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Baseball

«Eurotrip» grâce au baseball

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Il est beaucoup plus commun de voir un Québécois s’exiler en Europe pour jouer au hockey. Sam Bélisle-Springer, lui, a profité de ses talents de lanceur au baseball pour évoluer en France et en Allemagne au cours des derniers mois.

Dès le départ, lors de l’entrevue via FaceTime, la spectaculaire moustache qu’arbore l’athlète de 27 ans originaire de Rigaud, en Montérégie, donne le ton.  

«C’est ma moustache française», qualifie-t-il, en riant. 

Bélisle-Springer est de bonne humeur, même si la récente défaite de son équipe, les Templiers de Sénart, en finale du championnat de France de baseball a été difficile à digérer. Il faut dire que le lanceur québécois a été au coeur de l’action, c’est le moins qu’on puisse dire, oeuvrant pendant 17 manches dans les deux derniers matchs de la série qui se tenaient dans le cadre d’un programme double. 

«J’ai fait 207 lancers ce jour-là, selon les statistiques de la ligue, précise-t-il, Je ne comprends toujours pas comment on a fait pour ne pas gagner.» 

Bélisle-Springer a d’abord réalisé un match complet de neuf manches, accordant un seul coup sûr aux Huskies de Rouen, dans la quatrième partie de cette série 3 de 5. Les Templiers l’ont alors emporté 3 à 1 pour forcer la tenue d’une ultime rencontre. 

Renvoyé au monticule pour amorcer la partie décisive, après une courte pause de 40 minutes, le Québécois a permis un seul point en huit manches, mais les Huskies ont marqué trois fois en début de 10e pour finalement gagner 4 à 1 et enlever les grands honneurs. 

«C’est dur, ça fait une éternité que je n’ai pas gagné un championnat. Je pense que la dernière fois, c’était au niveau pee-wee AA, avec les Yankees du Lac St-Louis», dit Bélisle-Springer. 

Une expérience humaine  

Malgré le décevant résultat, l’artilleur québécois ne trace pas moins un bilan très positif de son aventure en Europe, au cours de laquelle il a également défendu les couleurs des Alligators de Solingen, dans le championnat allemand, plus tôt dans l’été. 

Certes, Bélisle-Springer ne gagnait pas une fortune: 600 euros par mois, tout au plus. Il en retient toutefois une superbe expérience sur le plan humain. 

«C’était une occasion pour moi de continuer de jouer au baseball et de vivre quelque chose de “cool”», affirme-t-il, rappelant que son objectif, au début de l’été, était de se tailler un poste avec Équipe Québec, dans la Ligue Frontier. 

On l’a toutefois retranché au camp d’entraînement. Faisant contre mauvaise fortune, bon coeur, Bélisle-Springer a profité de son passage en Europe pour voyager un peu. Le Québécois a notamment vécu des beaux moments à l’extérieur du terrain, selon ses intérêts qu’il qualifie lui-même de particuliers. 

«Je suis un peu un “nerd”, disons que j’aime beaucoup de choses que les autres joueurs de baseball n’aiment pas habituellement», dit-il, mentionnant au passage sa passion «presque maladive» pour les jeux de société. 

Dans la peau de Marius  

Parmi ses escapades, Bélisle-Springer s’ouvre sur une visite de quelques jours effectuée à Marseille, dans le sud de la France. 

«Je suis un grand amateur de l’oeuvre de Marcel Pagnol et quand je me suis retrouvé dans le port de Marseille et que j’ai vu le “ferry-boat”, je suis un peu devenu le personnage de Marius dans ma tête, raconte-t-il avec le sourire. C’est plus le capitaine [Escartefigue] qui est relié au petit traversier, mais je ne voulais pas non plus me prendre pour ce vieil alcoolique...» 

Outre les voyages, Bélisle-Springer souligne sa vie de colocataires avec Brandt, Shane et Jose, trois de ses coéquipiers en France. Un Québécois, deux Américains et un joueur natif de la Martinique rassemblés. 

«On a créé des amitiés pour la vie», résume-t-il. 

Si son objectif demeure de jouer au Québec l’an prochain, possiblement avec les Aigles de Trois-Rivières, Bélisle-Springer n’écarte pas la possibilité de voyager à nouveau, lui qui avait d’ailleurs évolué en Argentine, en 2017.