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Canadiens de Montréal

CH: un plan d'action qui va au-delà de Logan Mailloux

Publié | Mis à jour

Dans la foulée du tollé provoqué par la sélection de Logan Mailloux au dernier repêchage, Geoff Molson avait promis la mise sur pied d’actions concrètes de la part du Canadien pour contribuer à la sensibilisation et à la lutte contre la cyberviolence sexuelle.

Vice-présidente, engagement communautaire et directrice générale de la Fondation Club de hockey Canadien, Geneviève Paquette a profité de l’ouverture du camp des recrues pour annoncer les grandes lignes du plan d’action respect et consentement du Groupe CH, mercredi. Grâce à un fonds d’investissement de 1 million $ de l’entreprise, le Canadien pourra déployer son plan sur deux axes. 

À l’interne, il offrira de la formation sur le respect, le consentement ainsi que sur la notion de cyberviolence. Il procédera également à l’embauche de femmes dans des postes-clés. À l’externe, l’organisation s’engagera dans des initiatives de sensibilisation et d’éducation, dans des programmes de développement et au niveau du soutien financier.

«Nous voulons devenir un allié pour la promotion du respect et du consentement. C’est un enjeu social important», a déclaré Mme Paquette.

Mailloux poursuit son cheminement 

À l’emploi du Canadien depuis près de 30 ans, Geneviève Paquette a admis avoir été surprise par l’annonce de la sélection de Mailloux, accusé de diffamation et de partage d’une image intime sans consentement. Elle a reconnu que c’est cette décision controversée qui a incité le Canadien à s’impliquer dans cette cause.

«Je me suis immédiatement engagée à transformer cette adversité en occasion, en positif», a-t-elle indiqué.

Dans sa lettre adressée aux partisans à la fin de juillet, le propriétaire du Canadien avait également affirmé que l’organisation allait soutenir et encadrer «Logan dans son engagement à devenir une meilleure personne».

«Il continue sa démarche de façon sérieuse et engagée. Il poursuit sa thérapie, en plus de continuer de s’entraîner et d’aller à l’école. Bientôt, il fera du travail communautaire, a affirmé Mme Paquette. Il comprend ce qui se passe.»

Toutefois, dans l’immédiat, pas question d’impliquer le défenseur de 18 ans concrètement dans une activité de sensibilisation auprès de victimes ou auprès d’autres jeunes.

«Dans les discussions que nous avons eues avec eux, des thérapeutes ont soutenu qu’il n’était pas recommandé que Logan s’adresse à ces groupes, pour l’instant. Pour qu’il soit crédible, et en guise de respect pour sa victime et pour les autres victimes de violence sexuelle ou de cyberviolence, on doit s’assurer qu’il ait complété son cheminement personnel», a-t-elle expliqué.

La deuxième chance de Ramage 

En plus d’avoir été reconnu coupable et d’avoir payé une amende, Mailloux a été suspendu, jusqu’à nouvel ordre, par la Ligue de hockey junior de l’Ontario. De plus, le Canadien ne l’a pas invité au camp des recrues qui s’amorçait mercredi.

«C’est une leçon qui lui servira pour le reste de sa vie. Je ne veux pas diminuer ce qu’il a fait, mais il subit sa punition chaque jour. Le hockey, c’est amusant lorsque tu joues des matchs. Ce qui n’est pas son cas», a rappelé Rob Ramage, le directeur du développement des joueurs.

Celui-ci est bien placé pour reconnaître l’importance d’offrir une deuxième chance à quelqu’un qui a commis une erreur.

En 2010, l’ancien défenseur du Canadien a été condamné à quatre ans de prison pour conduite avec facultés affaiblies ayant causé la mort de son ami Keith Magnuson. Il n’a purgé que 10 mois.

Pendant les audiences, la famille Magnuson avait indiqué qu'elle avait pardonné à Ramage et demandé qu'il n'aille pas en prison. Elle avait plutôt suggéré qu'il soit condamné à parcourir les écoles de l'Amérique du Nord pour rencontrer les jeunes athlètes et leur parler des dangers de l'alcool au volant.

«On m’a donné une deuxième chance et c’est la raison pour laquelle je suis ici aujourd’hui. J’ai commencé à parler à des groupes pendant que j’étais encore en prison», a raconté Ramage.

«J’étais beaucoup plus vieux que Logan. J’ai sensibilisé des jeunes du junior, du hockey universitaire, de la LNH, des Ligues majeures de baseball et du FBI, a-t-il énuméré. Je n’aurais pu le faire si on ne m’avait pas donné de seconde chance. On va aider Logan une étape à la fois.»

Par ailleurs, Geneviève Paquette a confirmé que l’organisation avait contacté la famille de la victime de Mailloux. Les deux parties ont convenu de ne pas dévoiler les détails de la conversation.