Canadiens de Montréal

Jonathan Drouin brise le silence

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Il y a environ cinq mois, l'attaquant des Canadiens de Montréal Jonathan Drouin avait pris, à la surprise générale, la décision de prendre une pause du hockey. 

Maintenant prêt à renouer avec l’action, le Québécois est revenu sur les raisons et les circonstances de la mise en veille de sa carrière.    

Après la période d’échauffement d’un match, en avril dernier, contre les Flames de Calgary, l’attaquant était rentré au vestiaire pour ne jamais revenir sur la patinoire. Puis, il était annoncé que Drouin allait quitter l’entourage de l’équipe pour des raisons personnelles.  

«Tout au long de l'année, j'ai eu des problèmes d'anxiété, des problèmes d'insomnie, a indiqué Drouin dans une entrevue avec le journaliste Renaud Lavoie diffusée lundi soir sur les ondes de TVA Sports. Ça fait plusieurs années que je vis ça. Mais cette semaine-là a été une semaine qui a été difficile. Je suis tombé malade, je n'avais aucune énergie pour jouer au hockey. Je me rappelle encore que je suis sorti de la période d’échauffement cette journée-là, je n'avais aucune énergie pour jouer au hockey, aucune force dans mon physique, mentalement aussi. 

«C’est vraiment là que j’ai décidé de prendre du recul du hockey et prendre soin de moi. J’ai demandé de l’aide pour l’anxiété, pour l’insomnie. Je suis bien content d’avoir fait ça.  

«Au début, tu ne sais pas c’est quoi, je n’avais aucune idée comment traiter ça. Les gens m’approchaient et me disaient que c’est correct d’aller chercher de l’aide. J’avais de la misère à accepter ces choses-là. (...) C’était le moment pour moi de prendre du recul du hockey.» 

Voyez l’entrevue intégrale dans la vidéo ci-dessus.

Évidemment, Drouin devait annoncer sa décision à son entraîneur-chef, Dominique Ducharme, et au directeur général de l’équipe, Marc Bergevin.  

«Il y avait des larmes, a confié Drouin, qui a également soutenu avoir eu le support de tous ses coéquipiers. J’avais joué 46 ou 48 matchs. Il restait une semaine ou deux avant que les séries ne commencent. C’était difficile pour moi de quitter tout le monde juste avant les séries. C’est pour ça que tu joues au hockey. J’ai fait toute la saison pour jouer en séries. Mais pour moi, j’ai frappé un mur dans le sens où ça ne fonctionnait plus pour moi, le hockey. C’était le temps de prendre un temps de recul et d’apprécier la vie.»  

Et même si Drouin a respecté sa propre décision, il y a eu des moments où c’était plus compliqué. 

«Je suis vraiment content de ma décision, a-t-il indiqué. Il y a des moments qui étaient plus difficiles que d’autres. (...) Je me rappelle la série contre Vegas, où je voulais retourner jouer au hockey un peu. J’avais pris ma décision et je suis resté avec.»  

Le grand retour   

Avec le camp d’entraînement des Canadiens à nos portes, Drouin a fait part de son désir à Ducharme et Bergevin de rester avec l’équipe. Et le Québécois a bien certainement des papillons dans l’estomac à l’idée de revêtir à nouveau le chandail du CH.  

«C’est toujours le fun de revenir à l’aréna où je suis habitué d’être, a souligné le numéro 92. Ça me rappelle des souvenirs, des beaux petits moments. (...) Si je revenais jouer au hockey, c’était avec les Canadiens à moins que je me fasse échanger, ce n’est pas dans mon contrôle. Je voulais rester avec l’équipe ici, on a un bon groupe. Mon ancien entraîneur du junior est ici. Je veux jouer ici pour longtemps encore.»  

«J’essaie de ne pas trop y penser, a continué Drouin à propos du premier match de la saison. De continuer mon été. Mais c’est sûr que cette soirée-là sera spéciale pour moi, de revenir jouer au hockey et je ne suis pas inquiet que la foule va me donner un bel applaudissement. Ça va être une belle soirée.»

Le Québécois semble particulièrement excité de revenir avec l’équipe. Et s’il y a un joueur qu’il a hâte de côtoyer, c’est bien Cole Caufield.  

«Je n’ai pas joué avec Caufield encore, a dit Drouin. Quand il lance, il a une chance de marquer. Tu as ce sentiment. Toffoli l’a un peu. Je ne peux pas t’en nommer 15 dans la Ligue nationale. Lui, il l’a déjà un peu. Je l’ai regardé pendant les séries, quand il est sur le point de lancer, t’as un feeling qu’elle va rentrer.»  

«On a vraiment une bonne équipe, si tu regardes les noms à l’attaque, Anderson, Dvorak, Suzuki, Caufield, Toffoli, la liste est tellement longue, a-t-il continué. On a une profondeur qui est rare dans la LNH. Même à la défense avec un gars comme Savard. On perd Shea Weber, notre leader, mais tu le remplaces quand même par le même genre de défenseur, qui a gagné une coupe à Tampa.»  

Le plaisir d’abord   

Maintenant, Drouin aborde la saison sous un nouveau jour. Oui, le Québécois désire contribuer aux succès de l’équipe et s’améliorer, mais c’est maintenant plus que ça.  

«C’est profiter du moment, avoir du plaisir, a avoué Drouin. Pour moi, c’est devenir meilleur chaque jour, c’est le cliché. Mais il y avait des journées où le plaisir n’était pas là, où il y avait trop de choses qui se passaient dans ma tête. Ça fait quelques mois qu’il ne se passe plus rien dans ma tête, je vais à l’entraînement, je vais sur la glace. J’ai du plaisir avec tout ça et j’ai hâte de revenir dans le groupe, de voir tous les gars ensemble. C’est pour ça qu’on joue au hockey, c’est pour se tenir ensemble, c’est de vivre de beaux moments.  

«J’ai bien hâte de retourner à ça.»