Canadiens de Montréal

Une embauche du CH à ne pas sous-estimer

Une embauche du CH à ne pas sous-estimer

Louis Jean

Publié 21 septembre
Mis à jour 21 septembre

C’est sous le signe du changement que s’amorcera le camp d’entraînement du Canadien de Montréal cette semaine. 

Shea Weber, Phillip Danault, Jesperi Kotkaniemi, Tomas Tatar, Corey Perry, Eric Staal et quelques autres joueront soit ailleurs ou pas du tout cette saison.

Heureusement, on fera preuve de continuité devant le filet. Le tandem de Carey Price et Jake Allen sera de retour. Price a rappelé en séries éliminatoires qu’il est encore l’un des meilleurs de sa profession.

D’ailleurs, le joueur de concession voudra sans doute compléter le travail inachevé contre le Lightning de Tampa Bay, mais ses performances pourraient aussi lui valoir le poste de partant avec Équipe Canada en vue des Jeux olympiques. Quant à Allen, le repêchage d’expansion a démontré ce que l’organisation pensait du cerbère néo-brunswickois.

Le Canadien a historiquement placé une grande importance sur la position de gardien de but. Ce qui m’amène à celui qui travaillera avec eux au quotidien, Éric Raymond.

Son embauche est un peu passée sous silence cet été, mais c’est selon moi l’une des embauches/signatures les plus importantes de l’entre-saison. Si le Montréalais réussit à soutirer le maximum de Price et d’Allen, le Canadien se donnera une sérieuse chance de rivaliser pour les séries dans une division qui ne pardonnera pas.

Un parcours fascinant 

D’abord, Raymond a un parcours fascinant. Jamais il n’a occupé ce poste dans la LNH, mais son travail a attiré l’attention de quelques organisations dans le passé. Avant de s’entendre avec le CH, l’homme de 49 ans avait une offre alléchante pour aller travailler dans la KHL.

Le Québécois a passé neuf ans comme entraîneur des gardiens dans la LHJMQ, dont huit aux côtés de Dominique Ducharme. Trois fois ses gardiens ont été choisis comme partants pour représenter le Canada aux Championnats mondiaux juniors. Raymond a gagné des championnats comme joueur et comme entraîneur des gardiens. Il a acquis un bagage impressionnant dans ces deux rôles au fil des ans et ce aux quatre coins du globe. 

Très jeune, il a découvert une passion pour le coaching. Dès l’âge de 18 ans, il a commencé à travailler avec les frères François et Benoît Allaire, des sommités. Benoît et Éric ont une relation qui date de plus de 30 ans.

Ils ont notamment travaillé ensemble pendant quatre saisons dans l’organisation des Rangers de New York. Raymond avait comme mandat de préparer la relève au «King» Henrik Lundqvist. Il peut dire mission accomplie. Les deux gardiens actuels des Blueshirts, Alexandar Georgiev et Igor Shesterkin ont tous deux évolué sous ses ordres. 

Georgiev, jamais repêché, n’a eu besoin que d’un an avant de s’établir dans la LNH. Shesterkin, un choix de 4e tour, a fait le saut dans la Ligue nationale après un séjour de cinq mois seulement dans la LAH.

Un défi de taille 

Maintenant, à l’aube de la cinquantaine, Raymond est mûr pour ce défi qui l’attend. Il a les connaissances, les compétences et aussi la motivation pour le relever. Il devra trouver l’équilibre parfait pour maximiser le talent de Price sans toutefois le brûler ou risquer des blessures. 

Transformer le plus de départs d’Allen en victoires sera une priorité. La bonne nouvelle est que les deux se connaissent déjà, Raymond ayant dirigé Allen avec le Junior de Montréal.

Le défi sera de taille. Certaines des meilleures offensives de la LNH se retrouvent dans la section Atlantique. On s’attend à ce que les Maple Leafs de Toronto, les Panthers de la Floride et le Lightning continuent de marquer une tonne de buts. Soir après soir, les gardiens du Tricolore devront stopper les Auston Matthews, Mitch Marner, John Tavares, David Pastrnak, Brad Marchand, Jonathan Huberdeau, Aleksander Barkov, Nikita Kucherov, Brayden Point et Steven Stamkos. 

N’oublions pas non plus que les Sidney Crosby, Evgeni Malkin, Alex Ovechkin, Artemi Panarin et Patrik Laine évoluent également dans l’Est. Ça fait peur!

Le nom d’Éric Raymond est peut-être moins connu que ceux de Christian Dvorak, Mike Hoffman et David Savard, tous des joueurs cruciaux pour la réussite de l’équipe. Cependant, le succès du Canadien passera par une bonne structure défensive. Et ça, ça commence avec les gardiens. Il ne faut donc pas sous-estimer l’importance de l’embauche de Raymond dans l’atteinte des objectifs collectifs de l’organisation.