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Photo : Aleksandra Wozniak a ouvert en août 2020, deux ans après l’annonce de sa retraite du tennis, son académie située à Bedford, en Montérégie. Elle y entraîne autant des jeunes qui aspirent à une carrière professionnelle que des joueurs du dimanche. Crédit : Photo courtoisie, Aleksandra Wozniak

Tennis

Un rôle d’entraîneuse qui enchante Wozniak

L’académie de tennis de l’ex-21e mondiale a fêté son premier anniversaire

Publié | Mis à jour

Près de trois ans après avoir pris sa retraite du circuit professionnel, Aleksandra Wozniak n’a toujours pas rangé sa raquette. Elle tient depuis un an son académie de tennis où elle entraîne autant des espoirs du tennis que des amateurs désireux d’améliorer leur jeu.

Pourtant, devenir entraîneuse ne faisait pas partie du plan d’après-carrière de la Québécoise, ex-21e mondiale. 

L’idée a commencé à germer un an ou deux avant qu’elle ne se retire de la compétition, lorsque différents groupes l’ont approchée afin qu’elle devienne entraîneuse dans leur académie. 

« Je ne pensais jamais faire ça, lance-t-elle. Puis, l’année après ma retraite, j’ai été en transition. J’ai commencé à aider une jeune joueuse qui voulait faire le saut sur le circuit universitaire américain, Jada Bui, de Toronto. J’ai aimé ça, alors je me suis dit : “Pourquoi pas ?” »

Ouvert à tous 

Wozniak raconte s’être alors découvert un talent de communicatrice. Ça l’a motivée à obtenir une certification d’entraîneuse auprès de Tennis Canada. 

Pour son académie, Wozniak a jeté son dévolu sur Bedford, en Montérégie, d’où son mari est originaire. 

Elle réserve quatre terrains de tennis sur surface synthétique et avec son groupe de trois entraîneurs, elle perfectionne autant la technique de joueurs d’âge junior qui aspirent à passer un jour chez les pros que celle d’athlètes du dimanche. 

« Les gens se déplacent de partout pour venir s’entraîner ici, même de Rimouski ! » se réjouit-elle. 

Si ses tarifs varient, la joueuse originaire de Blainville explique qu’elle désire qu’ils demeurent abordables. 

« Je ne veux pas charger plus cher parce que je suis une ancienne pro, dit-elle. Je veux aider les gens. Je partage tout ce que j’ai appris, mais ça me passionne. »

L’académie l’occupe chaque jour. En août, quelques semaines seulement après la naissance de son petit James, elle était de retour sur les terrains.

Universités américaines

La pandémie n’a pas ralenti sa jeune académie, affirme l’ancienne joueuse. Au contraire, elle semble avoir donné à plusieurs personnes le goût de découvrir le tennis. 

Le confinement et la fermeture des frontières ont toutefois freiné en partie le volet compétitif. Des joueurs d’universités américaines devaient venir s’entraîner avec elle à Bedford, tout comme de jeunes joueurs européens.

Wozniak les attend l’été prochain, si le contexte sanitaire le permet. Elle se réjouit d’ailleurs de devoir augmenter le nombre d’entraîneurs, pour subvenir à la demande.

Elle veut aider les jeunes à développer leur force mentale 

À l’entraînement, Aleksandra Wozniak souhaite aider ses protégés qui aspirent à une carrière professionnelle à développer leur force mentale. Car l’aspect psychologique est incontournable au tennis, dit-elle. 

« Il faut encadrer les jeunes garçons et les jeunes filles le plus tôt possible si on veut qu’ils passent pros, souligne-t-elle. Oui, il faut travailler fort, mais l’aspect mental, c’est très important. J’ai connu des jeunes talentueux qui mentalement avaient de la difficulté à rester motivés, concentrés ou à gérer leurs émotions sur le terrain. »

Une autre époque

C’est le genre d’encadrement que Wozniak aurait souhaité recevoir tôt dans sa carrière, mais qui était dur, voire impossible à obtenir à son époque. 

Car lorsqu’elle regarde Félix Auger-Aliassime ou Leylah Fernandez s’illustrer aux Internationaux des États-Unis, elle se demande quelle carrière elle aurait pu avoir si elle avait obtenu le même appui quand elle était jeune. « Je suis allée chez les professionnelles tard, j’avais 19 ans, raconte l’ancienne joueuse. Mes parents ne savaient pas de quel encadrement j’avais besoin. Eux, ils travaillaient pour que je réalise mon rêve de jouer sur la WTA. »

Le jour et la nuit

Même si elle est devenue la première Québécoise à remporter un titre sur la WTA – à Stanford, en 2008 –, qu’elle a atteint le 21e rang mondial et qu’elle a fait la ronde des 16 à Roland-Garros, Wozniak ne peut pas s’empêcher de se demander : « Et si ? »

« Maintenant, les jeunes sont encadrés plus rapidement, ils ont plus de sous pour voyager, explique Wozniak. Les fédérations sont plus engagées et elles leur offrent plus de possibilités. C’est le jour et la nuit, la différence !  

« Je me demande si j’aurais pu faire mieux que le 21e rang mondial si j’avais eu la même aide. J’en ai eu, mais ce n’est rien comparé à maintenant », se questionne-t-elle. 

Mais Wozniak ne semble pas avoir de regrets. Au contraire, elle est heureuse que son parcours ait pu ouvrir la porte à plus de financement pour les athlètes canadiens. 

« Je pense que les joueurs ont pu commencer à croire en eux. Ç’a ouvert les yeux aux fédérations pour s’engager plus, pour faire une différence. Elles ont compris que pour avoir des joueurs chez les professionnels, il faut les encadrer à tous les niveaux. »

« Aujourd’hui, le tennis canadien est populaire. C’est incroyable l’évolution. Les pays européens nous regardent et se disent : “Wow, il y en a des joueurs canadiens !” »