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Luc Robitaille: «Plusieurs autres clubs adorent Danault, mais...»

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Dans les jours qui ont suivi la fin d’un parcours extatique en finale de la Coupe Stanley, il devenait de plus en plus évident que les jours de Phillip Danault étaient comptés comme membre des Canadiens de Montréal.

Les négociations étant au point mort, le Victoriavillois allait profiter de son autonomie pour solliciter ses services aux autres formations. Dès que la situation s’est présentée, les Kings de Los Angeles étaient très confortables de lui offrir le contrat qu’il recherchait.

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Si certains trouvaient chère l’étiquette de 5,5 millions $ annuellement pour un joueur de centre reconnu surtout pour ses responsabilités défensives, le président Luc Robitaille et le directeur général, Rob Blake, étaient prêts à lui consentir un tel pacte pour les six prochaines années.

«Nous n’aurons pas de problème avec notre masse salariale pour au moins trois ou quatre ans, donc on était capable de lui donner un an de plus, contrairement à d’autres équipes, a raconté Robitaille à l’occasion d’un généreux entretien avec le TVASports.ca, jeudi. À Montréal ils sont au plafond et ce n’est pas une situation facile. 

«Plusieurs autres clubs adorent Phillip Danault, mais ils ne pouvaient lui offrir le salaire qu’il voulait.» 

Crédit photo : Compte Instagram officiel des Kings de Los Angeles.

Pour Robitaille, il s’agit là d’un exemple parfait de la nouvelle réalité de la LNH en ce qui a trait aux masses salariales.

«Dans les années 1990, c’était plus facile, car il n’y avait pas de plafond, rappelle le président des Kings. Aujourd’hui, lorsque les équipes négocient avec les joueurs autonomes, s’il y en a un qui recherche cinq ou six années de contrat, seulement deux ou trois équipes peuvent leur offrir.» 

D'après Robitaille, qui a disputé 1077 de ses 1431 rencontres dans la LNH avec Los Angeles, Danault avait une chance unique de tester le marché pour la première fois de sa carrière.

«Le moment était bon ici, pendant que nos jeunes poussent. Après la saison, son agent, Don Meehan, lui a dit "tu devrais écouter autres équipes". Lorsque t’es un joueur de hockey, ça n’arrive pas souvent que tu deviennes joueur autonome. 

«C’est un bon agent. Je n’étais pas dans la pièce lorsqu’il lui a parlé, mais c’était pas mal du genre "voyons quelles sont les possibilités qui s’offrent à nous".» 

Jeunesse et expérience    

La concession californienne vient de conclure une reconstruction de quelques saisons et veut maintenant miser sur une formation qui mêle jeunesse et expérience afin de redevenir compétitive. L’ajout de Danault lui «donne plus l’opportunité d’être patient» avec de jeunes joueurs comme Gabriel Vilardi, Alex Tucotte et Quinton Byfield.

«C’est important que nos vétérans montrent le bon chemin, résume Robitaille. Danault sera un joueur très important pour nous. Tu veux de bons vétérans dans ta formation. 

«Tout le monde le sait que c’est un bon gars d’équipe : il reste avec les jeunes après les entraînements et il travaille avec eux. Lorsque tu veux bâtir un club gagnant, ça n’a pas de prix. On était vraiment intéressés à lui.»

Crédit photo : Compte Instagram officiel des Kings de Los Angeles.

Du point de vue de Danault, il ne fait aucun doute que l’idée de se concentrer sur le hockey à part entière après avoir été l’un des seuls francophones avec le CH était une option très attrayante - tout comme les plages de Manhattan Beach. En revanche, Robitaille ne croit pas que la pression diminuera pour autant lorsque sa nouvelle acquisition endossera le majestueux maillot Black and silver.

«Je lui ai dit que lorsque t’embarques sur la glace, la pression est la même. Tu veux performer et gagner. La seule différence, c’est pour sa famille. Ici à Los Angeles, il y a 11 équipes professionnelles avec les ligues de football, de soccer et de baseball. 

«Pour les Québécois, ce n’est pas pareil à Montréal. Là il n’aura pas à parler à chaque point de presse, après chaque match, ou après chaque entraînement. Il reste que la pression de gagner est la même. 

«Il faut que tu aides l’équipe à gagner.»

Crédit photo : Compte Instagram officiel des Kings de Los Angeles.

La «pression» de Montréal    

En ce qui est de la pression du marché montréalais, Robitaille est d’avis que les joueurs eux-mêmes ne sont pas plus écrasés qu’ailleurs face à toutes les attentes fondées en eux ou les critiques qui leur sont adressées dans les médias.

«Je ne pense pas que la pression est pire pour eux à Montréal. Quand t’es un joueur de hockey professionnel, tu n’écoutes pas les lignes ouvertes. C’est quand tu les écoutes que ça peut faire le plus de mal. Quand ta famille habite à Montréal, tes proches écoutent tout. Si t’as un frère, une sœur ou des enfants, c’est pour eux que c’est plus dur.» 

«Pour le joueur, la pression reste toujours pareille. Il n’y a pas de différence. La raison pour laquelle un joueur perce dans la LNH, c’est parce qu’il s’est mis de la pression. C’est difficile de décrocher une place.» 

Robitaille croit toutefois que les athlètes peuvent parfois se mettre trop de pression lorsqu’ils sont insatisfaits de leurs performances, que ce soit à Montréal ou ailleurs.

«Ce sont des choses qui peuvent arriver. Jonathan Drouin, je pense qu’il a travaillé beaucoup là-dessus et il a l’air de s’en sortir. Je lui souhaite le meilleur. Ça peut arriver partout.»

De bons mots pour Bergevin    

Pendant l'entre-saison, le Tricolore a perdu les services de Danault et de Corey Perry, puis les Hurricanes de la Caroline leur ont ensuite arraché Jesperi Kotkaniemi par le biais d’une offre hostile de 6,1 millions$. 

À sa dernière disponibilité média avant l’été, le DG montréalais avait l’air exténué à quelques mois de sa dernière année de contrat et plusieurs se demandent s’il demeurera à son poste après la campagne 2021-2022. 

Robitaille, selon qui la situation contractuelle de Bergevin ne présente rien d’inhabituel (plusieurs DG en sont à la dernière année de leur entente), n’a pas tari d’éloges envers lui pour le travail qu’il a accompli l’an dernier.

Point de presse de M. Bergevin -

«Marc est un très bon DG, a-t-il martelé. Regarde ce qu’il a fait, l’été dernier. Le Canadien avait l’une des meilleures équipes de la LNH. Marc conclut toujours de bonnes transactions». 

«Quand tu repêches des joueurs, tu ne sais jamais. Tu les regardes lorsqu’ils ont 17 ans et t’essaies de les voir à 22 ans. Ce n’est pas (toujours) facile à prédire. 

«Marc a fait un travail exceptionnel à Montréal. Ça n’a pas été un été facile pour lui, du point de vue des nouvelles.» 

Robitaille s’est aussi dit impressionné par le parcours du Bleu-blanc-rouge, qui a atteint sa première finale en 28 ans.

«C’était l’une des deux dernières équipes en séries. Tu peux dire ce que tu veux, ils se sont rendus là parce qu’ils comptaient sur une bonne défense. 

«Et Cole Caufield, c’est tout un joueur. Les autres équipes ne voulaient pas aller le chercher (au repêchage), car elles avaient peur. 

«Le p’tit gars, il va en "scorer" des buts dans la LNH!»