Crédit : Rena Laverty / USA Hockey

Hockey

«Ça m’a frappé fort» - Thomas Bordeleau

Publié | Mis à jour

De retour sur le campus de l’Université du Michigan depuis près d’un mois, l’espoir des Sharks de San Jose Thomas Bordeleau se prépare pour sa deuxième saison dans la NCAA après des débuts impressionnants avec les Wolverines, l’an dernier.

Récipiendaire du prix Tim Taylor, remis annuellement à la recrue par excellence du circuit, le joueur de centre francophone né au Texas - et fils de l’ancien attaquant des Canadiens de Montréal, Sébastien Bordeleau - a terminé au premier rang des pointeurs des siens avec une récolte de 30 points, dont huit buts, en 24 matchs. Mais il lui manquait quelque chose pour être complètement satisfait d’une année pourtant enrichissante. 

• À lire aussi: Noah Corson : après le Tennessee whiskey, le béguin trifluvien

• À lire aussi: Thomas Bordeleau voit son rêve s’envoler

En décembre dernier, un résultat faux positif de COVID-19 qu’a reçu son chambreur, John Beecher, l’a empêché de participer au Championnat mondial de hockey junior avec la formation américaine. Un rêve qu’il caressait et sur lequel il a été forcé de mettre une croix.

Pendant que Bordeleau sautait son tour avec l’équipe nationale américaine, ses coéquipiers des Wolverines Brendan Brisson et Cam York, eux, y étaient. Ce dernier personnifiait d’ailleurs le capitaine de la formation qui a enlevé les honneurs face au Canada en finale. 

«C’était dévastateur comme nouvelle. Ça m’a frappé fort, a-t-il admis mardi, neuf mois plus tard, dans un entretien avec le TVASports.ca. Ça me donne encore plus faim. Je vais vouloir performer encore mieux que je ne l’ai fait au camp.»

Plutôt que de profiter d’une fenêtre internationale pour étaler son talent, Bordeleau a passé Noël avec ses proches, le moral dans les talons. Il s’est toutefois consolé lorsqu’un vétéran des Sharks lui a passé un coup de fil.

«Logan Couture m’appelle de temps en temps juste pour prendre des nouvelles. Pendant le Championnat mondial junior, il m’a demandé si j’allais bien. C’est vraiment gentil de sa part. 

«Quand le capitaine du grand club t’appelle, et qu’il le fait de son propre gré, c’est vraiment impressionnant.»

Une fraternité  

L’effectif des Wolverines regorge de talent et plusieurs d’entre eux appartiennent déjà à des formations de la LNH. Une ambiance fraternelle règne entre ces jeunes, qui habitent tous dans des maisons avoisinantes dont les portes «sont toujours déverrouillées», aux dires de Bordeleau. 

Contrairement aux circuits juniors nord-américains, les luttes pour gagner un poste, voire la crainte d’être supplanté ne sont pas de réelles distractions dans les rangs universitaires.

«Il n’y a pas de camp et on ne se bat pas pour une place dans l’équipe», résume Bordeleau.

«C’est agréable. Il n’y a pas vraiment de compétition. Pas d’attitude du genre "je veux être meilleur que toi". On veut juste avoir du plaisir et passer une belle année. On a juste vraiment hâte de commencer à jouer des matchs ensemble.»

Crédit photo : Site officiel des Wolverines de l'Université du Michigan.

Si la pression n’est pas un enjeu pour Bordeleau, c’est aussi parce qu’il aura la liberté de choisir de faire ou non le saut dans les rangs professionnels le temps que durera son parcours universitaire.

«C’est entre mes mains, précise-t-il. C’est moi qui déciderai ce qui est mieux pour mon développement, si je choisis de rester un an de plus dans la NCAA ou si (je passe chez les pros).

«Je pense que c’est ce qui m’a fait pencher vers les États-Unis. T’as plus de cartes dans ton jeu. La NCAA est une bonne ligue et tu ne peux pas te faire échanger ou être retranché de la formation.»

Une organisation soucieuse  

Pendant que Bordeleau se concentre sur le hockey dans le Michigan, les dirigeants des Sharks maintiennent la communication avec leur espoir de 19 ans, qu’ils ont sélectionné au deuxième tour de l’encan de 2020 (38e au total), neuf rangs avant que le CH n’utilise deux choix d’affilée pour repêcher Luke Tuch et Jan Mysak (47e et 48e, respectivement).

Que ce soit Couture, le directeur général adjoint Tim Burke ou le directeur du recrutement Doug Wilson, fils, l’organisation s’assure de démontrer à ses porte-couleurs de l’avenir qu’elle s’enquit de leur bien-être.

«Je suis beaucoup en contact avec les Sharks. Ils se soucient de leurs joueurs. Tu n’es pas juste un autre numéro pour eux. Ils appellent juste pour savoir comment va la vie.»

Thomas Bordeleau sélectionné par les Sharks -

La sélection de Bordeleau à la cuvée de 2020 arrive à un moment où les Sharks cherchent à remplir leur pépinière d’attaquants. Le contexte pourrait être idéal pour un jeune qui vise un poste dans LNH d’ici deux ou trois ans.

«J’avais une idée que je pouvais aboutir avec cette organisation-là, admet-il un an plus tard. Elle possède de très bons joueurs, mais pas beaucoup d’espoirs (aux portes de la LNH). 

«Les Sharks ont bien repêché cette année. Ce sera le fun de pour eux», entrevoit-il en identifiant quelques modèles. 

«Logan est un bon joueur, Erik Karlsson aussi, même si c’est un défenseur. Ce serait excitant de jouer avec eux. 

«Moi, mon idole c’est Sidney Crosby. Si je pouvais jouer sur la même glace que lui, je serais émerveillé. L’idée d’être dans la même chambre que des vétérans de cette trempe, c’est extraordinaire.»

En attendant, que doit-il améliorer tout en poursuivant sa courbe de développement?

«Je parle aux entraîneurs chaque semaine. Selon moi, c’est d’améliorer mon explosion et d’essayer de compléter le style de joueur que je suis, c’est-à-dire polyvalent. Je peux jouer n’importe quelle position, mais ma force est sur les mises au jeu. 

«Je peux être efficace en infériorité comme sur l’avantage numérique.»

De bons mots pour Cole Caufield  

Lorsque les Wolverines inaugureront la saison 2021-2022, les spectateurs pourront enfin se présenter à l’aréna en grand nombre, un contraste avec la dernière année.

«La saison commence le 8 octobre. J’ai hâte de jouer dans un aréna universitaire où l’atmosphère est survoltée. J’ai hâte que ce soit rempli. Mes parents vont même visiter. 

Crédit photo : Site officiel des Wolverines de l'Université du Michigan.

«L’an dernier, on avait quatre billets par joueur et c’était plutôt vide. Là ce sera une vraie expérience universitaire. Je pense que c’est pour ça qu’Owen (Power) est revenu ici.»

Un joueur que Bordeleau et les Wolverines n’auront plus à surveiller parmi leurs rivaux de la section Big Ten, c’est l’attaquant Cole Caufield.

À savoir quelles sont ses impressions sur le dominant ailier droit des Canadiens, récipiendaire du Hobey-Baker à l’issue de la dernière campagne de la NCAA, Bordeleau a simplifié sa pensée: «Cole a toujours été Cole offensivement, mais il s’est vraiment amélioré sans la rondelle.»