Crédit : AFP

LNH

«J'avais l'impression qu'il y avait de la cocaïne partout» - Colin Wilson

Publié | Mis à jour

L’ancien attaquant de la Ligue nationale de hockey (LNH) Colin Wilson a pris la plume pour parler des problèmes de consommation de drogue l’ayant tenaillé lorsqu’il jouait.

Lundi, l’homme de 32 ans a publié un puissant texte sur la plateforme «The Players’ Tribune». C’est la deuxième fois que Wilson utilise celle-ci pour parler de ses difficultés. L’an dernier, il avait révélé qu’il souffrait d’un trouble obsessionnel compulsif.

Dans sa plus récente missive, l’Américain a expliqué qu’il n’avait pas parlé de ses problèmes de consommation parce qu’il en avait honte. La mort de Jimmy Hayes l’a toutefois ébranlé et il a décidé de s’ouvrir sur cet aspect de sa vie.

Rappelons que Hayes, un ancien de la LNH, est décédé dans son sous-sol au mois d’août dernier. Il y a environ une semaine, la famille du défunt a révélé que du fentanyl et de la cocaïne avaient été trouvés dans son système.

«Quand j’ai vu l’histoire à propos de l’autopsie de Jimmy Hayes dans le "Boston Globe", tout ce que j'avais refoulé à propos de ma dépendance m'est revenu à l'esprit. Je suis sobre depuis deux ans et demi, et d'une certaine manière, je suppose, je pensais que j’avais vaincu ma dépendance. Mais tu ne t’en débarrasseras jamais. Tu vis simplement avec. Et ce qui est arrivé à Jimmy... cela aurait pu arriver à n'importe lequel d'entre nous. Cela aurait pu m'arriver», a écrit Wilson.

«Ressentir quelque chose»

L’ancien porte-couleurs des Predators de Nashville et de l’Avalanche du Colorado a révélé qu’il prenait des pilules pour dormir et du cannabis depuis la jeune vingtaine. Il s’est également ouvert sur sa consommation de cocaïne.

«Quand je sortais, j'avais l'impression qu'il y avait de la cocaïne partout. J'avais l'impression qu’au moment où je sortais pour la nuit à New York, Los Angeles ou Vegas, que quelqu'un avait toujours de la cocaïne.»

«Alors, quand j'avais 22 ans, je l'ai fait. Parce que comme tant d'utilisateurs de cocaïne, j'étais juste un enfant perdu qui voulait ressentir quelque chose. Ce que je voulais ressentir, ce que j'avais besoin de ressentir, pouvait être différent du gars à côté de moi. Mais il était là, juste devant moi, m'offrant le contrôle de mon esprit, de mes sentiments, ne serait-ce que pour la nuit. Je ne le faisais pas souvent au début. Une ou deux fois par an. Mais à 28 ans, je le faisais toutes les quelques semaines. Et ces nuits m'ont ruiné. Parce que ces nuits sont devenues les seules où je pouvais ressentir quelque chose.»

«J'étais simplement un toxicomane. J'étais dans la LNH. Je marquais des buts. J’ai joué une finale de Coupe [Stanley]. Je vivais le rêve. Mais j'étais accro. Et je ne savais même pas que j'avais un problème. Je ne fais la fête que toutes les deux semaines, me disais-je. Je passais des semaines sans rien faire, puis je recommençais et j'avais peur de qui je deviendrais quand il faisait noir, quand mon esprit avait besoin de paix. C'était un processus lent. C'était insidieux. Mais à un moment donné, j'ai franchi cette ligne invisible où je ne pouvais plus trouver l'interrupteur. Je ne pouvais pas freiner le sentiment de vouloir être défoncé.»

En faire plus

Sobre depuis quelques années, Wilson termine son texte en demandant à la LNH et aux autres ligues professionnelles d’en faire davantage pour éradiquer le fléau des problèmes de consommation.

«Je tiens également à préciser une chose : la LNH et le programme d'aide aux joueurs de l’Association des joueurs ont fait du bon travail dans ce domaine. Ils m'ont tellement aidé. [...] Mais je pense que la ligue, comme toutes les ligues majeures, peut faire plus avec ce qui se passe en ce moment. Le sport n'est qu'un microcosme de la société et nous pouvons tous y jouer un rôle.»

«Et nous devons dire les vraies choses : c'est une crise. D’ici la fin décembre, il y aura eu plus de 100 000 décès par surdose aux États-Unis en 2021. En fait, les surdoses de drogue sont désormais la principale cause de décès chez les Américains de moins de 50 ans.»

Concrètement, Wilson demande qu’on arrête d’avoir peur de parler ouvertement des problèmes de consommation.

«En tant qu'athlète professionnel, chaque fois que je pensais demander de l'aide à quelqu'un, je figeais. Cela semblait si risqué. Cocaïne n'est qu'un de ces mots qu'on ne dit pas. Pas dans les bureaux. Pas dans les vestiaires. Et pas assez.»