Camp Canadiens 2021-2022

Crédit : Photo Martin Chevalier

Canadiens de Montréal

«Je sais que je suis de calibre» -Harvey-Pinard

Publié | Mis à jour

Rarement un joueur en audition lors d’un camp d’entraînement n’aura autant fait l’unanimité chez les partisans que Rafaël Harvey-Pinard. 

À l’occasion d’un sondage Twitter réalisé par l’auteur de ces lignes, 90% des gens (si ce n’est pas plus) ont classé l’attaquant québécois comme étant leur «coup de coeur du camp» jusqu’ici. Mieux encore, ils sont également très nombreux à souhaiter que l’ancien des Huskies de Rouyn-Noranda et des Saguenéens de Chicoutimi entame la saison à Montréal, dans l’uniforme des Canadiens.    

Informé samedi de l’opinion populaire (largement) en sa faveur, Harvey-Pinard a peiné à contenir sa joie en entrevue avec le TVASports.ca.

«C’est sûr que c’est vraiment flatteur. J’essaie de ne pas changer mon identité sur la glace. Tu veux toujours que les partisans t’aiment et je dois dire que ça fait du bien à entendre. En même temps, je ne veux pas trop m’emporter, parce que le travail n’est pas terminé.»

«Le travail n’est pas terminé». En lançant cette dernière phrase, le fougueux ailier laisse entrevoir de façon plutôt claire qu’il ne se contentera pas de bien paraître lors de rencontres préparatoires. Il en veut plus. Beaucoup plus. Et il croit en lui. 

«Je sais que je suis de calibre»   

Vendredi, à l’occasion d’une dégelée de 7-2 subie aux mains des Sénateurs d’Ottawa, Harvey-Pinard a franchement bien fait aux côtés de Jake Evans et Joel Armia. 

Très souvent, l’échec-avant appliqué par le trio a donné des maux de têtes aux arrières des «Sens». Harvey-Pinard a lui-même été à l’origine de plusieurs chances de marquer, que ce soit via de savantes passes ou encore grâce à sa sempiternelle présence devant le filet adverse. 

«Mais je crois que je peux encore faire mieux», lance l’insatiable jeune homme. 

«Dans mon esprit, il est toutefois clair que mon match d’hier fut meilleur que mon premier. J’ai été plus menaçant offensivement et j’ai remporté mes batailles le long des bandes. Évidemment, on aurait tous souhaité un meilleur résultat!»

Les Sénateurs représentent une jeune et dynamique équipe dont le cœur est intégralement formé de joueurs sous la barre des 25 ans. Harvey-Pinard en a 22. 

Vendredi, il a croisé la route des Batherson, Norris, Pinto, Chabot et Formenton, notamment. 

Croit-il, en regard à l’opposition qu’il a donné hier aux joueurs cités plus haut, qu’il a ce qu’il faut pour évoluer dans la LNH dès cette saison? 

«C’était une belle évaluation pour moi, en effet. Si je me compare aux joueurs qu’on a affronté hier, je sais que je suis de calibre pour rivaliser. En bout de ligne, c’est toutefois l’organisation qui décide et moi je vais jouer à l’endroit qu’elle va m’indiquer.»

«C’est difficile de penser à autre chose»   

Rafaël Harvey-Pinard l’admet, décrocher et oublier le hockey en plein camp d’entraînement, ne serait-ce que pour quelques secondes lors d’une journée de congé, est pratiquement impossible. Surtout lorsqu'un journaliste l’appelle en plein temps libre pour une entrevue (coupable!). Mais en passionné qu’il est, il est loin de s’en plaindre.

«C’est vraiment difficile de penser à autre chose. Un camp principal de la LNH, c’est quelque chose de nouveau pour moi. Quand je sais d’avance qu’un match m’attend telle ou telle journée, j’y pense tout le temps, même si c’est 48h d’avance. 

«Ce soir (samedi), par exemple, il y a un match Canadiens-Sénateurs. Même si je ne joue pas, c’est sûr que je vais le regarder. Je reste donc dans l’ambiance du camp. Mais j’essaie quand même fort de me vider la tête à certains moments. Aujourd’hui et demain, notamment, je passe du temps avec ma copine et ça change un peu les idées.»

Un entourage respectueux    

Évidemment, un Québécois qui bataille pour un poste avec les Canadiens de Montréal alimente toujours les discussions dans la métropole. 

Comment les membres de son entourage se comportent-ils avec lui depuis l’ouverture du camp? Suivent-ils la vague en le bombardant de questions ou se montrent-ils plus discrets avec lui? 

«En général, mes proches comprennent que je n’ai pas nécessairement envie de parler de hockey à chaque jour. Mes parents m’ont dit avant le camp qu’ils me laisseraient tranquille pour les semaines à venir. Après chaque match, ils font juste m’écrire un petit mot positif et ça fait beaucoup de bien. 

«C’est la même chose pour mon entourage en général. On m’écrit pour me demander si je vais bien mentalement et physiquement, mais sinon, on parle de tout et rien.»

Charmé par Drouin    

Lorsqu’on lui demande s’il est impressionné par un joueur en particulier depuis l’ouverture du camp du CH, le Québécois ne tourne pas en rond très longtemps.

«Jonathan Drouin est vraiment impressionnant à voir aller lorsqu’il est sur la même patinoire que toi. Son lancer est tellement précis et il est tellement intelligent sur la patinoire... On l’a vu plusieurs fois repérer des coéquipiers lors des derniers matchs. Les passes qu’il fait, tu ne vois pas ça dans la Ligue américaine ou dans le junior.

«Sinon, Alex Belzile est également très beau à voir aller. Il se présente chaque soir et exécute tous les petits détails à la perfection.»

Jonathan Drouin et Alex Belzile... Deux Québécois qui ont, à différents moments, touché à la LNH et enfilé l’uniforme des Canadiens de Montréal. 

Rafaël Harvey-Pinard suivra-t-il leurs traces dans les prochaines semaines? Le principal intéressé y croit... et les partisans le souhaitent!