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Blue Jays - MLB

Ensemble, de Québec aux Blue Jays

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Maintenant tous deux dans l’organisation des Blue Jays de Toronto, Jean-Christophe Masson et Nicolas Deschamps se connaissent depuis le début de leur adolescence. Ils doivent se pincer afin de réaliser qu’ils sont ensemble pour pourchasser ce rêve commun d’atteindre un jour le baseball majeur.

«Au niveau pee-wee, je jouais avec les Monarques de Lévis et on jouait l’un contre l’autre. Lui, il était avec le Phoenix de Québec-Nord. Nicolas ne s’en souvient pas, mais j’avais frappé un circuit contre lui», indique Masson, en riant. 

«C’est probablement là que j’ai pris ma retraite comme lanceur», ajoute Ducharme, du tac-au-tac.

Masson, un voltigeur, et Deschamps, désormais receveur, partagent le même hôtel, à une dizaine de minutes du stade des Blue Jays, à Dunedin, en Floride. Entre deux entraînements, ils parlent avec joie les détails de l’aventure qu’ils vivent présentement dans le baseball professionnel.

«Je me retrouve dans l’organisation que j’ai appuyée toute ma vie, c’est un rêve pour moi, avoue Deschamps, qui a conclu une entente avec l’équipe en début de semaine, à titre de joueur autonome. Quand j’ai reçu l’offre des Blue Jays, ç’a n’a pas été un choix très difficile.»

Situation gagnante 

Le fait d’y retrouver Masson, qu’il a connu davantage par le biais du programme sport-études des Canonniers, dans la région de Québec, ne fait qu’ajouter à la magie.

«C’est vraiment "hot", on va même être des cochambreurs», précise Masson, qui avait pour sa part été sélectionné au 26e tour par les Jays au repêchage de 2019.

À la blague, le jeune voltigeur de 18 ans convient que les conversations seront sans doute plus faciles, puisque Gary David, qui partageait sa chambre avant d'être retourné en République dominicaine, ne parlait qu’en espagnol.

«De savoir que les deux sont là en même temps et qu’ils vivent leur rêve, c’est sûr que ça ajoute, indique pour sa part le recruteur québécois Jasmin Roy, qui a joué un rôle-clé dans l’arrivée des deux Québécois chez les Blue Jays. Il y a ce qu’ils vivent présentement, mais c’est aussi bon pour la saison morte. Les deux pourront se motiver ensemble. C’est une situation gagnante, autant pour eux que pour l’organisation.»

Une blessure à un coude 

Si les deux jeunes hommes originaires de Québec savourent le moment, ils notent évidemment l’importance de la tâche à accomplir.

«Ma saison est un peu en dents de scie, a qualifié Masson, lui qui a pris part à six matchs avec les Blue Jays de Dunedin, dans la Florida Complex League. J’ai été blessé au coude et on m’utilise comme frappeur de choix. J’essaie de m’améliorer, notamment lors des pratiques au bâton.»

S’il a obtenu quatre coups sûrs, dont deux doubles, en 18 présences officielles, Masson reconnaît le besoin d’être moins souvent retiré sur des prises. Dans le cas de Deschamps, également âgé de 18 ans, il en est encore à s’intégrer dans l’organisation. Le receveur se retrouve provisoirement dans le groupe de développement.

Reconnaissance 

À propos de leurs différents parcours dans le baseball québécois, Masson et Deschamps saluent le travail de Jean-Philippe Roy, directeur et entraîneur-chef du programme des Canonniers. Ils tiennent à souligner l’apport d’un peu tout le monde, mais un nom revient sur les lèvres des deux joueurs: Guillaume Leduc.

«Guillaume m’a aidé à devenir plus explosif et m’a appris l’importance du conditionnement physique», a noté précisément Deschamps, concernant cet entraîneur des Canonniers et ancien espoir de l’organisation des Mets de New York.

La présente saison à Dunedin se poursuit jusqu’à la mi-septembre. Suivront ensuite certains camps, à l’automne. Les deux Québécois profitent de chaque situation afin de poursuivre leur progression.

«On ne sait jamais quand ça peut arrêter, a toutefois prévenu Masson. Pour l’instant, moi, ce que je visualise, c’est de monter un jour dans le niveau A faible. Rendu là, je passerai au prochain objectif.»

«Ce que je me répète continuellement et c’est aussi ce que j’ai le goût de dire aux jeunes Québécois qui rêvent au baseball professionnel, c’est que tout est entre tes mains, complète Deschamps. Ça part de toi. Et tu dois penser comment tu peux devenir meilleur à chaque jour.»