Club de foot Montréal

Une décision difficile à accepter

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Wilfried Nancy était furieux sur les lignes de côté quand on a refusé un but à Romell Quioto en seconde demie. Il s’était calmé après le match, mais il était toujours en colère.

Il était surtout remonté parce qu’Armando Villarreal s’est fié au jugement de Carol Anne Chénard, qui était responsable de la révision vidéo.    

«Si je commence par l’arbitre, ce n’est même pas lui qui est fautif, c’est la personne qui est responsable de la VAR.»

«Que l’arbitre se trompe pendant le match, il y a les émotions et le stress [qui sont impliqués], mais que la personne de la VAR se trompe alors qu’elle est assise et regarde un match et qu’il y a un mètre d’écart [pour éviter le hors-jeu], c’est un scandale», a lancé Nancy.

«C’est difficile d’accepter qu’on ait toute cette technologie et qu’on ait une personne sans pression qui prend une telle décision.»

N’empêche que l’équipe s’est elle-même placée dans cette position en laissant Orlando prendre l’avance sur une série d’erreurs et surtout en ne convertissant pas ses nombreuses chances de marquer en première demie.

«Oui, on doit mener 2 à 0 à la mi-temps parce qu’on a eu des opportunités», admet Nancy.

«Ils ont marqué sur un tir venu de nulle part, mais c’est comme ça», a-t-il ajouté un peu penaud.

Après, il n’a pas voulu s’acharner sur Sunusi Ibrahim, qui a raté la plus belle chance d’entre toutes avec un tir maladroit face à une cage déserte.

«Sunusi était un joueur qui avait besoin de comprendre [des choses] tactiquement. Il n’a pas su mettre ce but-là, mais il y a aussi Joaquin [Torres] qui n’a pas profité de son opportunité.»

Des regrets    

L’équipe aura certainement des regrets concernant ce match, mais il faut rappeler qu’elle n’a remporté qu’une seule victoire à ses six dernières rencontres de saison régulière, ne récoltant que 6 points sur une possibilité de 18.

«Aujourd’hui, c’était le jour décisif et c’est là qu’on devait gagner, a insisté le gardien Sebastian Breza. Ça ne sert à rien de penser aux occasions qu’on a manquées [avant ça].»

Mathieu Choinière, qui avait l’air abattu, s’est montré philosophe dans les circonstances.

«La non-qualification se joue sur toute la saison, on aurait pu se mettre à l’abri un peu à l’avance.

«Je ne pense pas qu’on a eu de mauvais moments dans nos derniers matchs, mais les choses n’allaient pas de notre côté pour mettre le ballon au fond du filet.»

Wilfried Nancy était du même avis, son équipe a raté des occasions de mieux gérer sa fin de saison.

«Ce n’est pas ce soir que nous avons perdu cette place en séries, nous avons eu des occasions d’avoir cette place.»

Fidèle à ses principes    

Ce que Wilfried Nancy retient, c’est que son équipe est restée fidèle à ses principes dans cette rencontre malgré l’enjeu qui était énorme.

«Je voulais que mon équipe joue comme elle l’a fait toute la saison même si c’était un match couperet.

«On peut regretter les points perdus, a poursuivi Nancy. J’aurais aimé que ça se termine différemment parce que les joueurs méritaient de faire les séries.»

L’heure du bilan n’est pas encore venue puisqu’il reste la finale du Championnat canadien, mais à travers la déception, il y avait aussi de la fierté chez Wilfried Nancy.

«Je suis très heureux de ce que nous avons fait cette saison.»

Au moins, il reste Toronto...    

Tout n’est pas perdu pour le CF Montréal même s’il a été écarté des séries éliminatoires.

L’équipe doit encore disputer la finale du Championnat canadien contre le Toronto FC, un match qui devrait être disputé d’ici la fin du mois.

«On a une finale, le groupe mérite de gagner cette finale-là par rapport à tout ce qu’ils ont fait», a soutenu Wilfried Nancy qui entend donner une pause à ses joueurs le temps qu’ils digèrent l’élimination.

Mathieu Choinière espère de son côté que cette finale permettra à l’équipe de couronner sa saison par une fin positive.

«C’est un objectif très important. Au moins, la saison ne se finit pas sur une note négative, il nous reste encore ce championnat à jouer. Ça serait bien de pouvoir remporter le championnat ici.»

Lors de son long point de presse d’après-match, Wilfried Nancy a souvent parlé avec émotion et il est revenu sur le fait que personne ne croyait en son équipe en début de saison.

«Tout le monde a dit que Montréal serait dernier, mais ils ne me connaissaient pas en tant que coach et ne connaissaient pas les nouveaux joueurs non plus», a-t-il fait remarquer.

«Quand j’ai hérité du groupe, j’ai vu qu’on avait un beau potentiel. Olivier [Renard] a fait un bon travail pour trouver des jeunes et de mon côté, je devais le faire éclore sur le terrain.»

Et on se demande ce que cette équipe aurait pu faire si tous les matchs locaux avaient été joués au Stade Saputo. On se demande aussi de quoi aurai eu l’air l’équipe si Mason Toye n’avait pas raté les trois derniers mois.

Des émotions à la tonne    

Wilfried Nancy semble être un homme relativement calme et cartésien dans la vie de tous les jours, mais il a reconnu qu’il a souvent été envahi par l’émotion cette année.

«Je fais ce métier-là pour avoir des émotions. Les résultats, c’est une conséquence de tout ce qui va se passer.

«Mon staff le sait, je peux avoir la chair de poule quand j’ai des émotions. Toute l’année, pendant certains moments».

Et de l’émotion il y en avait partout dans le stade aujourd'hui avec une salle presque comble, une première cette saison.

Point de presse de Breza -

Point de presse de Mathieu Choinière -