

«Mon cœur est avec les Remparts à 100 %. On a une grosse année devant nous et l’an prochain aussi. Je laisse les choses aller. Depuis le début de ma carrière, je n’ai jamais appliqué pour un emploi. Ç’a toujours été des appels que j’ai reçus. Peut-être qu’un jour, je vais en recevoir un autre. Pour l’instant, je fais mes affaires et je peaufine mon réseau de contacts.»