Gilles Villeneuve

Crédit : Le Journal de Montreal

F1

Le banquet des retrouvailles

Louis Butcher

Publié | Mis à jour

Il y a un an, Alain Bellehumeur lançait un véritable cri du cœur pour sauver le musée Gilles-Villeneuve qu’il dirige depuis sa fondation en 1988.

La pandémie n’a pas épargné cet établissement érigé à Berthierville, ville où le célèbre pilote automobile a vécu son enfance. Si bien que son avenir, faute de ressources financières, a été remis en question à plus d’une reprise.

Aujourd’hui, le musée vit d’espoir, en espérant que le retour éventuel à la normalité va permettre de renflouer ses coffres et surtout de relancer un projet d’agrandissement freiné par la crise sanitaire.

Ce contexte défavorable a forcé non seulement la fermeture temporaire du musée pendant un peu plus de 150 jours, mais aussi l’annulation des deux événements qui représentent ses principales sources de revenus.

Des touristes convoités

«C’est un manque à gagner d’environ 100 000 $», a fait savoir Alain Bellehumeur, en entrevue avec Le Journal, à l’occasion du Banquet du musée Gilles-Villeneuve tenu jeudi soir à l’hôtel InterContinental à Montréal, après un an d’absence.

«Sans banquet et sans Grand Prix du Canada de Formule 1 [rayé du calendrier de la F1 pendant deux ans], la situation s’est aggravée, souligne-t-il. Habituellement, le musée ne réalise ni profits ni pertes. On réussit à arriver kif-kif.»

«Si bien qu’on a utilisé la marge de manœuvre qui était destinée à notre projet d’agrandissement, a-t-il renchéri. Comme beaucoup d’entreprises, il a fallu emprunter de l’argent qu’on devra un jour rembourser.»

La semaine du Grand Prix est celle qui attire le plus de touristes internationaux à Berthierville. Ils achètent beaucoup de souvenirs à la boutique. Mais ces visiteurs convoités ne sont pas venus depuis plus de 16 mois.

«Néanmoins, on est fiers d’avoir tenu le coup malgré tout, raconte M. Bellehumeur. On a appris récemment la fermeture du musée Grévin, a-t-il rappelé. Notre établissement n’a pas cette ampleur, mais au moins, on a survécu grâce à notre acharnement et à la contribution de nos bénévoles.»

«On a réussi à organiser notre banquet et on se croise les doigts pour que le Grand Prix du Canada ait lieu en juin prochain.»

Les amateurs de courses avaient hâte de se revoir et de partager leur passion.

«Ils étaient plus nombreux à notre banquet cette année qu’en 2019», a constaté M. Bellehumeur.

«Ce sont de belles retrouvailles», a-t-il ajouté.

C’est aussi une bonne nouvelle que la ministre du Tourisme du Québec, Caroline Proulx, ait accepté de participer au banquet.

«Je suis honoré par sa présence, a dit le directeur général du musée. Nous sommes l’attraction la plus internationale de sa circonscription [Berthier]. On a fait nos preuves et on a juste besoin d’un coup de pouce.»

Piste de karting

Dans son projet d’agrandissement, le musée Gilles-Villeneuve souhaite aménager une piste de karting électrique.

«C’est un investissement important, mais on parle ici de valeur ajoutée, de prétendre Alain Bellehumeur. On veut que les gens viennent au musée plusieurs fois par année. Pas une fois à tous les 10 ans. On veut également organiser quelques expositions thématiques et ajouter des objets qui, faute de place, sont actuellement entreposés.»

L’année 2022 marquera le 40e anniversaire du décès tragique du pilote Gilles Villeneuve au circuit de Zolder, le 8 mai 1982. On imagine qu’autant le Grand Prix du Canada, qu’il avait remporté en 1978, que le musée qui porte son nom vont organiser une série d’activités pour nous rappeler les prouesses de ce grand ambassadeur fauché en pleine gloire.