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Du Tim Hortons, un burger et... quatre heures avec Steve Yzerman!

Publié | Mis à jour

Vous avez l’occasion de passer quatre heures en voiture avec Steve Yzerman. Vous n’êtes que vous et lui. 

De quoi parlez-vous et surtout... comment vous comportez-vous?      

Souvent, ce genre de scénario est imaginé par une gang de «chums» qui, bière à la main et réunis autour d’un feu, s’amusent à plonger dans un univers fictif qu’ils savent impossible.

Sauf que pour Joe Veleno, un jeune espoir québécois des Red Wings de Detroit, l’univers fictif s’est transformé samedi en un événement concret : il s’est bel et bien retrouvé sur le siège passager de la voiture de Steve Yzerman, son directeur général. Oui, le même Steve Yzerman qui a récolté 1755 points en 1514 matchs dans la Ligue nationale de hockey. Et oui, le «tête-à-tête» a duré quatre heures.

Se retourner sur «un dix cennes»      

Vendredi soir, 22h. Veleno, confortablement installé dans sa chambre d’hôtel de Grand Rapids (il a débuté la saison chez les Griffins, dans la Ligue américaine), s’apprête à aller au lit. Soudain, son téléphone sonne. Au bout du fil, Yzerman. 

«Steve m’a annoncé que j’étais rappelé par les Red Wings. Il voulait que je rejoigne l’équipe à Toronto. Ce fut alors le début d’une course contre la montre.»

S’en suit alors une succession d’événements aussi loufoques qu’invraisemblables qui mèneront, moins de 24h plus tard, le jeune homme au Scotiabank arena de Toronto... où il jouera un match de la LNH, son sixième à ce jour. 

«J’ai dû appeler le préposé de l’aréna d’entraînement des Griffins en fin de soirée . Nous nous sommes rejoints là-bas et il m’a débarré la porte pour que je récupère mon équipement et mes bâtons. Je suis retourné à l’hôtel et j’ai entreposé tous mes trucs dans un petit local du lobby.»      

Veleno se couche finalement vers 1h30 du matin.

«Le lendemain, je me suis suis levé vers 6h. J’ai dû quitter Grand Rapids pour Detroit, où je devais rejoindre le Little Caesars arena (domicile des Red Wings) pour subir mon test COVID. J’ai donc conduit pendant 2h30. Dans ma tête, je prenais ensuite l’avion vers Toronto.»

Surprise de taille       

L’attaquant natif de Montréal est toujours à l’aréna lorsqu’il reçoit un autre appel d’Yzerman. 

Sceptique, il décroche. 

«Steve m’annonce qu’il doit lui aussi se rendre à Toronto, mais qu’il y va en auto. Il me propose alors un "lift". C’est certain que je n’allais pas refuser! Premièrement, parce que c’est Steve Yzerman et deuxièmement, parce que cette méthode était beaucoup plus simple que de prendre un vol commercial.»

La route qui relie Detroit à Toronto compte 333 kilomètres. On parle d’une balade d’environ 4h.

4h, aux côtés d’une légende vivante du hockey.

Crédit photo : Photo d'archives AFP

«C’est sûr que j’étais gêné, au départ!», lance Veleno en riant. 

«Tu ne veux pas dire n’importe quoi devant lui. Mais il m’a mis à l’aise très rapidement. C’est un homme très sympathique.»

Et la question à 1000$ : de quoi ont-ils parlé? 

«Évidemment, on a parlé un peu de l’équipe et de hockey en général. Mais il y avait aussi un match de football de Michigan State à la radio et nous aimons tous les deux cette ligue et ce sport, donc nous en avons jasé pas mal également.»

À la mi-trajet, le manque de sommeil des dernières heures rattrape toutefois Veleno. Il s’endort... toujours assis aux côtés d’Yzerman! Pas si gêné que ça, finalement! 

«Je me suis finalement réveillé parce que je devais manger. Nous étions pressés. Mon repas d’avant-match fut... du Tim Hortons! C’est la seule chose que j’ai mangée avant la partie. 

«J’avais un peu faim à l’aréna, donc les entraîneurs m’ont apporté un burger et une salade, mais je leur ai dit que je ne pouvais pas manger ça avant une partie! J’ai donc mangé quelques collations et je suis sauté sur la glace.»

Soirée de rêve      

Une fois sur la patinoire contre les Maple Leafs, ni la fatigue, ni les émotions d’une folle journée, ni même l’atypique repas d’avant-match de Veleno ne paraissent. 

En troisième période, Toronto mène 3-1 lorsque le Québécois, laissé seul dans l’enclave, reçoit une passe et dégaine rapidement. Son tir trouve le fond du filet et... Bingo! Son deuxième but dans la LNH. Aussi «simple» que ça.

Veleno ajoutera également une aide un peu plus tard dans la partie. Il termine sa soirée de travail avec un but, une aide, trois tirs, deux mises en échec et un différentiel de +2. Tout ça en 12:28 sur la patinoire! 

Si Detroit a tout de même baissé pavillon 5-4 devant les Torontois, l'ancien de la Ligue de hockey junior majeur du Québec peut quand même être très fier de lui. Personne n'aurait pu se douter de l'éreintante journée qu'il venait de passer en le voyant «voler» sur la patinoire.

Objectif clair       

Évidemment, Veleno espère voir son séjour avec les Red Wings se prolonger longtemps, cette fois. Il en était à une deuxième audition avec le «grand club» depuis sa sélection il y a trois ans.

Repêché en première ronde lors du repêchage de 2018, le jeune homme a connu de très bons moments dans la LAH. Mais il croit que son heure est venue et il sait maintenant ce qu’il doit faire pour s’établir à Detroit pour de bon.

«Si je joue toujours de la même façon que samedi, je demeurerai avec les Red Wings.»

Et il n’aura plus à s’enfiler les longs trajets d’automobile les jours de match. À moins que sa folle journée avec Steve Yzerman lui ait donné envie de recommencer?