SPO-ALEX-ANTHOPOULOS

Crédit : PHOTO COURTOISIE Mary DeCicco, MLB

MLB

Une conquête célébrée en famille pour Alex Anthopoulos

Publié | Mis à jour

Le Québécois Alex Anthopoulos n’était peut-être pas avec les autres membres de l’équipe sur le terrain à Houston, mardi soir, quand les Braves d’Atlanta ont célébré la conquête de la Série mondiale, mais le directeur général n’a pas moins savouré le moment.

«Je vais très bien, j’ai regardé le match avec toute la famille à la maison, a informé Anthopoulos, mercredi, dans un message texte transmis au réseau ESPN. Je suis très heureux.» 

Déclaré positif à la COVID-19 samedi, le directeur général a préféré garder ce secret, ne voulant courir aucun risque, ni devenir une distraction pour son équipe avant la fin de la série contre les Astros. Et bien que le triomphe des Braves représente un énorme accomplissement pour lui, la priorité demeure que sa femme Cristina ainsi que ses enfants Julia (11 ans) et John (9 ans) se portent bien.

Pendant que les Braves se dirigeaient vers une victoire de 7 à 0 dans le sixième match, le directeur général, à partir de chez lui en Géorgie, est donc allé tirer du lit son fils en fin de partie afin qu’il puisse vivre la conquête avec les autres. Un moment précieux, s’il en est un.

Pensée pour son père 

Le sort n'a pas si mal fait les choses alors que la famille représente une valeur primordiale pour Anthopoulos. Son fils porte d’ailleurs le même prénom que son père, selon la tradition grecque, un père qui est malheureusement décédé d’une crise cardiaque, le 15 mai 1998, lorsqu’Alex n’avait que 20 ans.

Le parcours d’un jeune homme originaire de Ville Mont-Royal qui, passionné par le baseball, a gravi les échelons jusqu’à devenir le directeur général d’une équipe championne n’est pas banal. Et dire que tout a commencé bénévolement chez les Expos de Montréal quand il répondait au courrier des partisans...

«Il n’y a aucun doute que ç’a été une aventure incroyablement longue, a admis Anthopoulos, mercredi, au sujet de cette première conquête de la Série mondiale en carrière, lors d’une entrevue accordée à la station de radio Sportsnet 590. Présentement, je regarde tout ça et avec une famille et des enfants. Je me dis que je ne sais pas comment je pourrais retourner en arrière et refaire ce que j’ai fait. Car c’était un parcours incroyable avec de nombreux sacrifices.»

Suivre son coeur 

Durant les deux années ayant suivi le décès de son père, Anthopoulos avait travaillé pour l’entreprise familiale, dans le domaine du chauffage et de la ventilation. Il sentait que c’était son devoir... Le diplômé en économie de l’Université McMaster a fini par suivre son cœur en se tournant vers le baseball. On lui a offert un salaire annuel de 25 000$ à sa première année officielle avec le club montréalais. Il a notamment utilisé ses épargnes au moment de vouloir apprendre les rudiments du métier de recruteur en Floride.

«À ma dernière année avec l’organisation des Expos, je touchais 38 000 $. Lorsque je me suis joint aux Blue Jays en 2003, mon salaire annuel était de 35 000 $, soit une diminution de 3000 $», précisait-il récemment dans une chronique de Rodger Brulotte publiée par «Le Journal de Montréal».

Un exploit à savourer 

Anthopoulos a eu l’occasion de faire ses preuves à Toronto, d’abord dans le domaine du recrutement. Il est ensuite devenu directeur général des Blue Jays, en 2009, lorsqu’il n’avait que 32 ans. Le Québécois avait lui-même pris la difficile décision de quitter Toronto après la saison 2015 à la suite de la nomination de Mark Shapiro à la présidence.

«Si je n’avais pas quitté Toronto, je n’aurais jamais été à Los Angeles, je n’aurais jamais été à Atlanta et je n’aurais pas gagné cette Série mondiale», a conclu Anthopoulos, durant son entretien avec Sportsnet 590.

Après un court séjour comme vice-président des opérations baseball chez les Dodgers de Los Angeles, Anthopoulos s’était effectivement joint aux Braves en novembre 2017 comme directeur général. Et c’est quatre ans plus tard, COVID-19 ou pas, qu’il savoure pleinement son premier titre de la Série mondiale. Il faudrait plus qu’un test positif à un virus pour empêcher Anthopoulos de profiter du moment.