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CH: «Cette année, on peut oublier ça»

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Le misérable début de saison du Canadien de Montréal devrait inciter le propriétaire Geoff Molson et les autres têtes dirigeantes de l’organisation à se poser de sérieuses questions, selon l’ancien défenseur Alexandre Picard, qui croit que l’équipe devrait se concentrer déjà sur la campagne 2022-2023 et le repêchage amateur prévu au Centre Bell l’été prochain.

Avec deux gains en 10 matchs jusqu’ici, le Tricolore a fortement compromis ses chances de qualification aux séries éliminatoires. Rien ne va sur la patinoire et les explications sont nombreuses aux yeux de Picard et de l’animateur de la chaîne TVA Sports Louis Jean. D’après le premier des deux hommes, beaucoup d’électrochocs ont été prodigués au groupe en place et les performances potables ne sont pas encore au rendez-vous.

«Je pense qu’un échantillon de 10 matchs donne un bel aperçu de l’équipe et je pense que le sentiment d’urgence d’agir n’a tout simplement jamais embarqué. On a tout essayé : [Dominique] Ducharme est sorti dans les médias après les matchs pour mitrailler son club et les joueurs n’ont pas répondu; Marc Bergevin a pris le podium il y a une semaine et demie pour parler, prendre un peu de pression, et ça n’a pas fonctionné; Bergevin est allé dans le vestiaire après le match contre les Kings de Los Angeles et le lendemain, face aux Ducks, on était fatigué et amoché, et on n’a pas gagné», a énuméré l’ex-porte-couleurs du Canadien pendant le plus récent balado «Temps d’arrêt».

«On a même sorti Shea Weber des boules à mites et ça n’a pas marché non plus.»

D’après lui, il vaut mieux passer à l’étape suivante le plus rapidement possible.

«Je pense que cette année, on peut oublier cela. Il faut regarder en avant. On reçoit le repêchage 2022 au Centre Bell. [...] Comme entreprise, le Canadien en ce moment et Geoff Molson doivent se poser un paquet de questions», a-t-il dit.

Et les coupables sont...

Justement, autant les partisans que les journalistes et chroniqueurs ont tous leurs propres raisons pour expliquer les insuccès des Glorieux. Pour Picard, il faut d’aborder jeter un coup d’œil en direction des joueurs.

«Je vois leur façon de jouer et ils écopent de punitions. C’est le thème qui revient toujours : on est indiscipliné, ça n’a aucun bon sens. Encore une fois contre Anaheim [dimanche], ç’a été deux buts donnés en six occasions, a-t-il déploré. Tu ne peux pas gagner en étant indiscipliné, les joueurs sont trop bons dans la Ligue nationale. Ils vont te faire payer le prix en avantage numérique.»

Toutefois, il y a plus, note Picard, en évoquant le bilan du responsable du recrutement chez le Tricolore, Trevor Timmins.

«Dans l’édition actuelle, et j’ai inclus Carey Price, il y a seulement six joueurs qui ont été repêchés par l’organisation, a-t-il rappelé. Dans les dernières années, on a échappé beaucoup de gars, par exemple, un [Michael] McCarron qui ne s’est pas développé. Si on regarde les clubs qui ont du succès ou qui sont toujours dans les meilleurs, il y a le Lightning de Tampa Bay qui a 12 joueurs dans sa formation qu’il a repêché. [...] Washington en a 11, les Islanders, 12, les Blues, 11.»

«Avec le plafond salarial, tu as tellement besoin de tes jeunes joueurs, de bien repêcher et de ne pas en échapper trop. Le repêchage n’est pas une science exacte. Je ne dis pas que Trevor Timmins devrait frapper un circuit à chaque fois, mais quand tu repêches un joueur, tu dois t’assurer de bien l’encadrer, le développer.»