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Laurent Duvernay-Tardif échangé

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Les admirateurs de Laurent Duvernay-Tardif peuvent remiser leurs chandails ornés du numéro 76 des Chiefs de Kansas City, car les Jets de New York ont fait l’acquisition du garde québécois à la date limite des transactions dans la NFL, mardi.

En retour de Duvernay-Tardif, les Chiefs ont obtenu l’ailier rapproché Dan Brown. Selon le journal «Kansas City Star», la transaction leur permettrait de libérer autour d’un million de dollars sous le plafond salarial. 

C’est tout un changement de décor pour le bon docteur, qui a vécu six saisons complètes au Missouri.

Après avoir fait une croix sur la saison 2020 afin d’apporter son aide au front dans la lutte contre la COVID-19, il a retrouvé sa place cet automne au sein de la formation régulière des Chiefs, sans toutefois regagner son poste de partant.

Au revoir difficile 

Laissé de côté lors des sept premiers matchs de l’équipe, il a été en uniforme lundi soir face aux Giants de New York, mais n’a pas vu de terrain.

«LDT» détenait une clause de non-échange dans son contrat, mais il a accepté de la lever puisqu’il croit pouvoir obtenir une meilleure opportunité de jouer à New York.

«Dire au revoir à Kansas City n’a pas été une décision facile. Quand j’ai décidé de ne pas jouer l’an passé, je me suis promis de faire tout en mon pouvoir pour revenir sur le terrain. Le fait de me joindre aux Jets me donne la meilleure opportunité de jouer», a-t-il affirmé dans une déclaration écrite.

«Je suis excité par cette nouvelle étape de mon aventure et de faire partie de l’organisation des Jets. Je crois fortement en ce qu’ils construisent et je suis reconnaissant d’en faire partie. Go Jets!», a-t-il ajouté après avoir chaleureusement salué les partisans des Chiefs et ses partisans canadiens.

Duvernay-Tardif a donc pris son vol vers New York en soirée et passera les tests physiques mercredi.

Les Jets sont du match du jeudi soir face aux Colts d’Indianapolis, mais compte tenu des délais serrés, il est plus probable de voir «LDT» en uniforme la semaine suivante, le 14 novembre, face aux Bills de Buffalo.

Avec les Chiefs, il y avait énormément de profondeur sur la ligne offensive. Avec les Jets, il a une opportunité de jouer, même si rien ne lui a été promis. Il pourrait voir du terrain plus tôt que tard», a laissé entendre son agent, Sasha Ghavami.

New York le voulait 

Selon ce dernier, même si Duvernay-Tardif était attaché aux Chiefs et qu’il vit un tourbillon d’émotions, il se réjouit de prendre la route de la Grosse Pomme.

«Laurent n’a pas demandé un échange. Les Jets ont communiqué avec les Chiefs pour démontrer leur intérêt. Considérant que Laurent détenait une clause de non-échange, on a été avisé et la réflexion a commencé. Ultimement, c’était sa décision.»

«Quand une équipe montre autant d’intérêt, c’est flatteur. Les Jets le voyaient dans leur ligne de mire depuis un certain temps. Ils voient beaucoup de positif dans son jeu et il a encore beaucoup de football à donner», a mentionné Ghavami.

Joueur autonome 

Difficile pour l’instant de savoir si Duvernay-Tardif s’associera à long terme aux Jets. En mars, il deviendra joueur autonome. Il aura le loisir de poursuivre l’aventure à New York, de se laisser courtiser par une autre équipe s’il finit la saison de manière concluante ou même d’accrocher ses épaulettes.

«On n’a pas parlé du futur pour l’instant et on s’en tient à ce qui est le mieux pour lui à l’heure actuelle. Il a maintenant une occasion de jouer au sein d’une équipe qui le valorise», a répondu son agent, en insistant sur le fait qu’il n’y a aucune amertume entre son client et les Chiefs.

Rien de négatif dans la reconstruction des Jets 

Laurent Duvernay-Tardif se retrouvait au sommet de la pyramide du football en remportant le Super Bowl, en février 2020. Il rejoint aujourd’hui une équipe qui ne s’est pas qualifiée pour les éliminatoires depuis 2010.

Avec les Chiefs depuis son arrivée dans la NFL en 2014, l’ancien de l’Université McGill a pris part aux séries à cinq reprises, a remporté 66 matchs réguliers et n’a connu qu’un entraîneur-chef en Andy Reid.

Durant la même période, les Jets n’ont gagné que 39 fois et en sont à leur quatrième pilote. Leurs insuccès n’ont toutefois pas été considérés comme un facteur déterminant par «LDT».

«Beaucoup de gens vont parler des performances des Jets parce qu’ils sont en reconstruction, mais il ne faut pas oublier que lorsque Laurent s’est joint aux Chiefs, ils ne vivaient pas des années faciles non plus», a dit son agent Sasha Ghavami.

«Faire partie de ce processus n’est pas forcément négatif, ajoute-t-il. On estime que les gens en place chez les Jets, que ce soit "coach" [Robert] Saleh ou le directeur général Joe Douglas, ce sont de bonnes têtes de football.»

Moins de profondeur 

À New York, il suffit de jeter un coup d’œil à la formation partante des Jets pour comprendre qu’il pourrait rapidement se retrouver comme garde à droite partant. Le titulaire actuel, Greg Van Roten, ne casse rien et Duvernay-Tardif pourrait servir de mentor à son nouveau coéquipier à gauche, la recrue Alijah Vera-Tucker.

«Laurent n’est pas un simple passager qui revient et qui se contente de regarder. En fier compétiteur, il veut jouer», a rappelé Ghavami.

Reste à voir quel numéro portera «LDT» avec son nouveau club. Le 76 qu’il a toujours arboré dans la NFL appartient au bloqueur George Fant, tandis que le 66 qu’il portait à McGill revient au centre Ross Pierschbacher.