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CF Montréal: l’importance des jeux arrêtés

CF Montréal: l’importance des jeux arrêtés

Patrice Bernier

Publié 19 octobre
Mis à jour 19 octobre

Le match entre le CF Montréal et l’Union de Philadelphie s’est soldé par un verdict nul. Plusieurs choses sont ressorties de ce duel, dont l’importance capitale pour la troupe de Wilfried Nancy d’être efficace sur les phases de jeux arrêtés.

Depuis le début de la saison, le CF Montréal se débrouillait quand même bien dans ce domaine avec seulement quatre buts encaissés sur 27, en 22 parties. Mais depuis les sept derniers duels, à partir du match contre Nashville SC le 12 septembre, le club en a accordé quatre autres; un contre Nashville sur la réalisation de Walker Zimmerman qui donné la victoire à l’adversaire 1-0, un autre contre Orlando, gracieuseté de Robin Jansson qui a remis Orlando dans la rencontre malgré qu’il jouait à dix hommes, et deux autres contre l’Union, qui avait permis à la formation de Philadelphie de créer l’égalité, puis de mener au pointage.    

Lors de ses 22 premiers matchs, le CF Montréal accordait environ 15% de ses buts sur des phases arrêtées. Lors des sept derniers, c’est 33%. Il ne reste que cinq matchs à jouer, dont trois sur la route, et il faudra limiter les buts de cette façon.

Et ce qui est intéressant, à l’opposé, c’est que le CF MTL est dans le top 10 de la ligue avec 29 buts marqués dans le courant du jeu. Cela s'accorde avec la philosophie de possession et de création à travers le jeu, mais seulement six buts sur situation de jeux arrêtés. Le but de Matko Miljevic pour ouvrir le pointage face à l'Union était le 6e. 

Au soccer, en général, les coups de pied arrêtés peuvent compter pour 25 à 35% des buts sur une saison. Les meneurs pour les buts en «CPA» sont les Sounders de Seattle (13), l'Union de Philadelphie (12) et le Revolution de la Nouvelle-Angleterre (11). Le club montréalais est dans le top 10 des pires équipes, en compagnie notamment du Fire de Chicago (13), du FC Cincinnati (13), du Dynamo de Houston (13) sur les phases de jeux arrêtés défensives. Évidemment, les dernières performances de l’équipe ont nui dans ce domaine. Les matchs de fin de saison seront serrés avec la course aux éliminatoires plus qu’exaltante. Les coups de pied arrêtés sont un aspect du jeu qui peuvent faire basculer une rencontre. Vous voulez un exemple parfait? Le dernier match contre Union de Philadelphie.

Nouvelle stratégie    

S’il y a une deuxième chose qui est ressortie du match contre l’Union, c’est bien la nouvelle stratégie utilisée par Wilfried Nancy en déployant un XI partant sans vrai attaquant. C’est plutôt Djordje Mihailovic qui était utilisé sur le front de l’attaque comme faux rôle d’attaquant. Le système déployé a été déstabilisant avec la multitude de déplacements entre les lignes pour la défense de l'Union.

Et il faut souligner la domination de possession du ballon du CF MTL, 612 passes tentées un sommet cette saison, et notamment avec 67% de réussite en première demie.

Et si l’on regarde la physionomie du match, le CF Montréal aurait dû sortir gagnant. Hormis les deux buts sur des jeux arrêtés, l’Union n’était pas menaçant dans le courant du jeu.

Pantemis le coupable?    

Plusieurs ont questionné à savoir si le gardien James Pantemis était le coupable des deux buts de l’Union. Je crois que le problème a vraiment été le marquage des joueurs et non le gardien. Tout d’abord, Jakob Glesnes était complètement libre sur le premier but même s’il n’a pas touché le ballon, sa course a déséquilibré le gardien montréalais. Sur le deuxième filet, Pantemis avait la vue bloquée par une marée de joueurs devant lui sur un coup franc frappé court.

Selon moi, c’est plus une question de volonté dans le marquage et d’agressivité pour attaquer le ballon.

Record pour Mihailovic    

En terminant, une petite mention pour souligner le record de Djordje Mihailovic, qui a surpassé la marque d’Ignacio Piatti de 13 passes décisives en une saison. Et il lui reste cinq matchs pour améliorer sa nouvelle marque.

Toujours en parlant de Mihailovic, j’aimerais qu’il soit plus individuel par moment. Même s’il cherche à bien faire paraître ses coéquipiers, il a souvent l’opportunité d’être plus décisif par lui-même. Une marge de progression à suivre, car il n’a que 22 ans.