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Crédit : Photo Agence QMI, Joël Lemay

Canadiens de Montréal

Jean-François Houle: un parcours aussi sinueux qu'impressionnant

Publié | Mis à jour

Durant toute sa carrière d’entraîneur, Jean-François Houle n’a jamais pris de raccourci. Il a monté les échelons un à la fois. Avec fierté, il se plaît à rappeler que chacune des étapes lui a permis d’approfondir ses connaissances. Autant par le coup du hasard que celui du destin, elles l’ont amené à Laval, dans ce véritable retour aux sources avec le Rocket.

Depuis juillet, la vie de l’homme de hockey de 46 ans a complètement changé. Il a quitté le domicile familial du centre de la Californie en mettant le cap sur le Québec. Après 18 années derrière un banc, il a finalement obtenu le poste convoité. Qui plus est, dans une organisation qui lui est chère.

Repêché par le Tricolore en 1993 et fils de Réjean Houle, il a entre autres évolué deux saisons à Fredericton avant d’accrocher ses patins et de faire ses classes dans le monde du coaching.

Étape par étape, disions-nous...

Touche-à-tout

Durant sept ans, le Québécois a servi à titre d’assistant chez les Golden Knights de l’Université Clarkson, son alma mater, dans la NCAA. Il a ensuite pris les rênes des MAINEiacs de Lewiston, dans la LHJMQ, l’instant d’une saison, avant leur dissolution en 2011.

Et le destin a ensuite voulu qu’il prenne in extremis la barre de l’Armada de Blainville-Boisbriand dès l’automne suivant lors de la campagne inaugurale. Après trois saisons, il a voulu relever un nouveau défi chez les pros. Il a dégoté le poste d’entraîneur-chef des Condors de Bakersfield dans la Ligue de la côte Est.

Un an plus tard, après un brassage de cartes parmi les club-écoles de l’Amérique du Nord, Houle a perdu son poste, mais en restant dans la petite ville industrielle californienne. Les Condors avaient rejoint les rangs de la Ligue américaine, toujours sous l’égide des Oilers d’Edmonton. Il a d’abord épaulé Gerry Fleming, puis Jay Woodcroft.

«Pour moi, c’est l’apprentissage qui est important, et non le titre», a précisé Houle en racontant son cheminement lors d’un généreux entretien durant le camp d’entraînement.

Trois enfants, trois villes

Il a saisi son opportunité dès qu’il a vu s’ouvrir la porte du Rocket de Laval après le départ de Joël Bouchard.

«C’était un no-brainer de travailler pour le Canadien, l’organisation avec laquelle j’avais grandi, a raconté le nouvel entraîneur. C’est un peu le hasard qui m’a amené ici. Dans notre métier, de nombreux postes s’ouvrent chaque année. Chaque cheminement est différent. Dans mon cas, j’ai beaucoup voyagé, ce qui m’a permis de gagner en expériences, connaissances et compétences.»

À preuve, ses trois enfants ont vu le jour à différents endroits. Sa plus vieille, Emma, est née à La Nouvelle-Orléans. Son fils Noah est venu au monde à Potsdam dans l’État de New York. Et la p’tite dernière surprise, Lucy, s’est pointé le nez à Bakersfield, en Californie.

«Cette opportunité du Rocket me permet de retrouver le poste d’instructeur-chef. Ça faisait six ans que j’étais adjoint et j’étais prêt à relever un nouveau défi dans la Ligue américaine, a-t-il relaté. Quand c’est le temps de mettre cartes sur table pour passer à autre chose, j’estime que toutes mes expériences m’aident énormément.»

Un style différent

En aucun cas il ne faut prétendre qu’il suivra les traces et le style de son prédécesseur. Plus calme et moins flamboyant, il prône la patience. Mais sa soif de vaincre est bien présente.

Déjà, il a fait ses marques dans le vestiaire en modifiant les slogans. Il a appuyé sur trois mots qui lui sont chers pour obtenir du succès dans cette ligue : vitesse, acharnement et constance.

Ils sont bien mis en évidence dans les quartiers généraux de la Place Bell.

«Mon objectif, c’est d’encadrer mes joueurs. Pas juste sur la patinoire, mais dans la vie quotidienne, a-t-il expliqué. Je dois apprendre à bien les connaître pour être en mesure de les préparer à la LNH. Un joueur a besoin de l’aide de ses entraîneurs, de ses coéquipiers, de ses parents et de ses amis pour avoir du succès. Et je suis là pour les supporter.»

Renouer avec le français

De retour dans le marché montréalais, Houle souhaite également gérer adéquatement la réalité quotidienne d’un entraîneur-chef.

«Je dois aussi gérer mes relations avec les médias, a-t-il souligné avec humour. Ils n’étaient pas très présents à Bakersfield. C’était encore moins le cas dans mon poste d’adjoint.

«J’aurai aussi à m’habituer avec le français qui était aussi absent depuis sept ans. Ce sont des défis agréables à relever.»

Et ce ne sont pas les défis qui manquent chez le Rocket.