MOSAÏQUE COACH CANADIENS

Crédit : Photo Didier Debusschère

LHJMQ

Une dure méthode de Patrick Roy s'avère payante

Publié | Mis à jour

L’entraîneur-chef des Remparts de Québec Patrick Roy est satisfait de la réponse d’Evan Nause après qu’il l’a cloué au banc pendant presque tout le match, vendredi dernier.

Le message ne pouvait être plus clair, vendredi soir dernier: en ne l’envoyant dans la mêlée que pour deux présences dans tout le match face à l’Océanic de Rimouski, Patrick Roy n’était clairement pas satisfait du rendement d’Evan Nause.

Le lendemain contre les Saguenéens de Chicoutimi, l’arrière de 18 ans avait repris sa place dans la formation régulière et patrouillait à nouveau la ligne bleue à la gauche de Louis Crevier sur la première paire de défenseurs. Il a terminé le match avec deux aides et un différentiel de +3 pour être nommé la deuxième étoile du match.

«Ce que je veux voir, c’est du caractère et Evan m’a démontré qu’il en avait, s’est réjoui Patrick Roy. Est-ce qu’il était parfait contre Chicoutimi? Non, mais au moins, il m’a démontré qu’il était capable de rebondir. C’est le signe d’un joueur qui a de l’avenir dans le hockey parce que si tu n’as pas de caractère, c’est dur d’avancer.»

Pour l’entraîneur-chef, deux raisons expliquent le message que ses adjoints et lui ont lancé au choix de deuxième ronde des Panthers de la Floride vendredi dernier: ils souhaitent le voir simplifier son jeu avec la rondelle et qu’il soit moins passif dans son territoire défensif.

«Je vais faire ce qu’on me dit»

De son côté, le défenseur n’a pas voulu s’étendre en long et en large sur les événements de vendredi dernier, lorsqu’il a rencontré les membres de la presse mardi matin.

«À chaque match, je me présente à l’aréna prêt à faire ce que les entraîneurs veulent que je fasse. Ce sont des choses qui sont hors de mon contrôle. J’avais eu quelques conversations avec les entraîneurs et vendredi, mon but était d’être le meilleur coéquipier possible. Le reste, ce n’était pas de mon ressort.»

Est-il tout de même d’accord avec Roy et ce qu’il lui demande?

«Oui. C’est mon entraîneur. Si c’est comme ça qu’il veut que je joue, c’est comme ça que je vais jouer», a-t-il simplement mentionné.

Ce dernier a toutefois reconnu qu’il avait mis du temps à se mettre en marche en début de saison après son retour du camp des Panthers.

Prise de bec

Si Roy a décidé d’asseoir son défenseur de première paire pour la presque-totalité d’une partie, c’est qu’il y pensait depuis longtemps. La semaine dernière, Roy et Nause ont eu une petite prise de bec à l’entraînement après que le défenseur eut riposté à une directive de Roy. Ce dernier l’a alors invité à quitter la patinoire, mais, finalement, Nause a poursuivi l’entraînement.

«C’est important d’avoir un partenariat avec les joueurs et qu’ils ne voient pas mes conseils comme des menaces, mais plutôt comme une solution. [...] Je ne me lève pas le matin en me disant que je pars après tel ou tel joueur. Je voulais voir si Evan avait du caractère et je suis fier de lui.»

Des présences trop longues

Si on dit généralement que l’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt, peut-être que les Remparts pourraient quelque peu modifier cet adage pour qu’il devienne: «L’avenir appartient à ceux qui rentrent au banc tôt »!

Patrick Roy et son personnel d’entraîneurs ont pris le temps de bien décortiquer les trois matchs de la dernière fin de semaine de l’équipe.

Le constat global est clair: lors des trois derniers matchs, des défaites face aux Sea Dogs de Saint-Jean et à l’Océanic de Rimouski, et une victoire face aux Saguenéens de Chicoutimi, jamais les Diables rouges n’ont été en mesure d’offrir le même genre de prestation pendant 60 minutes.

L’entraîneur-chef croit avoir mis le doigt sur le bobo.

«On fait des présences trop longues. Quand tu fais ça, tu entres dans un mode où il faut que tu sois complètement exténué avant de rentrer au banc. Ce que ça fait, c’est qu’à ta présence suivante, tu as moins d’énergie. C’est comme ça qu’on se fait mal. On essaie de le répéter souvent aux gars, mais à la minute qu’un trio fait une présence de 1 min 15 s, 20, 30 ou même 1 min 40 s, on sent que le momentum change. Il faut être disciplinés à garder nos présences courtes afin de travailler avec plus d’intensité et de constance pendant 60 minutes.»

Pause bénéfique

Après des séquences éreintantes de trois matchs en quatre soirs, il y a deux semaines, et un trois en trois la semaine dernière, les Remparts profiteront d’une semaine un peu plus tranquille.

Mardi, ils ont repris l’entraînement après deux jours de congé en vue d’une séquence de deux matchs en trois jours face au Drakkar de Baie-Comeau, à Québec vendredi, puis sur la Côte-Nord dimanche.

Une séquence qui permettra à l’entraîneur de travailler plus spécifiquement sur certains aspects qui ont contribué à la séquence de quatre défaites de suite des siens.

Devenir une meilleure équipe

«La semaine dernière, on a touché la glace deux fois pour une trentaine de minutes seulement. Aujourd’hui, on a pu mettre l’accent sur notre avantage numérique, travailler sur notre échec avant et notre travail devant le filet.

«Je suis content qu’on ait commencé l’année 9-1 et j’aurais aimé qu’on joue au-dessus de 500 par la suite, mais je n’échangerais pas ce qu’on a vécu dernièrement parce que je pense qu’on peut bâtir à partir de ça. On peut devenir une meilleure équipe en comprenant certaines choses.»