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Canadiens de Montréal

Un réveil brutal pour Riley Kidney

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Riley Kidney l’admet sans détour: il a reçu une bonne claque au visage à son premier camp professionnel avec le Canadien de Montréal.

Dans le sens figuré, évidemment. Choix de deuxième ronde du Tricolore au dernier repêchage, l’attaquant du Titan d’Acadie-Bathurst n’a pas fait partie des 70 joueurs invités au camp principal de l’équipe en septembre dernier.

Un coup dur pour un joueur de talent qui n’avait pas été habitué à se faire dire non dans le hockey.

«Je n’ai pas joué mon style, a-t-il admis lorsque le “Journal” l’a rencontré mercredi soir, avant le match entre le Titan et les Remparts de Québec. J’ai été un peu pris par surprise en arrivant là-bas. Les gars sont plus gros, plus forts et plus physiques. [...] Je ne savais pas à quoi m’attendre au départ et ça m’a ouvert les yeux sur ce que je devais améliorer.»

Le joueur de centre n’a toutefois pas laissé cette déception l’affecter. Depuis son retour à Bathurst, il mène la charge pour le Titan en l’absence d’Hendrix Lapierre, toujours avec les Capitals de Washington. Avant les matchs de mercredi, il venait au deuxième rang des pointeurs de la LHJMQ avec 17 points en 11 parties.

«Je sais que je n’ai pas été à mon meilleur à Montréal et ça me sert de motivation. Je voulais revenir à Bathurst et détruire la LHJMQ. Je veux prouver au Canadien quel genre de joueur je suis et jusqu’à présent, je pense que c’est ce que je fais.»

La barre est haute

Considéré comme un bon espoir l’an dernier, Kidney a fait exploser sa valeur auprès des équipes de la LNH avec sa prestation en séries éliminatoires alors qu’il avait récolté 17 points en neuf matchs avec le Titan.

Non seulement a-t-il démontré aux formations de la LNH ce dont il était capable mais, aussi, à son entraineur-chef Mario Durocher.

«L’erreur de Riley, c’est qu’il m’a montré durant les séries qu’il était capable de faire ce que je doutais de lui, que ce soit au niveau de l’ardeur au travail, de jouer physique et de gagner ses batailles à un contre un. Tout ça, je l’ai vu dans les séries l’an dernier et maintenant, je ne peux pas lui demander moins que ça. C’est grâce à ça qu’il a gagné sa sélection en deuxième ronde.»

Pour l’entraîneur, la mission de son talentueux no. 12 est maintenant d’apprendre à pratiquer ce style, soir après soir.

«Maintenant, il doit travailler sur sa constance. Pour qu’une organisation te donne 3, 4, 5 ou 6 millions $, il ne faut pas que tu joues 40 matchs sur 80. Tu dois te présenter à chaque soir, prendre soin de ton corps, manger comme du monde. C’est d’ailleurs la première chose que les dix joueurs de notre équipe qui ont pris part à des camps professionnels m’ont dit en revenant : en haut, les gars font attention à leur corps.»

Collaboration

Chose certaine, Kidney aura toutes les chances de se faire valoir et de travailler sur son jeu avec le Titan. En l’absence de Lapierre, il est la pierre angulaire de l’attaque.

«J’aime être le gars sur qui l’équipe compte en attaque. J’aime avoir la pression de savoir que les autres formations vont me rendre la vie difficile à chaque soir. Je pense que ça va m’aider pour le reste de ma carrière.»

Parce que sur le plan offensif, Kidney a tout ce qu’il faut pour connaître une belle carrière professionnelle, estime Durocher.

«C’est l’un des meilleurs marqueurs de la ligue et il apporte beaucoup en attaque. Le Canadien m’a dit que son jeu défensif était A1. Je sais, moi, que sa force c’est son attaque mais je suis content d’entendre qu’il a fait attention à son jeu défensif. Par contre, ce n’est pas pour ça qu’il sera étiqueté dans la LNH. Il faut quand même qu’il ne l’oublie pas parce que si tu veux faire des points, il faut que tu sois capable d’aller récupérer la rondelle. Il veut jouer pro et c’est à nous de serrer une vis qui, parfois, n’a jamais été vissée.»