Stingers vs Carabins

Crédit : Photo Martin Chevalier

Football universitaire RSEQ

Carabins: l’improbable épopée de Hassane Dosso

Publié | Mis à jour

À 13 ans quand il a commencé à jouer au football en banlieue de Paris, Hassane Dosso était loin de s’imaginer qu’il serait un jour l’un des meilleurs receveurs de passes d’une ligue universitaire au Canada.

Et pourtant, le jeune homme qui a maintenant 22 ans est en train de devenir une véritable vedette dans le Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ). Après cinq parties, il domine tous les autres receveurs du circuit avec des gains de 519 verges.

Joint au téléphone en début de semaine, le représentant des Carabins de l’Université de Montréal est revenu sur son parcours plutôt atypique.

«Au début, je pratiquais ce sport uniquement pour le plaisir, s’est-il souvenu. J’ai ensuite vu que je commençais à m’améliorer et je me suis dit: "pourquoi ne pas partir pour essayer de vivre de ma passion".»

Cette réflexion, Dosso l’a eue en 2016. Il s’est ensuite assis avec sa maman pour la convaincre que c’était une bonne chose pour lui de partir en Amérique du Nord.

«Ma mère m’a dit de bien lui expliquer mon plan, ce que j’ai fait. Elle était contente pour moi, parce qu’elle a vu que je voulais faire quelque chose de ma vie. Elle m’a dit: "si tu prends cette décision pour avoir une meilleure vie qu’en France, c’est la bonne chose à faire mon fils".»

Un parcours sinueux

Avec la bénédiction de sa mère, Dosso a entrepris ses démarches pour faire le saut aux États-Unis.

«Le problème, c’est que je n’avais aucun contact... J’avais toutefois été approché par les Filons du Cégep de Thetford. Avec plusieurs copains de mon équipe en France, nous avons décidé d’y aller tous ensemble.»

Ce ne fût toutefois pas facile en Chaudière-Appalaches, puisque Dosso a été limité à l’équivalant d’une saison complète en trois campagnes au niveau collégial. Une situation qui s’explique par des blessures et de mauvaises performances sur le terrain.

Malgré cela, le Français a retenu l’attention des Carabins et du Vert & Or de Sherbrooke. Il a finalement choisi l’équipe de l’Estrie, avant de quitter le programme sans avoir enfilé l’uniforme.

«Je n’ai pas trop aimé mon expérience à Sherbrooke, a-t-il dit, sans vouloir entrer dans les détails. Avec la saison annulée par la COVID-19, j’ai pris la décision de faire le saut chez les Carabins et je ne regrette assurément pas.»

En confiance

Dosso a connu des débuts fulgurants dans l’uniforme des Bleus, lui qui a amassé 135, 112 et 140 verges lors de ses trois premiers départs.

«C’est un mélange de plein de choses, a-t-il répondu pour expliquer ses succès. J’ai une bonne chimie avec les quarts-arrière, je m’entraîne fort et il y a une saine compétition lors de nos entraînements. J’ai l’impression que tout est en place pour que je connaisse du succès.»

Le produit du Flash de La Courneuve est aussi très à l’aise avec le personnel d’entraîneurs des Carabins.

«Ça va très bien et je me sens apprécié. Il n’y a aucun conflit. Ils ont confiance en moi et j’ai confiance en eux.»

Au grand bonheur des partisans de l’UdeM, il reste encore plusieurs années d’éligibilité à Dosso dans le RSEQ, mais l’étudiant-athlète se projette déjà dans l’avenir.

«Mon objectif en quittant la France, c’était d’un jour vivre du football. Je vise le plus haut niveau, soit la NFL. Si cela ne fonctionne pas, ce sera la Ligue canadienne de football», a-t-il affirmé.

On ne peut pas reprocher à Dosso de manquer de confiance en ses moyens. Disons qu’avec un parcours comme le sien, on peut comprendre pourquoi.