Football universitaire RSEQ

Une 18e finale de suite à la Coupe Dunsmore

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Ce ne fut pas parfait, ce fut même laborieux pendant près d’une demie. Mais l’explosivité du receveur Kevin Mital combinée à l’efficacité du quart Arnaud Desjardins a finalement propulsé le Rouge et Or de l’Université Laval en finale de la Coupe Dunsmore pour une 18e année de suite, samedi. Voyez les faits saillants du match dans la vidéo ci-dessus.

Ce gain de 30 à 10 aux dépens des Stingers de Concordia au Stade Telus permet aux hommes de Glen Constantin d’obtenir la chance de se venger de leurs vieux rivaux de l’Université de Montréal. L’affrontement aura lieu dimanche prochain au CEPSUM.

Pour la huitième année consécutive, la Coupe Dunsmore ira donc à l’une des deux puissances du circuit québécois. Dans l’autre demi-finale, samedi à Montréal, les Carabins ont triomphé aisément du Vert & Or de l’Université de Sherbrooke.

«Je suis vraiment content de la réponse des joueurs dans l’adversité», s’est réjoui l’entraîneur-chef du Rouge et Or, Glen Constantin, samedi.

«Sentiment d’urgence»

Car l’adversité, le Rouge et Or y a goûté pendant presque toute la première demie.

Durant la semaine, les joueurs avaient dit se méfier des Stingers de Concordia, malgré les deux victoires facilement acquises à leurs dépens durant l’automne.

Leur puissante offensive, menée par le surprenant quart Olivier Roy, leur a permis de combler de larges déficits en saison régulière et de filer quelques fois avec la rencontre, dont un gain inattendu contre les Carabins.

Mais cette fois, c’est Laval qui a connu un lent début.

Si bien que les joueurs de Constantin tiraient de l’arrière 10 à 6 dans les derniers instants de la première demie, coulés notamment par une interception de Desjardins que Zach Philion a retournée sur 33 verges pour le premier touché de la confrontation.

Sauf qu’alors que les dernières secondes du deuxième quart défilaient au chronomètre, Desjardins (24 en 29, trois touchés, une interception) a rejoint Mital dans la zone des buts pour le premier majeur du Rouge et Or.

«On a été pris d’un sentiment d’urgence, a reconnu le receveur, auteur de deux touchés dans le match. On voulait rentrer au vestiaire avec au moins un touché. On a bien “drivé” le terrain sur la séquence.»

«[L’interception], ç’a été une claque au visage, a poursuivi Mital. Il fallait se réveiller et c’est ce qu’on a fait pour le reste de la partie.»

Deuxième quart parfait

Et effectivement, dès la reprise des hostilités, le Rouge et Or était sorti de sa torpeur. Le quart de Laval a rejoint Vincent Forbes-Mombleau sur 18 verges dans la zone de touché. Malgré un attrapé contesté, sept points se sont alors ajoutés à côté du logo de l’UdeL.

Puis, Mital a repris là où il avait laissé dans les derniers moments de la première demie.

Dans ce qui s’est avéré le jeu le plus spectaculaire de la rencontre, le rapide receveur a capté la passe de son quart, a déjoué un rival et a ensuite semé trois rivaux pour parcourir les 68 verges qui le séparaient du touché.

«L’ailier défensif n’a pas été capable de me plaquer et après, c’était fini, a analysé Mital, sourire en coin. J’avais assez de vitesse. C’était un beau jeu, je crois, même si je ne l’ai pas encore vu.»

«Chaque fois qu’on lui met le ballon entre les mains, on sait qu’il y a de la magie qui va se passer, a louangé Desjardins. C’est un joueur assez spécial, et il l’a encore montré [samedi], avec un beau jeu à un moment important.»

Roy maîtrisé

Chez les Stingers, Olivier Roy n’a pas montré le brio qui a aidé son équipe à terminer la saison avec une fiche de 4-4, au troisième rang du football universitaire québécois.

Roy n’a réussi que 18 de ses 35 tentatives de passe et n’a lancé aucune passe de touché, lui qui en avait totalisé 18 durant la saison régulière, un sommet canadien.

«Depuis le début de la semaine, notre plan de match, c’est de les forcer à courir, a pointé le secondeur Charles-Alexandre Jacques. On voulait contenir le quart-arrière et on a juste exécuté notre plan de match.»

«Tout le mérite revient à [coordonnateur en défensive] Marc Fortier, a commenté Constantin. On a eu de bons résultats face à Concordia d’un point de vue défensif. On a fait une meilleure job pour contenir le quart-arrière, ce qui va nous servir, peu importe qui on joue.»

Des fleurs pour la défensive

L’entraîneur-chef du Rouge et Or, Glen Constantin, a louangé samedi l’effort défensif de son équipe face aux Stingers de Concordia.

Surtout en deuxième demie, alors que les visiteurs n’ont pas réussi à s’inscrire sur la feuille de pointage.

«On a perdu deux joueurs tôt dans le match [le garde Nicolas Guay puis Nathaniel Dumoulin Duguay, qui le remplaçait, blessés à une jambe], alors ç’a été plus difficile sur le plan des substitutions au début», a reconnu le pilote de Laval.

Mais la défensive du Rouge et Or a ensuite mis beaucoup de pression sur Olivier Roy, ne laissant que des miettes à celui que Constantin avait qualifié cette semaine de «meilleur quart de la conférence cette saison».

«Impressionnant»

L’entraîneur-chef se réjouissait notamment que son équipe n’ait eu qu’à effectuer 22 jeux défensifs.

«C’est impressionnant contre une aussi bonne offensive», a souligné Glen Constantin.

Ce dernier a aussi aimé la résilience de sa troupe alors qu’elle tirait de l’arrière au pointage.

«Je mets un peu ça sur le dos de la nervosité d’un jeune quart-arrière, a-t-il admis. Mais je suis vraiment content de la réponse des joueurs. Au départ, on ne lisait pas nécessairement bien le ballon.»

«Le [deuxième touché de Mital], c’est un bon exemple de ce qu’on peut faire quand on est concentré, a poursuivi le grand manitou du Rouge et Or.»

Un scénario à ne pas imiter la semaine prochaine

Les joueurs du Rouge et Or reconnaissaient samedi avoir connu un lent départ face aux Stingers de Concordia, qui menaient 10 à 6 à la fin de la première demie.

Mais ils étaient surtout conscients d’un fait : il ne faudra pas répéter pareil scénario contre les Carabins de l’Université de Montréal, dimanche prochain, car la pente sera beaucoup plus abrupte à remonter.

Surtout au cours d’une saison où ils ont encore à ce jour été incapables de battre leurs rivaux montréalais.

«Contre les Carabins, un lent départ, ça peut nous coûter cher, a concédé le receveur Kevin Mital, samedi. On va devoir travailler là-dessus toute la semaine et exécuter ce que les entraîneurs veulent qu’on fasse.»

«Encore une fois, on n’a pas connu une bonne première demie contre Concordia, a relevé le quart Arnaud Desjardins. Mais on s’est repris en deuxième demie, où on a très bien joué. C’est sûr que contre les

Carabins, on sait qu’on devra jouer quatre bons quarts.»

La faute aux plus jeunes ?

Le Rouge et Or mise sur un jeune groupe de joueurs cette saison, mais Mital ne croit pas que ce début de match laborieux soit lié à l’inexpérience de certains de ses coéquipiers ou à leur fébrilité.

«Au stade où on est rendu, tout le monde a bien vieilli au cours de la saison, a-t-il noté. Je pense qu’on a seulement connu un lent départ et qu’on a pris notre élan à la fin de la première demie et au début de la seconde.»

Correctifs à apporter 

Desjardins peinait pour sa part à expliquer le lent départ de l’équipe, mais le quart prenait une part du blâme.

«Personnellement, j’ai manqué des passes que je n’aurais pas manquées en temps normal, a souligné le pivot-recrue du Rouge et Or. Sinon, c’était un peu à cause du manque de synchronisme. Je ne connais pas la cause exacte, mais il va falloir régler ça pour la semaine prochaine.»

L'analyse de Charles-Antoine Sinotte -