Noah Eisenberg

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Soccer

Jouer au soccer à l’ombre du roc

Publié | Mis à jour

Noah Eisenberg en voit du pays grâce au soccer. Du pays de Galles l’an passé, il est passé à Gibraltar cette année.

Le Montréalais de 23 ans évolue effectivement avec Europa Point, l’une des onze équipes qui forment la première division de ce territoire britannique outremer situé sur la pointe de la péninsule ibérique, juste en bas de l’Espagne. 

Europa Point n’est pas une puissance du circuit, d’ailleurs elle a terminé au dernier rang de la ligue l’an passé, mais les choses vont changer, assure le jeune homme.

«L’objectif de l’équipe est d’aller en Ligue Europa alors il y a eu beaucoup d’investissement pour acquérir des nouveaux joueurs.»

Tremplin 

Noah Eisenberg est enthousiaste et plein de ressources et son objectif est de progresser d’une année à l’autre. Il caresse d’ailleurs le rêve de revenir jouer en Amérique du Nord.

«C’était toujours mon rêve de voyager grâce au foot et je monte lentement l’échelle. Mon objectif est de monter plus haut chaque année.

«L’an prochain, ça serait d’aller dans une meilleure équipe à Gibraltar ou encore de changer pour un meilleur championnat.»

Son contrat, valide jusqu’en juin 2022, prévoit qu’il peut partir en janvier prochain s’il reçoit une meilleure offre ailleurs.

Calibre 

C’est bien beau de dire qu’on joue à Gibraltar, mais quel est le niveau de jeu?

«Les trois meilleures équipes sont de niveau MLS, peut-être même meilleures parce qu’elles jouent en Ligue Europa.

«À partir du milieu, on est plus près de l’USL, de la Première ligue canadienne et même du semi-pro.»

La saison commencera le 17 octobre et comporte 20 matchs. Comme il n’a que 23 ans, Eisenberg peut également s’aligner avec la formation des moins de 23 de son club. Il est justement capitaine de l’équipe U23.

Chemin de croix 

Pour se rendre à Gibraltar, le jeune homme a traversé un véritable chemin de croix, lui qui a commencé la saison 2020 avec Llangefni Town, un club de seconde division du pays de Galles.

«J’ai seulement joué trois matchs, puis la saison s’est arrêtée en janvier et n’a jamais repris en raison de la pandémie. Deux équipes de première division ont montré de l’intérêt à mon agent pour la saison suivante.»

Mais il n’était pas au bout de ses peines.

«En plus de la pandémie, c’est compliqué maintenant de jouer au Royaume-Uni en raison du Brexit. Ça prend un visa et ils sont difficiles à avoir. C’est presque impossible de jouer là-bas à moins d’avoir un passeport britannique.»

Enfin une offre 

Il avait une touche en Israël, mais ça n’a pas débloqué en raison de la pandémie et c’est à ce moment que Gibraltar est arrivé dans le portrait.

«Pendant l’arrêt de la saison, j’ai reçu une offre d’une équipe de Gibraltar, mais c’était impossible de rentrer en raison de la pandémie, mais on est restés en contact.

«J’ai finalement reçu une offre en août et j’ai signé trois jours plus tard», dit-il avec soulagement.

Il espère maintenant qu’il s’agira d’un tremplin vers une nouvelle aventure ; ça tombe bien, car le club Europa Point se donne pour mission de lancer la carrière de jeunes joueurs.

C’est particulier, Gibraltar. On pourrait mentionner que la piste d’atterrissage de l’aéroport est traversée par un boulevard que l’on ferme pour les atterrissages et les décollages.

Mais c’est surtout sur le plan sportif que les choses sont particulières.

«Tout le monde s’entraîne à des endroits différents, mais tous les matchs ont lieu au même stade, qui est le seul homologué par la FIFA. Parfois, il y a deux matchs de suite», précise-t-il au sujet du Victoria Stadium, qui peut accueillir 5000 spectateurs.

«Tous les meilleurs joueurs de la ligue ne viennent pas de Gilbratar. Il y a beaucoup d’Espagnols et d’Anglais, entre autres.»

Un changement dramatique 

Quand il était au pays de Galles, Noah Eisenberg s’est retrouvé dans un environnement entièrement foot.

«C’est un pays de foot, c’est inscrit dans leur culture et c’est très professionnel.»

Il n’a pas eu un très gros choc quand il est arrivé à Gibraltar, puisque cette langue de terre s’est développée sous le colonialisme britannique. Mais il a vu quelques différences.

«C’est très différent du pays de Galles où c’était froid et pluvieux alors qu’ici il fait toujours chaud.»

Il s’amuse d’ailleurs des particularités de Gibraltar, une toute petite ville d’à peine 32 000 habitants coincée entre la Méditerranée et le fameux rocher qui l’a rendue célèbre.

«Je vis à Marbella, en Espagne. Quand je vais m’entraîner ou jouer à Gibraltar, je dois montrer mon passeport. À 50 mètres de l’endroit où je montre mon passeport, il y a l’aéroport et à côté c’est le stade.»

Écarts 

Comme dans bien des ligues de plus petites nations, il y a un écart important entre les divers clubs.

D’ailleurs, il ne touche pas de salaire pour jouer, même si la ligue est techniquement professionnelle. Mais il est bien traité.

«Mon équipe est l’une des plus pauvres parce que c’est une équipe plus jeune alors je n’ai pas vraiment de salaire, mais toutes mes dépenses sont payées comme la voiture et l’appartement par exemple.»

Les choses varient toutefois grandement quand on monte vers le haut de la pyramide. Plus l’équipe est bonne, plus les salaires sont élevés. À moins que ça ne soit le contraire.

«Dans les plus grosses équipes, certains joueurs font 9000 livres (15 300 $ CA) par mois.»