Club de foot Montréal

Wilfried Nancy et l’art des bons choix

Publié | Mis à jour

On a dit à plusieurs reprises cette saison que Wilfried Nancy avait la main heureuse avec ses substitutions et les chiffres le prouvent.

Quand Sunusi Ibrahim a inscrit le but égalisateur pour le CF Montréal dans le temps ajouté contre Philadelphie, samedi après-midi, c’était une huitième réussite par un joueur entré en cours de match cette saison.

C’est surtout une nouvelle marque d’équipe, ce qui prouve que les changements apportés par l’entraîneur-chef de première année sont efficaces.

«Avec mon "staff", on essaie d’anticiper un peu le match, de voir ce que l’on peut faire à certains moments», explique d’abord Nancy en conférence de presse (à voir dans la vidéo ci-dessus).

S’il y a beaucoup de ressentis dans les décisions, elles sont néanmoins très réfléchies.

«Durant la semaine, on regarde des choses, poursuit Nancy. Il y a parfois de l’intuition, mais c’est aussi une considération tactique. [Mustafa] Kizza, on l’a fait entrer en raison de sa qualité de centre et parce qu’on le sentait frais.»

Ses décisions, il les prend aussi en fonction de ce qu’il voit au cours de la première demie et des besoins que son équipe peut avoir pour terminer la rencontre.

«À la mi-temps, j’aime aussi m’isoler et voir ce que l’on peut faire en deuxième mi-temps. Parfois ça marche et parfois ça ne marche pas, mais j’espère que ça va marcher jusqu’à la fin de la saison.»

En nette progression

Sunusi Ibrahim est l’exemple parfait de la substitution payante. Il a inscrit ses trois buts comme substitut et toujours dans une cause gagnante. La prochaine étape pour le Kényan de 19 ans sera de devenir un titulaire.

«J’aime sa capacité à appliquer ce qu’on lui demande et il est polyvalent, souligne Nancy. Je veux maintenant qu’il soit plus constant.

«Je veux qu’il soit capable de commencer les matchs comme quand il rentre. Parce que comme substitut il enchaîne, mais comme partant, il a encore de la difficulté.»

Le jeune attaquant est en nette progression. On parle d’un joueur qui peinait physiquement quand il a rejoint l’équipe l’hiver dernier.

«Il progresse. Quand il est arrivé, il arrêtait après 20 minutes parce qu’il avait des crampes.

«Aujourd’hui, il est capable de répéter les efforts et j’aime beaucoup. On essaie de l’habituer à s’entraîner pour s’entraîner et pas seulement pour jouer au ballon.»

Le cas Tabla

À l’autre bout du spectre, il y a Ballou Tabla qui a été laissé de côté samedi dernier même s’il était en mesure de joueur. Wilfried Nancy a d’ailleurs joué à 19 joueurs même s’il peut en avoir 20 à sa disposition.

Tout est une question d’exigence. C’est essentiellement ce qu’a soutenu l’entraîneur-chef de l’équipe quand on est revenu sur sa décision de laisser la 20e place vacante dans sa formation contre l’Union.

«C’est la dernière fois que je vais parler de Ballou et après j’espère qu’on va avancer. On a l’impression qu’on en fait une montagne, mais il n’y a pas de montagne à faire», a-t-il d’abord mentionné en guise de mise au point.

«Les joueurs doivent s’entraîner pour progresser et si un joueur ne le fait pas, il est déjà en porte-à-faux.

«J’ai choisi de rester à 19 parce qu’il ne méritait pas de faire partie du groupe pour ce match-là. Je lui en ai parlé et ça va rester entre lui et moi.»

Constance recherchée

La situation est décevante parce qu’on pensait que le milieu de terrain de 22 ans s’était relancé en inscrivant un doublé contre Halifax en Championnat canadien le mois dernier.

«Il doit être constant. Le métier de joueur de football pour tout le monde c’est d’aimer s’entraîner et d’aimer travailler et il faut le faire sur la longueur», a insisté Nancy.

«J’ai déjà parlé avec lui plusieurs fois, il le sait très bien. C’est à lui de prendre le taureau par les cornes pour avancer.»

Même s’il connaît son joueur depuis longtemps, Nancy n’a pas l’intention de lui accorder de passe-droit.

«Pour n’importe quel joueur, il y a des choses à faire pour rester dans l’équipe. Si je dois être 18 joueurs au lieu de 20, ça ne me dérange pas si c’est la chose à faire. Je suis un entraîneur, mais je suis aussi un formateur.»