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Tennis

Les aspirations «poétiques» de Leylah Fernandez

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Leylah Fernandez renouera avec la compétition à compter de mercredi dans le cadre du tournoi d’Indian Wells. Elle est consciente qu’en raison de sa performance à New York, les autres joueuses l’attendront de pied ferme.

Elle sera désormais une joueuse à battre.

«Mais c’est un nouveau tournoi, une nouvelle semaine, relativise-t-elle. Je rentre avec la même mentalité : je veux gagner le tournoi. Mais il faut prendre ça un point à la fois, un match à la fois. Je veux m’amuser à chaque point, à chaque jeu. Et je vais exécuter le plan de jeu le mieux possible.»

Le discours de Leylah Fernandez après sa défaite aux Internationaux des États-Unis. La finale féminine était disputée le jour des commémorations du 20e anniversaire du 11 septembre 2001.

«J’espère que je pourrai être aussi forte et résiliente que New York l’a été au cours des 20 dernières années. Merci de m’avoir soutenue tout au long du tournoi», a-t-elle déclaré sur le terrain, au micro de Mary Joe Fernandez. 

L’ex-numéro 1 mondial Andy Roddick a qualifié ces propos «des plus matures» qu’il avait entendus après un match.

Mais Fernandez reconnaît qu’elle n’a pas toujours été éloquente quand elle s’adresse à un public. «Je détestais les exposés oraux à l’école ! a-t-elle pointé. Je me suis même déjà mise à pleurer devant toute la classe.»

Une artiste sur le terrain

Quand on atteint la finale d’un tournoi majeur à seulement 19 ans, c’est quoi, la suite?

Pour Leylah Fernandez, ce parcours au US Open constitue un tremplin vers le reste de sa carrière, qu’elle espère auréolée de titres du Grand Chelem et de présences dans le top 10 mondial. Mais la Québécoise a aussi des aspirations plus «poétiques».

«Je veux être une artiste sur le terrain», affirme-t-elle. «Je vais travailler chaque jour pour qu’une joueuse se dise qu’elle fera tout pour me battre et que je me dise la même chose. Qu’on livre une bataille sur le terrain et qu’à la fin du match, qu’il y ait des sourires, des larmes. Je veux inspirer.»

Direction Miami

Leylah et Jorge aimeraient bien ajouter un entraîneur à leur clan dans les prochaines semaines, mais ils cherchent aussi à se rapprocher de Miami, où la joueuse s’entraîne avec le préparateur physique Duglas Cordero. 

Duglas, c’est l’homme très expressif que l’on voyait souvent dans le box de la Québécoise durant le US Open. Il travaille avec plusieurs joueurs, dont l’Autrichien Dominic Thiem. 

«Il est drôle, il a beaucoup d’émotions. J’aime ça!» souligne Fernandez. Mais entre Boynton Beach et Miami, la route prend parfois 1 h 30, en raison de la circulation lourde. Un temps précieux que les Fernandez perdent en voiture plusieurs fois par semaine.

Papa avait fermé la télé...

Était-il fier, son père Jorge, quand il a entendu sa fille de 19 ans livrer pareil discours sur le plus grand court de tennis du monde ?

«Je n’ai pas entendu... j’avais fermé la télé, raconte-t-il. Quand je regarde ses matchs, c’est comme un entraîneur. Une fois la rencontre terminée, je dois prendre des notes, préparer le prochain match.»

Mais évidemment, des tas de gens lui ont par la suite montré l’extrait vidéo. Eh oui, papa est fier. «Je suis heureux qu’elle ait la chance de pouvoir s’exprimer ainsi», relève-t-il. 

D’ailleurs, même si sa fille a atteint la finale, Jorge Fernandez dit ne pas regretter être demeuré en Floride jusqu’à la fin du tournoi. Il ne sera pas non plus à Indian Wells : il accompagnera plutôt la sœur de Leylah, Bianca, qui disputera au même moment un tournoi ITF à Redding.