Louis Jean

En voulez-vous, du «leadership»?

En voulez-vous, du «leadership»?

Louis Jean

Publié 20 octobre
Mis à jour 20 octobre

«C’est le "leadership" du Canadien qui fait défaut.»

C’est l’argument facile en ce début de saison. 

Autrement dit, si on avait de VRAIS leaders, le Canadien ne serait pas dans une position aussi fâcheuse. Je peux comprendre jusqu’à un certain point. Le capitaine n’est plus là. Le gardien de but étoile manque à l’appel. Non seulement l’équipe a perdu ses quatre premiers matchs, mais elle n’a récolté aucun point au classement. L’attaque, qui devait être la force du club, ne produit pas.   

Mais honnêtement, je trouve que l’argument du «leadership» est facile. Steve Yzerman était un mauvais leader jusqu’à ce que les Red Wings gagnent une Coupe Stanley? Soudainement, un championnat et tout change? Voyons. Et c’est quoi au juste, du «leadership» ? En voici une définition.

«Leadership» est un anglicisme qui signifie «fonction, position du leader» ; le terme désigne donc l'influence d'un individu sur un groupe.

On peut facilement penser à Shea Weber ou Carey Price en lisant la dernière partie. C’est drôle, mais je ne vois pas un manque de «leadership» chez le Canadien. Je vois une équipe un peu perdue, une équipe qui, inconsciemment, pensait que les choses allaient être faciles en ce début de saison. Peut-être même une équipe qui ne s’est pas encore remise de sa défaite en finale. 

Mais un manque de «leadership»? Pas du tout. La sortie de Jeff Petry après la défaite de 5-0 contre les Sharks de San Jose mardi, pour moi, c’est de l’imputabilité et du «leadership».

Les propos de Brendan Gallagher qui ramène tout le monde au concept d’équipe et qui essaie de calmer la tempête sans s’esquiver, c’est du «leadership». Le jeu de Jack Allen, qui ne l’a pas eu facile en raison du manque d’offensive, c’est du «leadership».

La sortie inattendue de Marc Bergevin, mercredi, c’est ça du «leadership».

Malaise   

On n’a pas exactement le contexte, ni tous les détails sur le différend entre Geoff Molson et son directeur général en ce qui concerne la prolongation de contrat de ce dernier. Ce qui ne laissait aucun doute, toutefois, est que cette décision d’amorcer la saison dans l’incertitude allait être une source de distraction qui allait planer au-dessus de l’équipe. Quand on ajoute le mauvais début de saison, tous les ingrédients sont réunis pour un beau fiasco.

Tout le monde a pu sentir le froid lors de la photo d’équipe, lundi. Bergevin ne sait pas trop ce que l’avenir lui réserve. En est-il à ses derniers milles avec l’équipe, ou sera-t-il là pour mener l’organisation pour les années à venir? 

Dans de pareilles circonstances, j’aurais pu comprendre le directeur général de se faire discret. De limiter les mêlées de presse. De faire son travail dans l’ombre.

Mais ça chauffe à Montréal. On critique le club et les joueurs. On remet en cause leur caractère et leur volonté. Ce même club qui (à quelques exceptions près - certaines importantes je l’avoue) s’est rendu en finale, que les partisans ont acclamé, se fait planter et certains, même, s’en moquent. 

Je comprends, ce sont les résultats qui comptent dans le sport professionnel. Par contre, je trouve que de remettre en question le «leadership» et le caractère des joueurs, surtout ceux qui, en pleine pandémie, se sont donnés corps et âme pour inspirer leurs partisans, est injuste.

Et même si c’était davantage au propriétaire de sortir de son mutisme, de mettre les choses au clair, de calmer le jeu c’est le DG qui l’a fait mercredi.

LOUIS JEAN -

Pourquoi? Parce que Marc Bergevin est un leader. Il l’a toujours été. Une autre preuve qu’il est l’homme désigné pour poursuivre le travail.

On dit que l’adversité expose un homme à lui-même. Le Canadien fait face à de l’adversité et Bergevin ne se défilera pas. Il ne se cachera pas. Il ne laissera pas son équipe couler. Et si c’est le cas, il va couler avec le bateau. S’il y a une certitude, c’est que Bergevin va se battre pour ses joueurs. C’est un gars d’équipe. Et il sera toujours là pour la défendre et la protéger.

Le hockey, ça se joue sur la glace. Peu importe le domaine, quand tu sais que ton patron te soutiendra dans la tourmente, tu vas tout donner pour lui. Bien hâte de voir la réponse de l’équipe jeudi, mais cette sortie de Bergevin pourrait être le coup de pouce dont l’équipe avait besoin.