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Raymond Rougeau, nouveau maire de Rawdon

Raymond Rougeau, nouveau maire de Rawdon

Patric Laprade

Publié 08 novembre 2021
Mis à jour 08 novembre 2021

Raymond Rougeau a fait carrière dans l’arène comme lutteur professionnel pendant 18 ans, soit de 1971 à 1989. Bon an mal an, il est en maintenant à sa 19e année dans l’arène de la politique municipale et c’est comme maire de Rawdon qu’il va célébrer le tout.

En effet, vers les 23h dimanche soir, Raymond a eu la confirmation que lui et ses six conseillers avaient été élus. Raymond remporte l’élection avec 60.87% des votes, contre 39.13% pour son adversaire, Chantal Grenier. Plus précisément, on parle de 2 221 votes, soit une avance de 793 votes. 

«Je me sens privilégié et honoré, parce que ce sont tes concitoyens qui te placent là, me disait Raymond, lorsque je lui ai parlé en fin de soirée. C’est tellement une belle reconnaissance. D’être rendu au poste élu le plus élevé de ma municipalité, j’en suis très fier et très content.»

Non seulement Raymond a été élu, mais toute son équipe de conseillers et de conseillères l’a aussi été, une première à Rawdon depuis 2002.

«Je suis tellement fier du travail effectué par toute mon équipe de conseillers et conseillères et par tous les bénévoles. Encore aujourd’hui, j’avais 24 téléphonistes pour faire sortir le vote. J’ai été le maître d’œuvre de toute la campagne, j’avais un plan de match et je suis fier de n’avoir jamais dérogé à mon plan. Il y a eu de la désinformation au cours de la campagne et je m’en suis aperçu en faisant du porte à porte. Les choses que je pouvais entendre...même moi je n’aurais pas voté pour moi! Alors nous avons dû travailler très fort mon équipe et moi, sur le terrain, afin de corriger le tir. Mais je suis fier de dire qu’on a fait une campagne propre et positive», expliquait l’homme de 66 ans.

Rougeau, très actif dans la municipalité d’environ 11 800 habitants, est élu pour une sixième élection consécutive. Il avait été élu une première fois comme conseiller en 2002 et ensuite, réélu en 2005, 2009, 2013 et 2017. En 2009, il était d’ailleurs le seul de son équipe à se faire réélire. Depuis 2013, il est aussi maire suppléant.

Une équipe paritaire et diversifiée 

Le parcours politique de Raymond prit une allure différente lorsqu’en juillet 2020, le maire sortant, Bruno Guilbault, avait annoncé qu’il ne se représenterait pas à la mairie. Rougeau avait alors laissé savoir qu’il songeait à se présenter. Deux mois plus tard, il officialisait le tout.

Lorsqu’il a annoncé son équipe, Rougeau avait aussi parlé de ses plans pour Rawdon.

«Incontestablement, l’environnement sera notre plus grande priorité pour l’avenir et la conservation de nos forêts et cours d’eau. Nous allons réaliser le Quartier du citoyen, la bibliothèque et la salle communautaire. Nous allons mettre en application un plan élaboré en collaboration avec nos commerçants pour redynamiser notre rue principale. Nous continuerons d’investir dans nos parcs et sites touristiques. Nous considérons réaliser la construction d’une patinoire couverte multifonctionnelle. Nous mettrons en place un carnet santé pour l'amélioration de la qualité de nos routes. Tout comme nos concitoyens, nous ne voulons plus de blocs de 12, 14 et 16 logements. Nous allons contrôler notre développement pour que dans 20 ou 30 ans, nous retrouvions toujours le charme et cachet naturel de Rawdon», avait-il affirmé.

Il y a deux semaines, le maire sortant lui avait aussi donné son appui.

«Je connais très bien Raymond Rougeau et je sais ce dont il est capable. Raymond possède l’expérience requise pour prendre ma relève et il saura assumer la continuité dont Rawdon a besoin», avait déclaré M. Guilbault par voie de communiqué.

Les conseillers élus de l’équipe Raymond Rougeau sont Stéphanie Labelle, Kimberly St-Denis, Josiane Girard, Raynald Michaud, Bruno Desrochers, ainsi que Jean Kristov Carpentier.

«Ce sont des gens que j’ai choisis pour leurs qualités professionnelles et personnelles. J’ai un conseil paritaire, trois femmes et trois hommes, mais aussi diversifié. Trois travaillent au conseil municipal depuis des années, les trois autres proviennent de différents milieux. J’ai des gens dans la trentaine, quarantaine, cinquantaine et moi je suis dans la soixantaine. Alors je couvre quatre décennies. Tout cela me permet d’avoir une équipe avec des visions et des énergies différentes», explique Raymond, fièrement.

De Johnny à Raymond Rougeau 

Raymond n’est pas le premier lutteur au Québec à se lancer en politique.

En 1966, l’oncle de Raymond, le populaire Johnny Rougeau, un candidat indépendant, avait terminé quatrième dans la circonscription de Dorion aux élections provinciales.

Un des fiers compétiteurs de Johnny à la lutte, Paul Vachon, le frère de Maurice «Mad Dog», a lui aussi tenté sa chance, et ce, trois fois plutôt qu’une, aux élections fédérales. Se présentant pour le Nouveau Parti démocratique (NPD), Vachon avait terminé troisième dans Brome-Missisquoi en 1988, quatrième dans Hochelaga-Maisonneuve en 1993, et cinquième lors d'une élection partielle en 1995, de retour dans Brome-Missisquoi.

Plus récemment, un lutteur du circuit indépendant était devenu le premier ancien lutteur élu dans l’histoire du Québec. François Choquette a été élu une première fois en 2011 dans Drummond pour le NPD et réélu en 2015, avant de terminer quatrième en 2019 et 2021.

Choquette a déjà lutté pendant quelques années, au début des années 2000. Sous le nom du Prof. Choquette, il était un méchant qui arrivait au ring avec un dictionnaire. Ce que ses adversaires ne savaient pas toujours, c'est qu'il cachait une brique dans ce dictionnaire! Ancien champion de la Fédération de Lutte Québécoise, propriété alors du célèbre lutteur Paul Leduc, Choquette a aussi été chroniqueur et fait partie du comité de sélection pour le Temple de la renommée de la Lutte au Québec.

Dans l'histoire, une dizaine de lutteurs ont pris un virage politique à la fin de leur carrière, dont plusieurs Japonais. Atsushi Onita, Great Sasuke, Hiroshi Hase, Shinobu Kandori, Kengo Kimura, Osamu Nishimura, Kintaro Oki, l'américain Tom Drake et probablement les trois plus connus, Antonio Inoki, Jesse Ventura et Kane. Ventura a été gouverneur de l’état du Minnesota de 1999 à 2003, tandis que Kane, de son vrai nom Glenn Jacobs, est le maire du comté de Knox, au Tennessee depuis septembre 2018. Sans avoir été lutteuse, Linda McMahon, épouse de Vince McMahon, a pour sa part été responsable des petites et moyennes entreprises sous l’administration de Donald Trump de 2017 à 2019.

Une carrière de lutteur qui l’aide encore 

Originaire de St-Sulpice, Raymond Rougeau a connu une carrière incroyable dans le monde de la lutte. Il avait fait ses débuts à l’âge de 16 ans alors que son père, Jacques, et son oncle Johnny étaient à la tête des As de la Lutte, dont l’émission Sur le Matelas était diffusée sur les ondes de Télé-Métropole les samedis après-midi. Il a par la suite travaillé pour Lutte Internationale dans les années 1980, alors que lui et son frère Jacques ont été de multiples fois champions par équipe. C’est d’ailleurs ensemble qu’ils ont fait leurs débuts pour la WWF (maintenant WWE) en 1986. Mis à part quelques matchs ici et là, dont un match face à Owen Hart en 1996, Raymond a pris sa retraite active du ring en 1989. Il est par la suite devenu commentateur et intervieweur, toujours à la WWF, jusqu’en 2000. Il a repris du collier en 2017 avec son collègue de toujours, Jean Brassard, pour la chaîne de la WWE. Toutefois, il avait été remercié de ses services en avril dernier. Il est également mon remplaçant à TVA Sports lorsque je dois prendre congé.

La famille Rougeau, c’est bien connu, est la famille royale de la lutte au Québec. Mis à part son père, son oncle et son frère, son grand-oncle, Eddy Auger, a été lutteur, le premier de la famille. Son frère Armand a aussi lutté dans les années 1980, sa sœur Joanne a été promotrice pour la WWF à la fin des années 1990 et ses neveux Jean-Jacques, Cédric et Émile ont tous pratiqué la lutte.

« Ma carrière dans la lutte m’a aidé je dirais. Quand tu cognes à une porte, ce n’est pas la même chose quand tu as un visage connu. Les gens étaient contents de me voir. Ils me disaient qu’ils m’avaient vu lutter à la télévision ou que leur père les

avait amenés me voir lutter quand ils étaient plus jeunes. Ma carrière de lutte a vraiment été un plus. »

Un repos bien mérité 

Une campagne électorale, en pleine pandémie de surcroit et suivant tout juste une élection fédérale, peut être très éprouvante. Raymond a travaillé d’arrache-pied pour en arriver au résultat de dimanche soir. Est-ce qu’il prendra le temps de se reposer ou bien si l’homme, dédié à son métier comme pas un, va tout de suite se remettre au boulot?

«L’assermentation est seulement dans neuf jours. Le mardi 16 novembre prochain, je serai officiellement assermenté comme maire et le soir même, j’ai déjà convoqué un conseil avec toute l’équipe. Mais d’ici là, après avoir fait des journées de 15 à 18 heures de travail, je vais prendre la semaine relaxe!» conclut Raymond.

Crédits photos : Page Facebook de l’Équipe Raymond Rougeau; archives personnelles de Raymond Rougeau