Mike Hoffman

Photo : Mike Hoffman était tout sourire à son passage au Complexe Bell de Brossard, jeudi. Crédit : Photo courtoisie Florence Labelle, Canadien de Montréal

Canadiens de Montréal

Un objectif clair

Mike Hoffman a bon espoir d’atteindre le plateau des 30 buts avec le CH

Publié | Mis à jour

Il y a souvent un tabou des objectifs personnels chez les joueurs de hockey. On sort la cassette pour affirmer que l’équipe passera en premier, que la victoire restera toujours plus importante que les buts et les passes.

À 31 ans, Mike Hoffman connaît ce refrain. Il sait très bien que les succès du Canadien demeureront la priorité. Mais il oublie la réponse clichée quand on lui demande s’il croit en ses chances de marquer 30 buts.  

« Oui, c’est possible de marquer encore 30 buts, répond Hoffman lors d’une entrevue au Journal. C’est l’un de mes objectifs. J’ai toujours cet objectif quand je pars une nouvelle saison. Je ferai en mon possible pour y arriver. » 

L’ailier originaire de Kitchener a franchi le plateau des 30 buts à une reprise. C’était à sa première saison avec les Panthers de la Floride, en 2018-2019. Il avait terminé l’année avec 36 filets. L’année suivante, il avait déjà 29 buts à son compteur quand la pandémie de COVID-19 a fait dérailler la saison au mois de mars. 

Avant son séjour en Floride, il avait marqué 27, 29, 26 et 22 buts en quatre saisons avec les Sénateurs d’Ottawa. L’an dernier, il a réussi 17 buts en 56 matchs avec les Blues de St. Louis. 

« Ce n’est pas un secret. Je suis un marqueur, c’est l’une de mes plus grandes forces, a répliqué le numéro 68. J’ai toujours travaillé sur mon tir depuis mon enfance. Je bats les gardiens adverses avec mon tir, pas souvent avec des feintes. Pour moi, c’est la clé. Je sais généralement où décocher mes tirs contre un gardien. Je n’étudie pas les styles des différents gardiens, je m’attarde plus à prendre mes tirs rapidement et à repérer les trous. »

Une menace en avantage numérique  

Marc Bergevin a justement engagé Hoffman pour ses talents de marqueur et pour sa capacité à toucher la cible en supériorité numérique. 

Il y a une statistique assez révélatrice du nouvel ailier du Tricolore. Pour les trois dernières saisons, il occupe le sixième rang de la LNH avec 35 buts en avantage numérique. Il y a de très gros noms devant lui. Leon Draisaitl (47), David Pastrnak (43), Alex Ovechkin (40), Steven Stamkos (39) et Mika Zibanejad (36) le devancent. 

« J’en retire une fierté, j’ai toujours aimé jouer en supériorité numérique, a-t-il répliqué. Je suis à l’aise avec ce rôle. C’est beaucoup mon pain et mon beurre. Je sais que je peux marquer et aider mon équipe. Il y a de très bons marqueurs dans la LNH et je trouve ça flatteur de voir mon nom parmi cette liste. Les cinq premiers sont des gars qui marquent avec leur tir, ils ne ramassent pas les retours dans le cercle du gardien. Ils peuvent battre un gardien juste avec la puissance et la précision d’un tir. »

L’autre aspect 

Il y a toujours un revers à une médaille. Si Hoffman a le nez pour le filet adverse, il n’a pas la réputation du joueur le plus fiable à cinq contre cinq. 

« À cinq contre cinq, tu dépends beaucoup du jeu de ton équipe, a-t-il rappelé. Les joueurs qui dominent la LNH pour les plus et moins jouent généralement pour des équipes qui trônent aussi au classement. À ma première saison dans la LNH à Ottawa en 2014-2015, j’ai marqué 27 buts [26 en réalité] à cinq contre cinq. Je ne crois pas que mon jeu à forces égales s’est détérioré depuis ce temps.  

« Mon jeu sans la rondelle, c’est probablement l’endroit où je veux encore m’améliorer. Je ne m’en cache pas. »

Hoffman a offert des arguments qui militaient en sa faveur. Mais quand on regarde certaines statistiques avancées, ce n’est pas catastrophique. Il se trouvait sur la glace pour 2,39 buts par tranche de 60 minutes la saison dernière, avec les Blues. Ryan O’Reilly (1,92) et David Perron (2,07) étaient les deux meilleurs attaquants des Blues parmi ceux qui ont joué un minimum de 500 minutes. Jordan Kyrou (3,12), Brayden Schenn (2,7) et Jaden Schwartz (2,48) fermaient la marche à St. Louis. 

De la stabilité  

Après quatre saisons où il a porté trois uniformes différents – ceux des Sénateurs, des Panthers et des Blues –, Hoffman a paraphé un contrat de trois ans et 13,5 millions (4,5 millions en moyenne) avec le CH. 

« C’est bien de jouer pour une équipe longtemps. J’ai eu cette chance à mes débuts à Ottawa. Mais je ne suis pas un cas unique dans la LNH. Plusieurs joueurs se promènent et changent d’équipe, surtout dans un contexte d’un plafond salarial. 

« C’est toujours un honneur de jouer pour une équipe originale. J’aimais aussi l’idée de revenir au Canada. J’ai amorcé ma carrière à Ottawa, je sais à quoi m’attendre d’un marché comme celui de Montréal. Pour moi, ça avait du sens de m’entendre avec le Canadien. »